1801 – Réquisition du Saint Antoine de Padoue affrété par Jean Abeille

Jean Joseph André Abeille
Jean Joseph André Abeille
Collection Christine Grosse Ladevie

Le 2 mars 1801, Jean Abeille affrète le brigantin Saint Antoine de Padoue pour aller à Carthagène charger des soudes et ouvrages de sparteries et revenir à Marseille.

A Carthagène, le consul de France réquisitionne le navire pour transporter des canons en Égypte où, après le départ de Bonaparte et l’assassinat de Kléber, le général Menou est en difficulté. Le Saint Antoine de Padoue deviendra la proie d’un corsaire anglais.

Madame Lion, correspondante de Jean Abeille à Carthagène, doit affréter le seul navire disponible, l’espagnol Le Vigilant (coût : 5,851 francs) et y transborder ses marchandises (coût : 857 francs 18 ct). Le Vigilant prend son temps pour aller à Marseille et arrive en juin 1801 – prairial an IX.

Inlassablement, Jean Abeille demandera à être indemnisé de ces pertes. Il demandera de plus à être indemnisé des variations de prix car il a payé un fret de guerre de 12 fr. par quintal de soude lorsque le prix de paix est de 10 à 15 sous, et alors qu’il aurait du vendre les soudes 50 fr. il n’a pu les vendre que 20 fr. en raison de la chute des prix que le retard de livraison lui a fait subir, chute des prix dues aux négociations de paix avec l’Angleterre et au traité d’Amiens  (coût : 26,400 francs)1.

Ce n’est qu’en 18182 que le gouvernement acceptera d’indemniser les deux premières demandes (6,708 francs 18 ct) mais en déduisant un impôt de 3% pour les invalides, en convertissant le capital en rente à un taux désavantageux et ne payant pas la rente pour les années 1801 à 1818.

Sources et références

Sources

Références

  1. En Égypte, le général Menou capitule le 31 août 1801 et le traité d’Amiens est signé le 28 mars 1802 : En juin 1801 il n’y a aucun signe de paix entre la France et l’Angleterre.
  2. Lors du siège de Toulon en 1793, Jean Abeille (et Laurent Caire) avait soutenu les royalistes et les troupes anglaises contre l’assaut des armées républicaines conduites par Bonaparte. Pour cette demande d’indemnités, cela n’a pas joué en sa faveur pendant la République et l’Empire mais à la Restauration, il saura le rappeler !

27 août 1794 : Saisie des biens de Jean Abeille

Jean Joseph André Abeille
Collection Christine Grosse Ladevie

ÉGALITÉ, LIBERTÉ.
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS.
Les représentants du peuple, députés de la Convention nationale dans les départements méridionaux,
Aux membres composant le Directoire du département des Bouches-du-Rhône.

Les nommées Abeille1, américain, J. Labat et J. Césan, qui se trouvent maintenant à bord de l’escadre anglaise, en qualité de députés des sections de Marseille, se sont chargés de l’infâme mission, auprès de l’amiral Hood, de livrer la ville de Marseille aux anglais. La Convention nationale va faire justice de ces monstres ; mais en attendant, il est des mesures urgentes qu’il importe de prendre. En conséquence nous vous ordonnons de faire arrêter sur le champ les familles desdits Abeille, J. Labat et J. Césan, d’apposer les scellés à leurs maisons et magasins ; en un mot de mettre provisoirement toutes leurs propriétés sous la main de la nation.

Fait à Marseille, le 27 août, l’an second de la république française.

Signé Salicetti, Escudier, Gasparin, Albitte. Le secrétaire de la commission, Signé Bouchet.

Sources et références

Sources

Références

  1. Les deux frères Abeille possédaient à Saint Domingue, en maisons, en terre, et en douze cent milliers de denrées coloniales, telles que sucre et café disponibles, une fortune au moins de trois millions de francs, lorsque la colonie a été foudroyée par le décret fameux de la Convention