Jeunesse d’Henri Caire

Enfance d’Henri Caire au boulevard Périer

Adolphe et Berthe Caire habitaient un bel hôtel particulier au 14 bd Périer à Marseille, avec tennis et billard (qu’Henri a emporté à Freycinet). Mais après le décès de Berthe en 1895, il ne faisait pas vraiment bon y vivre. A la suite d’une hépatite aiguë, Adolphe Caire avait du quitter la marine après trois ans de service et passait le plus clair de son temps dans un fauteuil. Quand il entendait rire Marguerite, Henri et Amélie (future madame Émile Saint Rémy Pélissier) ses enfants, il s’écriait : « Votre mère et décédée, ne l’oubliez pas ! »

Famille Caire dans le jardin du boulevard Périer
Collection Bernard Caire

Henri Caire et Raymond Giraud pratiquent l’aviron

Après son bac, Henri Caire suivit des cours de droit et se lia d’amitié avec Raymond Giraud avec qui il partageait un cabanon sur la corniche, au vallon des Auffes, et pratiquait l’aviron.

Claire Giraud amoureuse d’Henri Caire

Claire Giraud, sœur de Raymond, en pinçait pour Henri Caire. Mais celui-ci ne l’appréciait pas beaucoup et elle épousa Pierre Massot (frère de Marie Massot, grand-mère de Charles de Raphélis-Soissan). Pierre Massot était connu de tout Marseille pour son charme, ses conquêtes galantes, sa fortune et sa présidence de la société hippique de Marseille. Henri Caire disait d’eux : « Ce coquin de Pierre et cette peste de Claire ! »

Claire avait la rancune tenace : Quand Charles de Raphélis-Soissan et Mireille Caire se sont mariés, ils ont invités Pierre et Claire Massot. Pierre est venu mais Claire s’est abstenue. Après le décès de Pierre, il y eut, parait-il, un souvenir pour chacun de ses neveux sauf pour Charles de Raphélis-Soissan !

Les Massot avaient un mas de plusieurs centaines d’hectares à Entressens en Camargue. Comme Pierre et Claire Massot n’ont pas eu d’enfant, à leur décès chacun de leurs neveux hérita d’une part d’indivision. En guise de revenus, Charles et Mireille de Raphélis-Soissan ont reçu une année une dinde et une autre année un carnet de timbres !

Notes et Références

Récit de Mireille Caire

Henri Caire achète sa première voiture et reçoit sa première contravention

Achat d’une De Dion-Bouton

En 1906, Henri Caire a 21 ans. Son père Adolphe est d’accord pour acheter une voiture. Henri sait déjà conduire et adore mettre son nez dans les moteurs et cela facilitera les voyages au Vernègues.

Le permis de conduire ne pose pas de problème : il est délivré par l’Automobile Club marseillais et Henri en connait les membres.

C’est Henri qui choisit la voiture et Adolphe, sans réfléchir davantage, achète la de Dion-Bouton à son nom.

Voilà Henri tout faraud qui se met à circuler en ville avec ses amis. Las, les règlement sont les règlements et la voiture à l’époque est considérée comme dangereuse en ville et la vitesse est limitée.

Première contravention

La semaine n’est pas terminée qu’Henri reçoit sa première contravention et parution au tribunal. Mais la voiture étant au nom d’Adolphe, c’est lui qui se voit condamné à un jour de prison !

Adolphe se précipite donc au tribunal : « Monsieur le juge, je suis juge au tribunal de commerce. Comment voulez-vous que j’aille en prison ? » Le juge est très compréhensif et Adolphe met immédiatement la voiture au nom de son fils Henri.

Henri Caire n’a jamais dit s’il avait eu d’autres contraventions !

Notes et références

Souvenirs de Mireille Caire

Le Moulin de Vernègues

Louis Laurent Caire et Marie Cécile Pascalis, mariés le 27 février 1832, ont eu trois enfants :

  • Marie Victoire Caire qui a épousé Eugène Perraud et a eu quatre enfants,
  • Louise Honorine Caire, sœur jumelle de Marie Victoire et qui, après le décès de Marie Victoire, a épousé son beau frère Eugène Perraud et a eu un enfant,
  • Adolphe Caire qui a épousé Berthe Rouard et a eu cinq enfants.

Le 24 décembre 1839, pour éviter une cohabitation difficile à Gémenos avec sa belle-sœur, Marie Cécile Pascalis, veuve de Louis Laurent Caire, achète le Moulin de Vernègues au prix de 115 000 francs.

Le 27 janvier 1858, Adolphe Caire achète en propre 21 hectares attenants au domaine au prix de 2 837,17 francs.

Le 22 avril 1863, Marie Cécile Caire décède et le Moulin de Vernègues revient aux enfants de Marie Victoire, à Louise Honorine et à Adolphe Caire.

Le 5 mars 1909, Adolphe rachète les parts des héritiers de Marie Victoire au prix de 20 000 francs. Le moulin de Vernègues appartient alors à 2/3 à Adolphe Caire et à 1/3 à Henri Perraud, fils de Louise Honorine et Eugène Perraud.

A la fin de la première guerre mondiale, Henri Caire a dit à son père Adolphe : « Si nous donnons son congé au fermier, je me sens capable de gérer et d’exploiter la propriété. » Adolphe a donné son accord et on a donné son congé au fermier. C’est alors qu’un élément que ni Adolphe ni Henri n’avaient prévu est intervenu : Le fermier a fait valoir son droit de garder le matériel d’exploitation, les bêtes de trait, le troupeau, etc en le payant au prix de départ, c’est-a-dire au prix pratiqué avant l’inflation galopante de la guerre de 1914 tandis que la propriété devait tout racheter au prix fort de 1919. Adolphe a reculé et, craignant d’avoir sur les bras une propriété qui ne serait pas entretenue, il a voulu la vendre très vite avant qu’elle ne se soit dépréciée.

Le 15 mai 1920, Adolphe Caire, sans profession, et Henri Perraud, notaire à Marseille vendent le Moulin de Vernègues d’un surface de 98 hectares au prix de 150 000 francs.

Le 20 décembre 1920, Adolphe Caire décède à Marseille.

Notes et Références