Ma chère Gabrielle [Gabrielle de Lubac], Je te remercie de l’intérêt que tu prends à ma fluxion. Elle a complètement disparue, mais elle m’a bien contrarié en m’empêchant de vous accompagner. J’aurais un peu consolé ta mère [Louise d’Agnel de Bourbon] au moment de se séparer de ses deux enfants. Heureusement, elle sent comme vous autres le prix d’une bonne éducation et elle sait faire le sacrifice de sa propre satisfaction dans votre intérêt. Je vois avec plaisir ma chère Gabrielle que toi aussi, après les premiers épanchements de tendresse, bien naturels pour une fille qui aime bien sa mère, tu vas te mettre au travail avec ardeur et profiter des bons conseils que tu recevras de tes excellentes maîtresses. Outre les avantages que tu en recueilleras, tu procureras de grandes satisfactions à tous tes parents. Tu sais que ton bon grand-père [Jean-Baptiste d’Agnel de Bourbon] n’est pas des derniers à s’intéresser à toi. Aussi ai-je été très content en connaissant les bonnes places que tu as eues dans les compositions, les très bien que tu as obtenus m’assurent que tu feras une bonne classe et que tu as envie d’arriver à la 1ère. dis moi combien vous êtes d’élèves dans votre classe.
Tu dois avoir vu ton frère [Fernand de Lubac], ce qui est très agréable pour tous les deux. Tu dois voir souvent ta cousine Valentine [Valentine de Gaudemar] qui étant plus ancienne doit te mettre au courant des habitudes de la maison. Isabelle de Campou doit aussi y contribuer. Fais lui mes compliments.
J’ai appris avec plaisir que ton pied allait être guéri, que l’ongle devait bientôt tomber mais qu’il ne te faisait plus mal. Tu ne tarderas pas alors à quitter l’infirmerie. Dans ta prochaine lettre, donne moi beaucoup de détails. Tu sais que je les aime, surtout lorsqu’ils concernent les personnes pour lesquelles je conserve un vive affection. C’est dans cette espérance que je te quitte, mais auparavant je t’envoie une bonne caresse de ton bon grand-père Cte [Jean-Baptiste] d’Agnel de Bourbon
Louis de Raphélis-Soissan1 naît le jeudi 4 mars 1852 au domicile familial rue de l’Évêché à Cavaillon (84). Il est fils posthume, son père Charles, étant décédé le 28 novembre 1851 à Hyères. Sa mère est Louise de Seytres-Caumont.
Il est le dernier de la fratrie, sur ses sept frères et sœurs, trois seulement arriveront à l’age adulte : Edgard, Casimir et Maurice.
1859 – Casimir, Louis, Louise (née de Seytres-Caumont), Maurice et Edgar de Raphélis-Soissan – Collection Michel de Raphélis-Soissan
Il a pour oncles et tantes, du côté Raphélis-Soissan : Maurice (1803-1876), père Jésuite à Lyon et à Aix, Antoinette (1806-1874) mariée à Jules Reinaud de Fonvert, Eugénie (1807-1867), mariée à Valère Martin, Léon (1809-1876), célibataire qui boutonnait sa veste de travers, Françoise (Fanny) (1809-1871) et Iphigénie (1815-1883), religieuse du Sacré-Cœur à Aix. Et du côté Seytres-Caumont : Pauline (1812-1870) mariée à Gustave de Laborde et Marianne (1820-1890) mariée à Gabriel de Laborde.
A douze ans, il perd sa mère. Son oncle Valère Martin est son tuteur.
A treize ans, il attrape une mauvaise bronchite. Son frère Edgard le soigne avec beaucoup de dévoiement. Il guérit mais Edgard est à son tour contaminé et décède le 12 décembre 1865.
Etudes
Il fait ses études au collège des Jésuites d’Avignon d’où il est renvoyé.
En 1867, il est à Mongré, à Villefranche-sur-Saône, où il ne semble pas rester longtemps mais noue des amitiés durables2.
On le retrouve en 1869 au collège Saint Joseph de Poitiers où, d’après la lettre suivante, il est rapidement renvoyé :
Merci de votre complaisance, mon pauvre de Raffélis, et je suis bien aise d’avoir de vos nouvelles, car j’étais dans l’anxiété, je questionnais tous mes élèves pour savoir où vous pouviez être passé et personne n’en savait rien. En arrivant le matin de votre départ, Lemaitre me dit : « Ah! Mr Seghers, je pense bien que vous ne reverrez plus de Raffélis, il a eu des affaires avec le f…. de Briey et il est enfermé » mais personne ne connaissait la vraie cause. Le jour de votre départ, qui n’a été connu que le mercredi, les grands étaient en révolution et pendant les récréations j’ai vu qu’il y avait des sentinelles dans tous les coins, entr’autres de la couture (?). Vous voyez que j’avais raison de vous dire de prendre garde. Hier et aujourd’hui j’ai dit à mes élèves et à quelques autres que vous leur disiez bien des choses aimables, que vous étiez chez vous et que vous iriez à Lyon pour vous préparer au bachot. J’ai fait votre commission pour votre musique.
Un jeune zouave (pontifical), revenu de Rome, vient d’entrer en Rhétorique, II a 20 ans et se nomme je crois de Lescene ; rien de nouveau à Poitiers. J’ai reçu votre lettre dimanche matin et les graines le soir, merci, merci mille fois mon ami, et si je ne craignais pas d’abuser de votre complaisance je vous demanderais de m’envoyer, non pas des melons, mais seulement des graines de différentes espèces. Je voudrais aussi que vous m’indiquiez à quelle époque on doit semer et récolter les blancs d’Espagne. Je vous envoie mon portrait, puisse cette faible image vous rappeler combien l’original vous aime pour votre franchise, votre complaisance et surtout votre bon cœur. (Poitiers le 23 novembre 1869 signé Vital Seghers).
Une autre lettre datée du 3 décembre 1869 donne quelques indications complémentaires sur le motif du renvoi :
…Allons, mon cher Louis, vous n’oublierez pas Saint Joseph, quand même, n’est ce pas ? Il est de ces fautes qui forcent les supérieurs à prendre des mesures bien graves et qui, cependant, n’impriment aucune trace sur le front de celui qui en a été la malheureuse victime. Un coup de tête, une parole d’un diapason discordant, échappent bien vite à un enfant du Midi. La tête ne consulte pas toujours le cœur… (A. Augzy).
Le jeune Louis qui a 17 ans doit se mettre à la recherche d’un gîte et d’une « boite » (à bachot) et il reçoit notamment les renseignements suivants :
« Si tu veux travailler, je te conseille de te mettre chez M. le Commandant d’artillerie Favre. C’est un homme supérieur pour les sciences et il te trouvera un répétiteur pour les lettres. Tu seras chez ce monsieur en famille tout à fait. Tu seras libre : seulement tu ne pourras pas sortir la nuit. Il renvoya un jeune homme de chez lui parce qu’il ne faisait rien et avait découché. A mon avis tu serais mieux là que partout ailleurs, seulement il faudrait te conduire dignement. Tu lui demanderais franchement d’aller au théâtre que, je le crois, il ne te refuserait pas. […] Ce Monsieur habite rue Vaubecour 42 ou 41 [Lyon]. Le prix est de 200 francs par mois. D’ailleurs dans toutes les boites c’est le tarif. Je ne te parle pas de l’institution Chevalier où un jeune homme qui se respecte ne devrait pas mettre les pieds. On n’y fait rien, la nourriture est mauvaise, la jeunesse mal élevée et le prix est de 200 francs. […]
Pour moi voici ce que je te conseillerai. Prendre une chambre en ville, puis aller chez le commandant et prendre des répétitions de sciences, et chez M. Domeck des répétitions de lettres. M. Domeck, rue (tu sais où j’habitais) n°5…. Tu serais de cette façon chez toi. Pour 100 francs tu trouveras parfaitement à te caser, 25 francs la chambre, 85 à 90 francs pour la nourriture, il te resterait 100 francs pour tes répétitions ce qui serait très suffisant. De plus je vais te donner un bout d’écrit que tu montreras à Henry Orsel qui se mettra à ta disposition pour t’aider à trouver ce que tu désireras. » (Villefranche 20/11/1869 signé Louis).
Louis rejoint l’institution Maréchal à Lyon, qu’il quitte mi-février 1870 !
De nombreuses lettres de remontrance envoyées par son tuteur Valère Martin à Louis témoignent des difficultés que ce dernier a pour boucler ses fins de mois.
Cavaillon 2/02/1870 : Je t’envoie, mon cher Louis, suivant tes vœux finement exprimés, 250 frs, c’est à dire 50 frs de plus que les conventions. Il faut bien que tu puisses bourrer ta pipe ! Et toutefois je ne sais comment nous ferons pour arriver à la fin de l’année…
Cavaillon 17/02/1870 : J’ai reçu avant hier une lettre de Mr Maréchal m’annonçant ton congé accompagné d’un compte de 270,75 frs. Je n’ai pas de réflexions à faire sur cet état de chose malheureux. J’attends des explications promptes sur ce qui se passe. J’espère que tu n’as pas perdu un moment pour te caser ailleurs. Mais dois-je payer ?
Cavaillon 30/04/1870 : Tu as tort de supposer que je vais te sermonner en recevant ta demande de 300 frs. Je t’ai déjà dit la dessus ce que je devais te dire, à savoir que tes dépenses excédaient tes revenus et qu’il était urgent de mettre fin le plus rapidement possible à ce système…
Cavaillon 12/07/1870 : …Le conseil de famille ne m’autorise pas à payer les dettes que tu as faites, si ce n’est au moyen de tes revenus. Or la caisse de la tutelle est vide et elle le sera pendant quelque temps encore. Voilà ce que tu ignorais et que j’ai hâte de t’apprendre. Je t’engage à en informer tes créanciers immédiatement. lis se convaincront que tu étais de la meilleur foi du monde en leur promettant de les payer sous brefs délais…
Cavaillon 24/08/1870 : … Le succès m’aurait fait absoudre… Nous n’avons aucune nouvelle de Casimir… nous attendons toujours avec la plus grande inquiétude.
Il semble cependant que Louis ait une fortune « considérable » comme l’écrit un de ses amis dans une lettre, mais constituée essentiellement de biens fonciers souvent en indivision avec ses frères et ses cousins de Laborde-Caumont. Ces biens venaient principalement de Louise de Seytres-Caumont.
A 17 ou 18 ans il se plaint à plusieurs reprises de ne pas obtenir de son oncle et tuteur de comptes précis, mais ce dernier pour faire face aux échéances de ses neveux paie parfois pour l’un avec l’argent d’un autre, et il n’a pas le temps de rendre de comptes précis.
Ainsi, dès son adolescence, Louis doit-il se préoccuper de questions d’argent en ayant le sentiment, à tort ou à raison, d’être grugé. Par exemple, en 1872 au moment où il obtient ses comptes de tutelle, il découvre les La Borde n’ont jamais payé les intérêts qu’ils lui devaient : « S’il n’y a rien dans ma gestion touchant les intérêts des La Borde, c’est que je n’ai rien reçu. Ce qui a pu me faire un moment illusion, c’est probablement tout ce que j’ai fait pour aboutir. Mais aujourd’hui que je rappelle mes souvenirs sur ce sujet, je reconnais que mes démarches ont toujours été infructueuses. » (Lettre de Valère Martin du 18 juin 1872). A la demande de Louis, voici ce que répond Pauline de La Borde : « Malgré toutes nos recherches il nous a été impossible de vendre encore [notre foin], les courtiers avec qui nous traitons ordinairement n’ont pas de demande ce qui les force eux aussi d’attendre pour acheter. Nous sommes donc bien peinés de ne pouvoir envoyer les intérêts que tu nous demandes pour ce mois-ci » (Lettre de Pauline de La Borde du 13 juillet 1872). A des demandes d’explications, Valère Martin répond : « Si toutes tes objurgations étaient justes, ma conduite friserait presque l’indélicatesse.Fort heureusement pour moi, il n’en est point ainsi comme je te le prouverais ici par des chiffres et par l’examen de mes comptes si j’en avais le loisir. Or c’est ce qui me manque. » (Lettre de Valère Martin du 19 juillet 1872). Et cinq ans plus tard « J’aurais voulu pouvoir joindre à ce courrier les comptes que vous me demandez. Non seulement il me plait de régler, mais j’en suis même furieusement désireux, comme Louis le sait. Toutefois, la copie de tous ces comptes exigent peut-être plusieurs jours… » (Lettre de Valère Martin du 3 août 1877). Et, comme les affaires de famille sont souvent embrouillées en raison de l’existence de biens en indivision, de prêts entre oncles et neveux ou entre cousins…, il est amené en plusieurs occasions tout au long de sa vie à s’opposer assez vivement à d’autres membres de la famille, voire à aller en justice.
Il y avait d’abord la dette contractée par un cousin de Laborde à qui Louise de Seytres-Caumont, mère de Louis, avait prêté une somme peu avant son décès et qui écrivait du mas d’lcard le 02/07/1872 : Je comprends à merveille que vous désiriez ainsi que Maurice et les autres représentants de votre chère mère toucher le plus tôt possible les 5.000 frs qu’elle m’avait prêtés ainsi que les intérêts échus jusqu’à ce jour. Sans la solidarité qui vous lie et que vous m’avez signalée dans votre précédente lettre, il m’eut été plus facile de vous désintéresser successivement, les uns après les autres. Mais puisque, d’après vous, les termes de votre acte de partage s’y opposent, votre tante et moi ne négligerons rien à dater de ce jour pour nous conformer le plus tôt possible à vos désirs. Je vous remercie infiniment de tous les bons procédés, ainsi que des témoignages d’affection dont vous usez envers nous en cette circonstance. Mais je vous prierai de nous aider de votre coté à réaliser toutes nos ressources disponibles en envoyant sans retard au notaire de Caumont les procurations indispensables pour retirer les revenus accumulés entre les mains des accapareurs des îles de Caumont. J’ai fait en particulier de grands sacrifices pour devenir avec vous les propriétaires de ces îles et de leurs revenus et c’est bien le moins que nous nous entendions tous pour profiter après 12 ans de cette coûteuse victoire… J’ai eu de vos nouvelles il y a quelque temps, on m’a dit que vous étiez resplendissant de santé.
Et une nouvelle lettre était datée du 17/07/1872 : … Je réponds à ta lettre. Même avant de l’avoir reçue, nous avons cherché activement à vendre le foin afin de satisfaire ta demande fort juste, surtout dans les circonstances où vous vous trouvez. Malgré toutes nos recherches il nous a été impossible de vendre encore, les courtiers avec qui nous traitons ordinairement n’ont pas de demande, ce qui les force, eux aussi, à attendre pour acheter. Nous sommes bien peinés de ne pouvoir envoyer les intérêts que tu nous demande pour ce mois-ci. C’est je t’assure un grand regret pour nous de n’être pas en mesure de le faire malgré notre désir et nos efforts. Tu ne dois pas douter du plaisir que nous aurions à vous être agréable et nous ne pouvons, ton oncle et moi que vous remercier tous les trois des facilités que vous nous donnez… etc… etc.
Succession de Casimir
Le 28 juillet 1870, Casimir de Raphélis-Soissan rédige son testament et institue pour héritiers ses deux frères Maurice et Louis, et sa cousine et fiancée Louise de Fonvert. Le 7 août 1870, Casimir est tué à la bataille Froeschwiller (près de Reichshoffen).
Les droits de successions doivent être payés avant fin décembre 1872 à Cavaillon (3.232,56 francs) et à Orgon (3.988,45 francs). Il est convenu avec Maurice et oncle Jules de Fonvert que Louis paie la totalité des droits et sera remboursé ensuite. Pour cela, Louis emprunte 3.000 francs à son oncle Valère Martin et paie les droits. N’ayant pas été remboursé, Louis intente un procès à Louise de Fontvert, mariée entre temps à Alexis de Boudard. Les Boudard affirment avoir remboursé Maurice, chargé de la succession, et Louis est débouté et condamné aux dépens.
Mariages
Sans doute par l’intermédiaire de son frère Maurice et de sa cousine Léontine de Fonvert, épouse de Maurice, il fait la connaissance de Claire de Fonvert. Léontine fait des vœux « pour la réussite de ses affaires de cœur ».
Le 17 mars 1873, à 21 ans, il épouse Claire Reinaud de Fonvert. Le contrat de mariage est signé le 16 mars 1873, les époux adoptent le régime de la communauté, Louis apporte un domaine rural à Orgon d’une valeur de 100.000 francs et Claire apporte diverses terres sur Saint-Tropez et Gassin, dont Malleribes, et des créances pour une valeur totale de 51.521 francs.
Ils ont un fils, Charles de Raphélis-Soissan, né le 29 décembre 1873 et décédé le lundi 25 avril 1904 à Saint Tropez à l’âge de 29 ans.
Claire Reinaud de Fontvert et Louis de Raphélis-Soissan en 1873
Le 4 janvier 1874, huit jours après la naissance de Charles, Claire décède à Saint Tropez.
Le 29 août 1876, Louis épouse en secondes noces Gabrielle Gérard de Lubac, née le jeudi 15 mai 1856 à Apt (84), deuxième enfant de Eugène Gérard de Lubac et de Claire d’Agnel de Bourbon. Le contrat de mariage est signé le 27 août 1876, les époux adoptent le régime dotal et Gabrielle apporte une dot de 31.000 francs.
De ce second mariage naissent trois enfants :
Louis de Raphélis-Soissan, né le mercredi 7 août 1878 et décédé le samedi 11février 1950 à Marseille à l’âge de 71 ans.
Gabrielle de Raphélis-Soissan, née le dimanche 23 novembre 1879 et décédée en janvier 1978 à Aubagne à l’âge de 98 ans.
Jean de Raphélis-Soissan, né le vendredi 30 juin 1893 à Marseille (13) et décédé à Paris le 28 novembre 1984, à l’âge de 91 ans.
« Papa était le plus jeune de nous tous » diront ses enfants. En fait il a une bonne carrure à en juger par un de ses costumes retrouvé récemment.
Louis de Raphélis-Soissan (1852-1918)
C’est un bon vivant qui aimait plaisanter, « chahuter » quand il est adolescent (« de Soissan prenez la porte ! » lui dit un professeur et Louis d’enlever la porte de ses gonds), ce qui explique ses nombreux renvois de collèges.
Il aime la chasse, la bonne chair, le verre d’absinthe pour terminer l’après-midi… Sa nature généreuse le prédispose à l’emportement, défaut contre lequel son oncle Maurice, Jésuite, le met en garde à plusieurs reprises, en vain. « Tête chaude mais bon cœur » disent de lui ses éducateurs. Au cours de ses colères il lui arrive de casser son assiette lorsqu’il est à table ce qui provoque les pleurs de sa première épouse, la fragile Claire Reinaud de Fonvert. Il refait le coup avec sa seconde femme, Gabrielle de Lubac, qui cependant ne se laisse pas impressionner et casse elle-même le reste de la vaisselle à la stupéfaction de son mari qui lui en gardera une profonde admiration.
Société du Fendeck
Le ménage de Louis et de Gabrielle part assez vite en Algérie puisque le 3 août 1877 l’oncle Valère Martin adresse là-bas une lettre à sa nièce.
Une concession avait été accordée en 1857 à la Société du Fendeck pour la mise en état et l’exploitation d’une forêt de chênes liège de 20.840 hectares. Elle était située dans le Constantinois au nord de Jemmapes, nom d’une bourgade créée au moment de la colonisation à 31 km de Skidda qui s’appelait alors Philippeville. C’était un massif (djebel Filfilah) de moyenne montagne qui s’étendait jusqu’à la mer.
Jean-Baptiste d’Agnel de Bourbon, grand-père de Gabrielle, avait pris des parts dans cette société.
Pendant les dix premières années de celle concession il avait fallu débroussailler, créer des chemins, construire des maisons, des hangars et des postes de garde et démascler les chênes, opération qui consiste à enlever la première écorce qui ne vaut rien. Le 18 juillet 1861 le gouverneur général d’Algérie avait adressé un témoignage de satisfaction pour l’œuvre accomplie.
Mais en 1863, 1864, 1865 et 1871 de terribles incendies criminels anéantirent une partie de la concession et la Société du Fendeck demanda à être indemnisée et exonérée du paiement des redevances. Elle n’obtint satisfaction que très partiellement.
En 1872 cependant, la production de liège avait atteint presque 305 tonnes. C’était l’époque où la colonisation du Constantinois prenait forme, grâce en particulier à l’arrivée de nombreuses familles d’Alsace-Lorraine ainsi que le rapporte un journal d’alors : Il ne paraît pas que les Alsaciens s’habituent au joug prussien, puisque l’émigration continue sans interruption et persiste à se diriger même sur l’Algérie, où de longues misères attendent les nouveaux colons… Onze familles d’immigrants sont installées (près de Jemmapes) dans des gourbis en pierre et en maçonnerie de terre sèche, recouverts de tulles rouges… Une famille est très pauvre, mais elle travaille ferme. Elle se compose de quatorze personnes, le père, la mère, et douze enfants dont l’aîné a vingt-trois ans et le plus jeune est un nourrisson. L’Algérie était peu peuplée à cette époque et les colons ont mis en valeur des terres qui auparavant étaient peu ou mal exploitées.
C’est dans ce pays de pionniers que débarque Louis de Raphélis-Soissan pour prendre la gérance de la Société du Fendeck. Il s’y plaît beaucoup.
Bon fusil et bon cavalier, il est aimé et respecté de ses contremaîtres et ouvriers arabes.
Marseille
Il rentre en France aux alentours des années 1890, ses enfants, Louis et Gabrielle, supportant mal le climat.
Chalet Saint Georges à Saint Just, Marseille
Louis de Raphélis-Soissan (1852-1918) – Chalet Saint Just à Marseille
Pierre Ménard, Gabrielle de Raphélis-Soissan, Gabrielle de Lubac, Louis de Raphélis-Soissan, Amélie Ménard, Charles de Raphélis-Soissan, sur la terrasse du chalet Saint Georges à Saint Just, Marseille
Gabrielle de Raphélis-Soissan, Amélie Ménard, Louis de Raphélis-Soissan et Gabrielle de Lubac au chalet Saint Georges à Saint Just, Marseille
Il s’installe alors à Marseille, au chalet Saint Georges à Saint Just, Marseille, un bien de Gabrielle de Lubac. Il travaille comme agent d’assurance de compagnies anglaises. Très ponctuel, il arrive à son bureau en même temps que ses employés le matin et lorsqu’il aura son fils Jean comme stagiaire, il ne tolérera pas ses retards. En revanche il quitte son travail assez tôt l’après-midi et a l’habitude de retrouver au café des collègues avec qui il joue aux cartes en buvant de l’absinthe.
Il meurt à Marseille le 23 décembre 1918.
Notes et références
Charles de Raphélis-Soissan, Histoire et généalogie de la famille de Raphélis-Soissan et des familles alliées, inédit. ↩
Edgard naît le 24 août 1842 au domicile de ses parents, rue de l’Évêché à Cavaillon1.
Il a un grand frère, Arthur, qui décédera à cinq ans, le 20 février 1844, à Cary-le-Rouet, au château de leur grand-père maternel, le comte Maurice de Seytres-Caumont.
Quelques mois plus tard, le 19 septembre 1844, naît Aymar. Puis le 19 avril 1846 naît Henri qui décédera à un an et trois mois, le 15 juillet 1847. Casimir naît le 18 février 1848 et Maurice le 21 décembre 1849.
Le 28 novembre 1851, son père, Charles de Raphélis-Soissan décède à Hyères. A partir de ce moment, bien qu’âgé de seulement 11 ans, Edgard va soutenir sa mère. A une personne qui importunait sa mère pour des questions d’argent, il écrit « Je suis trop jeune pour vous châtier mais je prends note de tout ce que vous faites souffrir à ma mère, et plus tard je vous en demanderai compte. »
Il entre au collège et lycée chez les Révérends Pères Jésuites d’Avignon. C’est là qu’il approfondira sa foi en Dieu.
Louis, le dernier frère de la famille, naît le 4 mars 1852 et Aymar décède le 13 octobre 1852. Pour consoler sa mère, Edgard lui écrit le texte suivant :
Un ange de plus au ciel
Abattu par la douleur, je pensais à mon frère Aymar qui la bouche souriante, les yeux à demi fermés, ses petites mains jointes, dormait dans son lit de son dernier sommeil. Et voilà que tout à coup, moi aussi, je semblai mourir, mon âme pour un instant quitta la terre et s’envola vers les célestes demeures. Alors entouré d’anges aux robes flottantes, aux ailes de feu, mon frère vint à moi : « Que je suis heureux au ciel ! me dit-il ; viens-tu donc aussi partager mon bonheur ? » Et moi muet d’étonnement, ivre de bonheur, je l’admirais…
Une étoile d’or brillait à son front ; son corps était couvert d’une robe aux plis ondoyants dont la blancheur était plus éclatante que celle de la neige.
Le joie qui l’environnait de toutes parts me donna du courage et je lui dis : « Pourquoi mon frère, pourquoi si tôt nous quitter ? Huit printemps ont à peine fleuri pour toi, et tu n’es plus !… Est-ce donc l’âge de mourir ? »
« – Lorsque gronde la tempête, lorsque le vent fait entendre de sourds gémissements, la rose sans danger peut-elle s’épanouir ? Ne doit-on pas plutôt la cueillir ? »
« – Mais les douces caresses de notre mère déjà tant affligée de la mort de notre père, les tendres baisers d’un frère n’ont donc pas pu t’arrêter dans ta course vers Dieu ? »
Et l’entourant de ses bras : « Mon frère, reprit Aymar, je t’aime encore au ciel, et bien plus que sur la terre ; quand le sommeil a clos la paupière de ma mère bien aimée et de tous mes frères chéris, je descends vers eux et j’étends mes ailes d’ange sur la tête de ma mère pour la protéger durant son repos, comme autrefois la nuit elle protégeait son enfant. Adieu, mon frère, adieu » Il dit et s’unissant au chœur des anges, il s’envola vers Marie en me tendant encore ses petits bras pour m’inviter à le suivre.
1859 – Casimir, Louis, Louise (née de Seytres-Caumont), Maurice et Edgar de Raphélis-Soissan – Collection Michel de Raphélis-Soissan
Avant l’unification de l’Italie (1848-1870) existait un état pontifical qui s’étendait de la Méditerranée, avec Rome, à l’Adriatique et coupait la péninsule en deux.
Garibaldi bat, en 1860 à Castelfidardo, l’armée du Pape qui doit se replier sur la province entourant Rome. Cette défaite a un grand retentissement dans les milieux catholiques ultramontains, particulièrement en France et en Belgique. Un corps de volontaires est alors constitué pour défendre le pouvoir temporel du Pape, que l’on estime indispensable à son indépendance.
Dans le livre Les Soldats du Pape (Amyot Paris 1868) Oscar de Poli raconte les marches et les contremarches que font alors les zouaves, sans rencontrer beaucoup de résistance de la part des Garibaldiens. Au gré des fluctuations du front, les villageois pavoisent aux couleurs du Piémont ou du Pape, avec parfois des méprises sur le parti auquel appartient le corps de troupe arrivant.
Edgard de Raphélis-Soissan en uniforme de zouave pontifical
Trois frères, Edgar, Casimir et Maurice de Raphélis-Soissan s’engagent tour à tour dans les zouaves pontificaux.
Avant de partir pour Rome et « ne voulant pas rester en arrière alors que les autres s’avanceraient contre l’ennemi » il s’entraîne à de grandes courses en montagne. Sa santé et sa nature fragiles ne résistent pas à ces courses et il tombe gravement malade. Il manque ainsi la bataille de Castelfidardo. Une fois rétabli, il prépare son départ en faisant une retraite chez les Pères Jésuites. « Me voici donc dans cette petite cellule où je dois passer huit bons jours seul avec Dieu ; et d’abord il me faut écrire à ma mère. Oh ! Mon Dieu, dictez mes paroles ; adoucissez sa peine… elle m’aime tant et je l’aime tant aussi ! Sa douleur sera bien grande… »
Edgar rejoint Rome et court se jeter aux pieds de Pie IX pour lui demander sa bénédictin pour lui et tous les siens. Le 4 février 1861 il s’enrôle sous le matricule 5542. Edgar est réputé parmi ses camarades pour sa gaieté et son humour. Il passe l’essentiel de ses deux années de service à Marino, près de Rome.
Il écrit à sa mère : « Votre souvenir m’attriste bien quelques fois mais une courte prière à la Ste Vierge m’a bien vite remis dans mon assiette, et je continue mon service gaîment. »
Le 10 avril 1861, il écrit de Rome la lettre suivante à son cousin Maurice de la Borde3 :
Ah! ah! cher Maurice, je te vois déjà ouvrir de grands yeux en voyant ma lettre. Tu te passes déjà la langue sur les lèvres. Ce doit être du chique ça, penses-tu, une lettre de Zouzou, comment cela est-il bâti, tourné, arrangé, construit ? Je t’avertis d’ailleurs que ça sent la puce d’une lieu, à preuve que j’en ai une qui me pique le mollet. Ces vilaines bêtes sont comme les piémontais, ça se fourre partout et ça s’annexe à nos dépends des portions de beefsteak pris sur nos jambes, juge comme c’est agréable, et nous ne sommes encore qu’au printemps, ce n’est que l’avant-garde. Il paraît que l’été, nous aurons une véritable armée d’occupation. Ouf, c’est triste, qu’en dis-tu ? Mais avant d’aller plus loin, permets moi d’allumer une [bougie].
Là, ça y est et maintenant veux-tu que je te donne un spécimen de la vie d’un Zouzou ? D’abord, premier principe, il ne faut pas être délicat. As-tu jamais couché par terre avec une simple couverture en guise de paillasse, de matelas et de draps ? Et bien essaies et tu me diras après ce que tu en pense. […] Quand on est de garde au milieu de la nuit, qu’il fait une pluie battante et qu’il faut se tenir pendant deux heures dans une guérite recevant la pluie qui vient vous fouetter la figure et criant à tous les passants « qui vive ». Et s’ils ne répondaient pas, il faudrait le plus gentiment du monde leur passer la baïonnette au travers de l’abdomen. Ça ne m’est pas encore arrivé car ils ont grand soin de répondre amice et de vite f… le camp. Après ça vous êtes bien mouillés vos deux heures {passées] et vous allez mollement vous étendre sur une bonne planche avec votre sac pour oreiller. A peine avez-vous tapé de l’œil, comme on dit, depuis demi-heure ou trois quarts d’heure, que vous entendez le caporal de garde crier : numéros 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7 et 8 debout pour la patrouille. La pluie tombe toujours, c’est pas gai, on met le capuchon sur la tête, le fusil sur l’épaule et en avant marche !
On va, par ce beau temps, faire un petit tour de promenade sentimentale à travers les rues de la ville, pendant une petite heure. On revient mouillé comme des tritons sortant du sein d’Amphitrite et on se dépêche de s’endormir en attendant la nouvelle garde. Tu vois c’est encore assez pittoresque. Et puis quand on nous commande de corvée pour peler les pommes de terre ou éplucher les lentilles, une chose est bien certaine, si c’est moi qui les ai triées, je me garde bien d’en manger, car je serais certain de me casser au moins 5 ou 6 dents, et gare à ceux qui ne sont pas prévenus.
Avec ça, on fait l’exercice, on cire ses bottes, on blanchit ses guêtres, on cire son sac, on astique son sabre et son fusil. Tantôt on a les mains noires comme une […] tantôt blanches comme du linge en blanchissant les guêtres et l’instant d’après en jaunissant vos molletons on dirait que vous avez attrapé la fièvre jaune. Avec ça un peu d’huile de graine ou de suif et vous vous trouvez avec sur les mains des gants noirs glacés ou des gants de castor ou des gants beurre frais
Avec ça les puces qui toujours nous tourmentent, peut-être pourtant en serons-nous bientôt délivrés, les punaises, dit-on, les mangeront.
Adieu, mon cher cousin, un bon baiser à la Zouzou et tout à toi.
Pendant ses loisirs, Edgard court par monts et par vaux, souvent à Rome qu’il ne se lasse point de parcourir, et ne revient à la caserne que pour monter sa garde ou faire renouveler ses permissions. Un jour, il va à Lucerne saluer le comte de Chambord.
Le 4 août 1862, il participe au combat de Ceprano gagné par les zouaves sans aucune perte humaine.
Il est nommé caporal le 21 novembre 1862 et quitte les zouaves pontificaux le 4 février 1863 après deux ans de service pour regagner Avignon où la santé de sa mère donne des signes d’inquiétude.
Mariage et décès
Edgard de Raphélis-Soissan
Edgar épouse le 27 octobre 1864 à Avignon Louise d’Olivier de Pezet, que ses neveux surnommeront « la tante d’Unang » du nom de son château à Malemort du Comtat.
Il part pour Paris, puis Venise assurer le comte de Chambord de son dévouement et enfin pour Rome demander à Pie IX de bénir son mariage.
C’est à Rome qu’il apprend par une dépêche télégraphique la mort de sa mère le 8 décembre 1864. A 22 ans il devient chef de famille, en charge de ses trois jeunes frères. « Il faut que j’ai soin de mes frères. Il faut que je sois pour eux, bien jeunes encore, père et mère à la fois. »
Mi 1865, Louis, son plus jeune frère tombe gravement malade et Edgar passe des jours et des nuits à le soigner. Il contracte ainsi une bronchite aiguë4 qui devait l’épuiser et l’emporter.
Il meurt le 10 décembre 1865 à Avignon. Pie IX écrit de sa propre main à sa femme le mot suivant :
Die 27 jannuarii 1866,
Deux pacis et consolationis benedicat vos, et dirigat gressus vestros in viis suis.
Pius LP. IX.
A sa demande, il est enterré dans le caveau familial à Cavaillon dans son uniforme de zouave pontifical « afin que St Pierre ne puisse me fermer la porte du ciel. » Plus tard, sa veuve fera transférer sa dépouille dans la chapelle du château d’Unang.
Il a une fille posthume, Louise qui naît le 20 mars 1866 et sera surnommée Edgarde.
Memento d’Edgard de Raphélis-Soissan
Memento d’Edgard de Raphélis-Soissan
Notes et références
Notes
Charles de Raphélis-Soissan, Histoire et généalogie de la famille de Raphélis-Soissan et des familles alliées, inédit.
Le comte Edgard de Raffélis Soissan – Ancien volontaire pontifical – par Alphonse [Alix, dit Alix d’Yénis] – Bibliothèque du musée des Armées
Louis de Raphélis-Soissan nait le 7 août 1878 à Entrecasteaux. Il est baptisé le 8 août, ses parrain et marraine sont ses grands-parents, Eugéne de Lubac et Louise de Lubac, née d’Agnel de Bourbon.
C’est un scientifique (il obtient le baccalauréat Math-Elem avec la mention TB) et suit probablement à la faculté de Marseille le cours d’électro-chimie de Félix Chancel.
Il travaille comme ingénieur à la société L’Énergie du Littoral et procède à l’électrification des Alpes Maritimes et du Var. En reconnaissance des services rendus, son employeur raccorde gratuitement au réseau le propriété de famille Malesribes, située près de Saint-Tropez, en bordure de mer, et ne facture pas les dépenses de courant.
Chauffe-eau – Louis de Raphélis-SoissanChauffe-eau – Louis de Raphélis-Soissan – Brevet
Louis est l’inventeur d’un premier chauffe-eau électrique.
Le 1er décembre 1906, il épouse Adèle Houchart au Tholonet. Le mariage est célébré par l’abbé Armand d’Agnel et les témoins sont Maurice de Laborde-Caumont, Maurice Sicard, M. Roudier (ou Rouvier) et Ferdinand Houchart. Le mariage est célébré dans l’intimité en raison d’un deuil récent dans la famille.
Louis de Raphélis-Soissan, le tonton de ses neveux, habite avec son épouse 7 boulevard de la Liberté à Marseille. A son très grand regret, il n’auront pas d’enfants.
Pendant la première guerre mondiale, Louis est affecté à la poudrerie de Saint-Chanas près d’Istres dans les Bouches-du-Rhône.
Après la guerre, il part pour Sofia, en Bulgarie, comme conseillé auprès de la compagnie d’électricité locale.
Puis, vers 1930, à l’âge de 50 ans, il gagne le gros lot avec une obligation à laquelle était attaché un billet de loterie et il quitte la vie professionnelle. Il se consacre à la gestion de ses propres affaires et à celles de son épouse. Dès qu’il le peut, il part en voiture, une Citroën B14, pour Malesribes où il se plait beaucoup. Il s’occupe, entre autres, des vignes de la propriété qui produisent un vin de Provence excellent.
Début février 1950, il doit subir une opération risquée. Il décède le 11 février 1950, à 71 ans.
Adèle Houchard, est une femme douce et pieuse. Il aime parler et chanter en provençal et elle rapporte un fameux vin cuit de Palette, près d’Aix, où habitent ses parents.
En 1848, à 54 ans, Aza Vincent est directeur des constructions navales de l’arsenal de Toulon et inspecteur des écoles d’Arts et Métiers.
Le 27 mars 1848, le Ministre de l’Agriculture supprime le poste d’Inspecteur général des écoles nationales d’Arts et Métiers, suppression fondée sur la nécessité d’alléger le budget de toutes les dépenses qui ne se justifient pas par d’impérieux besoins de service1. Aza Vincent proposera de poursuivre sans rémunération mais cela lui sera refusé.
En juin 1848, un esprit d’insubordination agite les ouvriers2. Le préfet maritime, Alexandre Ferdinand Parseval est sanctionné et remplacé par Armand Joseph Bruat. Le 2 août 1848, Aza Vincent est sanctionné à son tour et nommé directeur des constructions naval à Cherbourg3 avec effet immédiat4.
En octobre 1848, Aza Vincent sollicite du ministre de l’agriculture, Charles Joseph Tourret, une place pour son fils à l’école forestière de Nancy5.
Le 26 novembre 1848, suite à un malheur qu’il vient d’éprouver (sans doute le décès de sa belle-mère, Joséphine Félicité Mourre le 18 novembre 1848), Aza Vincent demande un congé de deux mois6.
Le 30 janvier 1849, alors qu’il est encore à Toulon, Aza Vincent a une congestion cérébrale7. Le 6 mars, le docteur Camille Auban certifie qu’Aza Vincent est dans l’impossibilité de se rendre à son poste8. Il obtient du Ministre de la Marine un congé jusqu’au mois de juin9.
Le 26 mai, Aza Vincent écrit au préfet maritime de Toulon pour l’informer que sa santé, loin de se rétablir, avait reçu une nouvelle atteinte qui, selon l’avis des médecins, le mettrait dans le cas l’été prochain d’aller prendre les eaux dans les Pyrénées10. Joseph Grégoire Casy, Préfet maritime de Toulon, l’autorise à se présenter devant le conseil de santé. Le 29 mai, le conseil de santé constate qu’Aza Vincent a été atteint d’une maladie cérébrale très grave, que les divers traitements employés jusqu’à ce jour n’ont que faiblement amendée, et qu’il a besoin d’un second congé dont il n’est pas possible de limiter la durée pendant lequel il ira faire usage des eaux des Pyrénées11.
Le 16 juin, par un arrêté du Président de la République, Aza Vincent est admis à faire valoir ses droits à la retraite, à titre d’ancienneté de service et sur sa demande12. Il a trois mois pour faire valoir ses titres et sera à la retraite le 16 septembre, avec une pension de 3.547 francs13.
Entouré des soins de sa famille, Aza Vincent survit pendant près de quatre ans et décède le 19 février 1853 dans sa maison des Minimes, à La Valette du Var.
Terrasse de la Villa Maria à Léoube (avant 1921) peint par Jacques Dor
Dans ses lignes extérieures, aussi bien d’ailleurs que dans son aménagement intérieur, la « Villa Maria » est restée à très peu près identique au « Poste des Douanes ». C’est assez dire qu’elle constitue une habitation des plus modestes à tous égards. Mais, ce qui en fait sans contredit l’une des villas les plus charmantes qui soient, c’est son site merveilleux qui égale les sites les plus admirés de cette Côte d’Azur pourtant si riche en décors féeriques.
La terrasse de la Villa était primitivement rectangulaire, assez étroite et munie d’un simple garde-fou mi partie de fer et de bois rustique. En 1883, elle a été élargie en demi-cercle et bordée d’une gracieuse balustrade en pierre. Les deux superbes chênes verts qui l’encadrent si joliment et la couvrent de leur ombre ont été plantés à l’époque de la construction.
Sous le premier Empire, des « Postes sanitaires » chargées de surveiller la navigation côtière étaient installés sur tout le littoral de Provence ; ils étaient très rapprochés ; il y en avait à Cavalaire, au Lavandou, à Bénat, à Bréganson, à Léoube… Dans chacun d’eux, l’autorité était exercée par un « préposé de santé » qui n’était autre qu’un habitant notable du pays. C’est ainsi que M. Bernardin Brémond fut préposé au poste sanitaire de Léoube. À sa mort, en 1819, les fonctions dont il était investi furent confiées au préposé du poste de Brégançon. Les postes sanitaires de Brégançon et
Villa Maria, avec quelques membres de la famille en tenue d’époque !
de Léoube cessèrent de fonctionner le 13 octobre 1849 et le service qui leur incombait fut alors remis à l’Administration des Douanes dont une recette était installée depuis quelque temps déjà dans les dépendances du château de Léoube. Pour mettre fin aux ennuis qui résultaient de ce voisinage trop immédiat, J. E. Gérard fit construire en 1847 sur la plage de Léoube une jolie maison qui fut exclusivement destinée au logement des douaniers. En 1866 le « Poste des Douanes » de Léoube fut définitivement supprimé. La maison spécialement construite à cette fin fut, depuis lors, habitée par une branche de la famille Gérard (branche Edmond Vincent) et pris désormais le nom de « Villa Maria ».
Voici un texte sur Léoube écrit par « Bonne maman », Félicité Marcotte de Quivères, épouse d’Emile Gérard (et reproduit par Henri Vincent) :
Léoube
En 1840 la propriété de Léoube fut achetée par le père de famille Émile Gérard. Ce fut une grande joie pour tous d’arriver dans ce site abrupt et isolé qui semblait le bout du monde. Il fallait huit heures par des chemins impraticables pour y arriver. Depuis les Vieux-Salins, le trajet se faisait en charrettes. Souvent l’on versait. Les torrents de Maravenne et de Pansard, à traverser, n’étaient pas toujours guéables. Toutes ces difficultés augmentaient le charme de cet endroit si solitaire qui, avec ses bois impénétrables, ses hautes bruyères fleuries et embaumées, ses cystes, ses lauriers roses, ses myrtes, donnait l’idée d’une terre vierge et inexplorée.
Toute la famille, grands et petits, vieux et jeunes, comme de nouveaux colons, alla prendre possession du nouveau domaine. Tout y manquait, tout était à faire pour s’y installer. Mais la première pensée, le premier cri fut : Où aller à la messe ? Deux heures de chemins affreux pour se rendre soit à Bormes, soit à la Londe. Emile Gérard, le père bien-aimé, déclara aussitôt que la demeure du Bon Dieu serait le premier ouvrage entrepris. On examina les lieux. Un petit bâtiment délabré s’appuyait sur une des vielles tours du château. Là demeurait une vielle femme qui donnait à boire aux travailleurs. Elle raconta qu’avant la Révolution, ce petit réduit était une chapelle, qu’on y avait dit longtemps la messe et que l’ancienne propriétaire, Madame Brémond, lorsque tout le monde était couché, venait chaque soir s’agenouiller au milieu du cabaret pour demander pardon à Dieu des blasphèmes et des mauvaises paroles qui se proféraient dans ce lieu anciennement bénit.
On fut vite d’accord pour réédifier en cet endroit une chapelle. Les maçons et les ouvriers furent mis à l’œuvre. Mais que de difficultés et d’embarras pour les matériaux à employer ! Tout venait par mer ; et quel évènement, quelle joie, lorsque la barque arrivait. On allait en troupe au bord de la mer, assister au débarquement. C’étaient les matériaux, les portes, les petites fenêtres, puis enfin, quelle joie ! l’autel que l’on trouvait bien beau.
Chaque membre de la famille apporta son présent pour orner et meubler la chère chapelle. La grand-mère Gérard offrit le calice, souvenir d’un Père Dominicain de la famille, mort dans les missions d’Amérique. La croix fut donnée par Madame de Roux, la première qui alla jouir dans un monde meilleur des joies éternelles. Les chandeliers, les ornements, les linges sacrés furent offerts par tous les autres. Tout était bien modeste. Sur l’autel, une simple gravure représentant la fuite en Egypte. Cependant, Letuaire, artiste renommé à Toulon et l’oncle Charles Marcotte peignirent des fresques.
L’érection achevée, la bénédiction fut enfin décidée pour le 8 septembre 1841. La petite chapelle fut placée sous le vocable de la Nativité de la Bienheureuse Vierge Marie.
Présentation de Louis Laurent Caire et Cécile Pascalis
Fin 1831, Louis Laurent Caire, négociant à Guernesey, vient passer l’hiver en Provence pour raison de santé.
Fin janvier 1832, Jean Abeille, ancien négociant à Marseille, organise la présentation entre Louis Laurent Caire, fils de son ami Laurent Caire, ancien négociant à Toulon, et Cécile Pascalis, fille de son autre ami le général Antoine Pascalis.
Louis Laurent Caire et Cécile Pascalis se plaisent et décident le soir même de se marier (Louis Laurent a 43 ans et Cécile 23 ans, sa sœur cadette est déjà mariée).
Le mariage est prévu pour mi-février.
Certificat de décès de Laurent Caire
Pour se marier, Louis Laurent Caire doit obtenir les certificats de décès de ses parents.
Son père, Laurent Caire est décédé en 1800 en émigration à Livourne.
Par chance il a une sœur Victoire Caire établie à Livourne. Le 2 février 1832 il lui écrit pour lui annoncer son prochain mariage et lui demander de s’occuper du certificat de décès. Elle reçoit cette lettre le 8 février et s’occupe immédiatement du certificat de décès.
Toutefois, en cas de retard de ce certificat de décès, il envisage d’établir un certificat de non connaissance du lieu de sa mort, ce que finalement il devra faire ! (Cf. Lettre au général Antoine Pascalis du 3 février 1832)
Certificat de décès de Victoire de Lespine
La mère de Louis Laurent Caire, Victoire de Lespine, a trouvé à son retour d‘émigration que le nom de Lespine était difficile à porter et s’est faite appeler du Planty. En effet, son père s’appelait de Lespine du Planty mais à sa naissance, elle n’a reçu que le nom de Lespine.
A son retour d‘émigration, Victoire ne s’est pas établie à Toulon d’où était originaire son mari et où ils s’étaient connus et avaient vécu, mais à Gémenos où elle ne connaissait personne (elle achètera à crédit une maison dont elle occupera une partie avec sa fille Eugénie et elle louera le reste à Elias Massad, un ancien mamelouk de la garde impériale !). Son décès (d’un cancer) est donc déclaré sous le nom de Duplanty. Seule sa fille Eugénie aurait pu corriger son nom mais Eugénie était autiste et n’a rien dit.
Louis Laurent Caire fera appel à ses amis Emmanuel et Auguste Abeille1 pour témoigner que Victoire Duplanty et Victoire de Lespine sont bien deux noms pour une même personne.
Mariage de Louis Laurent Caire et Cécile Pascalis le 27 février 1832
Le mariage sera célébré le 27 février 1832. Voici le récit qu’en fait Louis Laurent Caire à sa sœur Honorine :
« Ma chère Honorine.
Notre mariage est à la fin terminé et précisément comme nous l’avions projeté nous eûmes le plaisir de recevoir les dames Abeille le dimanche. Elles vinrent à temps pour le dîner de 6 à 9 heures que Mme Pascalis leur avait préparé et dans la soirée l’on fit une loterie de jolis petits objets qui peuvent rappeler la circonstance et qui égaya beaucoup la société.
Le lundi la signature du contrat amena bien des pleurs et les vers que je te joins ne purent être chantés parce qu’ils attendrissaient trop les personnes qui voulaient l’entreprendre. Tu verras qu’à la requête des dames Abeille, M. Pascalis ne t’a pas oubliée au second couplet et tout le couplet a été fait à ton intention. Dis-moi comment on les trouve à Toulon ?
Après le dîner de noces qui était fort bon et qui se passa très gaiement, nous fûmes à la Commune y passer le contrat civil et puis un bal bien animé employa à notre soirée : Je retrouvais des forces pour danser et il y avait nombre d’années que je n’en avais fait autant. Une très jolie collation et un thé, punch etc termina la séance. Nous partîmes enfin pour l’église à 2 heures du matin et après une cérémonie bien touchante et solennelle nous vînmes enfin nous coucher à 4 heures du matin. Si je me félicitais de mon mariage avant, il est inutile de te dire que je m’en félicite encore plus après et que je ne doute plus de l’harmonie et de la douce union qui va m’unir à Cécile[…] »
Notes et références
Sources
Etats civils
Correspondance de Louis Laurent Caire – Collection privée
Lettre du général Pascalis à Georges Gariel – 27 février 1832
« La providence vient de me sourire en me présentant un parti très convenable pour ma fille ainée [Marie Cécile Pascalis2], et son mariage aura lieu dans une quinzaine de jours. Un bon ami que j’ai à Marseille a tout préparé sans en rien dire et quand la chose a été convenue entre lui et mon gendre futur, ils sont venus à Aix me demander en même temps à diner et ma fille ; les deux plus intéressés à cette affaire ne se connaissant pas, ont paru satisfaits et tout a été réglé dans la même soirée. Mr Caire est de Toulon ; son père [Laurent Caire3] était l’intime ami de M. Abeille chez qui j’ai logé 12 ans à Marseille4 ; mes enfants sont nés dans sa maison ou y sont arrivés à un et deux ans, et se sont élevés avec les siens : de sorte que toute la famille s’est mise en quatre pour faire réussir ce mariage. L’Epoux futur est né à Livourne pendant l’émigration, il est le cadet de sa famille et reste le seul garçon. A peine a-t-il connu son père. Une sœur qui a vingt ans de plus que lui, et qui fut mariée à Livourne l’a élevé et lui a tenu lieu de mère. Il a perdu la plus grande partie de sa fortune en France, mais il a réparé ce malheur par une assez jolie fortune qu’il a fait, soit à Livourne, soit à Trieste, soit enfin en Angleterre d’où il ne fait que revenir, après un séjour de douze ans. Il a quarante ans, il est d’une bonne tournure et a de l’éducation. »
Acte de mariage de Louis Laurent Caire et Cécile Pascalis
L’an mil huit cens trente deux et le vingt-sept février à sept heures du soir, par devant nous adjoint remplissant par délégation de Monsieur le Maire d’officier public de l’Etat civil de cette ville d’Aix ; a comparu à l’hôtel de ville Monsieur Louis Laurent Caire, négociant et propriétaire, né à Toulon département du Var le dix neuf juin mil sept cens quatre vingt huit, y domicilié, fils majeur de feu Monsieur Laurent Caire et de feue Victoire Alexandrine de Lépine, décédée en la commune de Gémenos, Bouche du Rhône, le vingt huit janvier mil huit cens onze, le dit futur époux nous déclare d’affirmer par serment que bien que dans l’acte de décès de sa mère on l’ait désignée par le seul nom du Duplanty, cependant celle-ci est la même personne que Madame Victoire Alexandrine de Lépine désignée dans l’acte de naissance du futur époux, qu’elle avait ajouté depuis à ce nom celui de Duplanty, pourque son autre nom de Lépine était en opposition avec l’esprit du tems, il nous déclare et affirme de plus par serment que le lieu du décès et celui du dernier domicile de ses autres ascendants lui sont inconnus.
A aussi comparu Mademoiselle Marie Cécile Pascalis, sans profession, née à Sénigallia royame d’Italie le dix neuf novembre mil huit cens huit, fille majeure de Monsieur Antoine André Pascalis, officier général en retraite, chevalier de St Louis et officier de la Légion d’Honneur, et de Madame Gabrielle Maurin ici présents et consentants, domiciliés en cette ville d’Aix y demeurant depuis de longues années avec ses frères et mère rue du Boeuf n°22, lesquels futurs époux nous ont requis de procéder à la célébration du mariage […] et dont les publications ont été faites devant la principale porte des hôtels de ville savoir, de celui de Toulon, la première le cinq du présent mois de février, et la seconde le douze du même mois, et de celui d’Aix, la première le dit jour douze février courant et la seconde le dix neuf même mois, jours de dimanche, toutes à l’heure de midi ; aucune opposition audit mariage ne nous ayant été signifiée, faisant droit à leur réquisition, après avoir donné lecture de toutes les pièces ci-dessus mentionnées et du chapitre six, titre cinq du code civil intitulé du mariage, nous avons demandé au futur époux et à la future épouse s’ils voulaient se prendre pour mari et pour femme, chacun d’eux ayant répondu séparément et affirmativement, nous déclarons au nom de la loi que Monsieur Louis Laurent Caire et Mademoiselle Marie Cécile Pascalis, sont unis par le mariage, de quoi nous avons dressé acte en présence de Messieurs Jean François Pascalis, négociant, âgé de soixante quatre ans, cousin de l’épouse, François Marie Justin Verger, conseiller à la cour royale, âgé de cinquante un ans, non parents des époux, domiciliés à Aix, y demeurants, Paul Emmanuel Abeille, propriétaire, âgé de trente cinq ans, et François Auguste Abeille, aussi propriétaire, âgé de trente deux ans. Ces deux derniers domiciliés à Marseille, y demeurants, non parents des époux, les dits témoins nous déclarent et affirment par serment que bien que dans l’acte de décès de la mère du futur on l’ait désignée par le seul nom de Duplanty, cependant celle-ci est la même personne que Madame Victoire Alexandrine de Lépine désignée dans l’acte de naissance du futur époux qu’elle avait ajouté depuis à ce nom celui de Duplanty parceque son autre nom de Lépine était en opposition avec l’esprit du tems, ils nous déclarent et affirment de plus sous serment que quoi qu’ils connaissaient l’époux, ils ignoraient le lieu du décès et celui du dernier domicile de ses autres ascendants, les déclarations ci-dessus ont été faites en exécution de l’avis du Conseil d’Etat du 4 Thermidor an treize, inséré au bulletin des lois et après qu’il leur a été donné lecture du présent acte ont signé avec nous, ainsi que les époux et les père et mère de l’épouse.
Notes
Louis Laurent Caire a connu Emmanuel et Auguste Abeille enfants en émigration à Livourne. ↩
En 1830, la compagnie Gérard & Fils1 obtient la concession du service de messagerie entre le continent et la Corse. Le service était assuré par trois navires à vapeur et à roues à aube, le Golo, le Liamone et le Var.
Le Golo, premier bateau à vapeur, de construction française, arrivé à Bastia le 20 juin 1830
Le Liamone
C’est la première fois qu’un service régulier est assuré entre le contient et la Corse. En voici les horaires :
Toulon – Bastia : Départ le jeudi à 8 heures – Arrivée le vendredi à 14 heures,
Toulon – Ajaccio : Départ le dimanche à 8 heures – Arrivée le lundi à 10 heures,
Bastia – Toulon : Départ le dimanche à 10 heures – Arrivée le lundi à 16 heures,
Ajaccio – Toulon : Départ le jeudi à 10 heures – Arrivée le vendredi à 12 heures.
Outre le courrier, les bateaux transportent aussi quelques passagers dont Honoré de Balzac, Gustave Flaubert et Prosper Mérimée. C’est ainsi que le 2 octobre 1840, Gustave Flaubert embarque à Toulon pour son baptême de mer à bord du Golo. L’état de la mer est épouvantable et Flaubert est victime du mal de mer.
En 1842, très critiquée, la compagnie Gérard & Fils est remplacée par un service d’état, qui sera à son tour critiqué…
Notes et références
Corsica Maritima – Charles Finidori, 1997
Joseph Dominique et Emile Gérard. Joseph Dominique décède le 21 septembre 1830 à Toulon, c’est donc son fils Emile Gérard qui prend la suite. ↩