Maisons de commerce « Dessalle, Caire & Cie » et « Joseph Fournier & Cie »

Les soussignés Joseph Fournier, Florent Dessalle et Louis Laurent Caire, pénétrés de la nécessité de changer leur précédent contrat de société du 30 Xbre 1818, et d’en faire un nouveau sur des bases dont les dispositions puissent concorder et soyent en harmonie avec les règlements et lois de commerce en vigueur dans les Etats où il doit recevoir son exécution. Sont convenus, et demeurés d’accord de ce qui suit.

Article 1er. Les susnommés déclarent renouveler leur association pour les établissements de commerce déjà existant à Livourne et Trieste et connus dans ces deux villes sous la raison de J Fournier, Dessalle, Caire, et dont les opérations ont consisté et consisteront en achats et ventes de marchandises, opérations de banque, et de commerce en consignations, commissions et autres affaires commerciales.

Article 2ème. La durée de cette nouvelle société sera de trois années consécutives qui commenceront le 1er janvier 1821 et finiront le 31 Xbre 1823. La raison de commerce de l’établissement de Trieste sera Dessalle, Caire & Cie. M. Dessalle sera le seul gérant dudit établissement, et en aura seule la signature, et la libre disposition des fonds. La maison de commerce de l’établissement de Livourne sera Joseph Fournier & Cie. M. Fournier en aura la gestion et la direction. Il en aura la signature conjointement avec M. Caire.

Article 3ème. Le fonds capital de la maison de Trieste sera de florins quatre-vingt-treize mille sept cent cinquante f 93750 courants d’Auguste, et sera versé en entier par M. Florent Dessalle.

Celui de la maison de Livourne sera de piastres cinquante mille de 8/réaux en argent et le versement sera fait comme suit :

Piastres 36000 par MM. Joseph Fournier et L. L. Caire

Piastres 14000 par M. Florent Dessalle

Ce dernier ne sera que simple commanditaire dans la maison de Livourne, et ne pourra dans aucun cas être responsable au-delà de sa susdite mise de fonds d’où il suit que les deux établissements de Livourne et de Trieste seront indépendants l’un de l’autre, et que dans aucun cas la libre disposition des fonds que la maison de Trieste peut avoir actuellement et pourra avoir par la suite en compte courant dans la maison de Livourne ne pourra être contestée et refusée à M. Dessalle en raison de sa qualité de commanditaire.

Article 4. Attendu que les mises de fonds capitaux ne sont pas versées par égales portions par chaque associé, il demeure convenu qu’il sera prélevé chaque année sur les bénéfices l’intérêt de chaque versement à raison de six pour cent l’an. Cet intérêt se rapportait au débit des profits et pertes, et au crédit du compte de chaque associé en ce qui les concerne.

Article 5. Les appointements des commis, frais de bureaux, loyer de magasins et comptoirs tant à Livourne qu’à Trieste, et généralement tous les frais de commerce seront à la charge de la société, et porté au compte des profits et pertes.

Il sera tenu dans les deux établissements, en bonne et due forme, des registres, journaux et grands livre en partie double, et autres livres auxiliaires dans lesquelles il sera passé écriture de toutes les affaires de la société, et il sera fait chaque année à l’époque du 1er janvier un bilan, balance des livres, et un inventaire général dont les associés se fourniront réciproquement copie certifié.

Article 6ème. La répartition des profits et pertes constatés par le résultat de ce bilan annuel se fera de la manière suivante. Savoir 50  pour cent, soit la moitié des bénéfices nets desdits deux établissements, sera dévolu et appartiendra à M. Dessalle l’un des associés, les autres 50  pour, soit l’autre moitié, sera attribuée et répartie entre Messieurs Fournier et Caire d’après les conventions particulières établies entre eux. En cas de pertes par la maison de Livourne, elles seront supportées par les dits sieurs Fournier et Caire en proportion et à prorata de leur mise de fonds dans le dit établissement et par le dit Florent Dessalle aussi à prorata du fonds capital qu’il a versé dans ladite maison en qualité de commanditaire. En cas de perte par l’établissement de Trieste, quoique le fonds capital en ait été versé en entier par M. Florent Dessalle, il demeure cependant convenu que Messieurs Fournier et Caire les supporteront dans la même proportion que M. Dessalle se trouve exposé dans celle de la maison de Livourne, c’est-à-dire dans celle des piastres 14 000 à 50 000 piastres. Aucun des associés ne pourra demeurer débiteur par compte courant d’aucune somme excédant les articles qui s’y trouveront à son crédit et si cela échéait, il sera tenu de rembourser sans délai l’excédent à la société.

Article 7. Si par événement les pertes de l’un des deux établissements s’élevaient de manière à absorber la moitié du fonds capital de l’un d’eux, il demeure convenu que cette circonstance entraînera la dissolution de la société, et que les deux maisons ne devront plus occuper que de leur liquidation. Il en sera de même dans le cas de mort de l’un des associés que D. G.

Article 8ème. Il est entendu que les intérêts pour les fonds en compte courant seront réciproquement réglés à 6 % l’an entre les associés, et qu’ils en auront la libre disposition sans frais de commission.

Article 9. Il est interdit aux deux établissements de courir des risques maritimes, les assurances devront toujours en être souscrites, sauf un risque de deux mille florins, ou leur valeur qui leur est libre de courir.

Article 10. Messieurs Fournier Caire devront approuver, ou improuver le bilan de la maison de Trieste dans l’espace de trois mois à dater du jour où la copie leur en aura été remise. Passé ledit terme leur silence tiendra lieu d’approbation. M. Dessalle sera tenu dans le même délai après la réception de la copie de celui de l’établissement de Livourne de l’approuver ou l’improuver. Pour s’assurer de l’exactitude des comptes, les dits trois associés auront respectivement le droit pendant les trois dits mois de prendre connaissance des registres, livres et papiers de la société, mais sans pouvoir les déplacer.

Article 11. Messieurs Fournier et Caire reconnaissent que M. Dessalle a depuis longtemps versé dans la maison de Livourne la somme de piastres quatorze mille montant de sa mise sociale dans le dit établissement comme commanditaire, et qu’il a également versé la mise de fonds qui concerne l’établissement de Trieste.

Article 12. Les liquidations des affaires de la société à l’époque de sa dissolution se fera. Savoir. Pour la maison de Trieste par M. Dessalle, et pour celle de Livourne par M. Fournier. Les fonds libres au 31 Xbre 1823 et les premières rentrées seront affectées au remboursement des mises de fonds qui devra commencer dès la susdite époque et continuer à mesure que la liquidation avancera et suivant l’état de situation que chacun des susdits Messieurs Fournier et Dessalle s’engagent de remettre de quatre en quatre mois. Une fois la mise de fonds remboursée, l’on suivra la même marche pour la répartition et le remboursement des bénéfices que présentera le compte des pertes et profits de chaque établissement et les répartitions se feront tant en capital qu’en bénéfices dans la proportion de ce qui concernent chaque associé et de la manière déjà indiquée par le présent contrat.

Il est convenu en outre que la liquidation devra être terminée dans tout ce courant de l’année 1824 sauf à s’entendre sur la répartition qui pourra se faire des objets qui resteront en suspens s’il y en avait encore au 31 Xbre 1824.

S’il s’élevait quelques difficultés entre les associés pour tout ce qui a rapport à la présente société, les soussignés s’engagent de choisir des arbitres pour les mettre d’accord ; il en sera nommé de, savoir l’un par M. Florent Dessalle et l’autre par Messieurs Fournier et Caire conjointement ; ces deux arbitres auront pouvoir, en cas de partage d’avis, de se choisir un tiers arbitre pour les départager. Les parti s’engagent et se soumettent à exécuter la décision comme jugement en dernier ressort et sans pouvoir en appeler.

Article 13ème. Le contrat de société souscrit par les soussignés le 30 Xbre 1818 demeure nul et comme non avenu à partir du 1er janvier de la présente année sauf son exécution pour toutes les opérations antérieures à cette dernière époque.

Pouvoir et donner aux associés de faire approuver, enregistrer et publier le présent écrit portant partout où besoin sera.

Fait triple entre les parties sous leur signature privée, savoir par M. Fournier à Livourne le 8 janvier 1821 et par Messieurs Dessalle et Caire à Trieste le 2 janvier même année.

Déplacements de Louis Laurent Caire en 1823

D’après les courriers qu’il a reçus et la copie des courriers qu’il a envoyés, voici les villes où Louis Laurent Caire est allé pour ses affaires en 1823 :

  • du29/12/1822 au 14/01/1823 : Guernesey
  • du 22/01/1823 au 24/02/1823 : Jersey
  • du 01/03/2823 au 20/03/1823 : Guernesey
  • le 21/03/1823 : Londres
  • du 22/03/1823 au 28/04/1823 : Guernesey
  • le 30/04/1823 : Jersey
  • le 30/04§1823 : Guernesey
  • du 09/05/1823 au 14/05/1823 : Liverpool
  • le 14/05/1823 : Londres
  • du 18/05/1823 au 19/05/1823 : Liverpool
  • du 02/06/1823 au 19/06/1823 : Manchester
  • du 25/06/1823 au 27/06/1823 : Londres
  • le 05/07/1823 : Le Havre
  • du 14/07/1823 au 05/08/1823 : Paris
  • du 21/08/1823 au 01/09/1823 : Guernesey
  • du 06/09/1823 au 24/09/1823 : Jersey
  • du 29/09/2823 au 08/12/1823 : Guernesey

A noter que cette année là, il ne va ni à Trieste voir son associé, Florent Dessalle, ni à Gemenos ou Livourne voir ses sœurs.

Louis Laurent Caire raconte son mariage à sa sœur Honorine – 29 février 1832

Aix, 29 février 1832

Ma chère Honorine.

Notre mariage est à la fin terminé et précisément comme nous l’avions projeté nous eûmes le plaisir de recevoir les dames Abeille le dimanche. Elles vinrent à temps pour le dîner de 6 à 9 heures que Mme Pascalis leur avait préparé et dans la soirée l’on fit une loterie de jolis petits objets qui peuvent rappeler la circonstance et qui égaya beaucoup la société.

Le lundi la signature du contrat amena bien des pleurs et les vers que je te joins ne purent être chantés parce qu’ils attendrissaient trop les personnes qui voulaient l’entreprendre. Tu verras qu’à la requête des dames Abeille, M. Pascalis ne t’a pas oubliée au second couplet et tout le couplet a été fait à ton intention. Dis-moi comment on les trouve à Toulon ?

Après le dîner de noces qui était fort bon et qui se passa très gaiement, nous fûmes à la Commune y est passé le contrat civil et puis un bal bien animé employa à notre soirée. Je retrouvais des forces pour danser et il y avait nombre d’années que je n’en avais fait autant. Une très jolie collation est un thé punch a terminé la séance. Nous partîmes enfin pour l’église à 2 heures du matin et après une cérémonie bien touchante et solennelle nous vînmes enfin nous couchés à 4 heures du matin. Si je me félicitais de mon mariage avant, il est inutile de te dire que je m’en félicite encore plus après et que je ne doute plus de l’harmonie et de la douce union qui va munir à Cécile.

Mme Perrin était toute orgueilleuse au bal de Cécile et elle me faisait remarquer que sur 30 dames, dont beaucoup de jolies, ma femme brillait le plus. Toutes les dames Abeille m’ont apporté tes compliments et nous avons beaucoup regretté la famille Pascalis  et moi que tu n’es combiné ton voyage à Marseille quelques jours plus tard, pour venir passer le dimanche et lundi avec nous ici.

Je ne puis terminer cette lettre sans t’exprimer combien je suis reconnaissant envers toute la famille Pascalis, pour l’accueil amical qu’on me fait ici. Nous sommes tous liés de la plus tendre amitié et je suis déjà regardé comme un des anciens de la famille. Je ne doute pas que tous ces détails ne plaisent à ton bon mari et dis-lui mille choses de ma part et de la part de Cécile. Je lui cède la plume pour qu’elle commence à faire ta connaissance par correspondance en attendant le plaisir de la faire personnellement.

Je vous embrasse tous deux de bien bon cœur.

Louis Laurent Caire


Cécile Pascalis

Je ne veux pas laisser partir la lettre de mon mari sans vous témoigner tout le plaisir que m’a fait éprouver votre lettre que Caire m’a communiquée. Je suis heureuse d’entrer dans une famille où l’on me reçoit avec tant d’indulgence. Veuillez bien ne pas croire à lettre tout ce qu’on vous a dit de flatteur pour moi. Je serais si fâchée de vous voir désappointée mais je ferai mon étude de vous être agréable.

Je vous remercie beaucoup d’avoir pensé à moi en me faisant cadeau d’une belle pendule. Ce souvenir me sera bien précieux surtout lorsque j’aurais l’avantage de vous connaître. Ce désir est encore augmenté par le portrait que les dames Abeille m’ont fait de votre excessive bonté. Je tacherai de m’en rendre digne et de mériter votre affection.

Mes hommages respectueux à M. Mille.

Notes et références

Note sur la succession de M. Joseph Pierre ensuivi celle de son épouse – 13 février 1824

L’usufruit laissé par Mr Joseph Caire ayant cessé depuis le 5 février 1824, époque du décès de son épouse, messieurs Aguillon frères et les hoiries de M. Laurent Caire sont appelés à recueillir, en leur qualité d’héritiers fonciers, la succession de M. Joseph Caire leur oncle. Cette succession se compose, d’après les pièces qui m’ont été remises, des créances ci-après détaillées.

créances en principal, par M. Joseph Guidon : 9 480
Portion dont les hoiries Caire ont été déclarées perdant par le jugement d’ordre : 790.25
Frais judiciaires payés à M. Lavoué Toucas à la charge de l’hoirie : 80
609.75
 2° créance due par M. Albert avocat représenté par M. Castelli dit Cafsian du 5 décembre 1732 notaire M. Minier à Toulon de 4000 réduites à 3 950.62
 3° portion de la créance des hoiries Doumet établie par acte du 22 août 1775 notaire Mège à Toulon 1 080
Sommes recouvrées par M. Alexandre Aguillon 13 640.37
 4° solde de la créance des hoiries Doumet établie par l’acte précité notaire Mège 1 120
 5° créance à constitution de rente au 5 p% due par les hoiries Lambert en son vivant greffier du tribunal de commerce de Toulon suivant l’acte du 9 janvier 1792 notaire Philibert à Toulon de la somme principale de 4000 assignation réduite à 2 880
créance à constitution de rente au 4 p% due par M. Joseph Barnabé Tournier ancien négociant à Toulon suivant l’acte du 21 février 1792 notaire Lesperon de la somme principale de 4000 également en assignation réduite à 2 880
 7° créance privée souscrite par M. Aguillon père du 1er septembre 1776 en faveur de M. Joseph Caire son beau-frère, à constitution de rente au 5 p% contenant l’obligation de M. Joseph Aguillon fils d’acquitter cette créance qui est avérée devant notaire et inscrite aux hypothèques et qui s’élève à la somme de  22 000
Total  42,280F.37C

M. Alexandre Aguillon a à tenir compte aux héritiers l’hoirie de M. Joseph Caire son oncle, des 13,640F et 37C recouvrés par lui de Messieurs Guison, Albert et hoirie Doumet.

Quant aux 28 640F provenant de divers titres de créances à constitution de rente, il n’y a absolument aucune formalité à remplir dans ce moment ; mais il est indispensable que Mademoiselle Eugénie Caire, ainsi que ses frères et sœurs envoyent chacun leur procuration, à l’effet de retirer les sommes dues tant en principal qu’en intérêts provenant de l’hoirie de feu Joseph Caire, d’exercer à défaut de paiement toutes formalités judiciaires, telles que de faire citer en conciliation devant tout juge de paix devant tous tribunaux compétents, plaider, défendre, opposer, obtenir tous jugements, les mettre à exécution, appeler, acquiescer à tout arrangement, transiger, intervenir dans toutes procédures qui seraient dirigées contre les débiteurs de ladite hoirie par voie d’opposition, ou autrement, du reçu de toute forme donner quittances et décharges valables, faire exproprier tout débiteur de ladite hoirie, consentir la radiation de toutes inscriptions hypothécaires, substituer en tout ou partie du procureur, les renvoyer en substitution d’autres etc etc

Par son testament mystique du 23 mai 1819 déposé le 19 janvier 1824 en l’étude de M. Sylvestre notaire à Toulon, Madame Claire Aguillon veuve de M. Joseph Caire a fait, entre autres dispositions, celles qui suivent.

« Je lègue et laisse à mes deux neveux Pierre et Alexandre Aguillon fils de François, la maison que je possède à Toulon rue Bourbon 105 N° 24 (nouvelle série) que j’ai entièrement fait reconstruire, il y a environ 11 ans, pour commencer d’en jouir d’abord après mon décès et en faire et disposer à leur plaisir et volonté, à la charge 1° de payer une pension viagère de 200F en faveur de M. Étienne Aguillon mon frère (Il est prédécédé). 2° de compter, après le décès de mon dit frère Étienne Aguillon cinq cents Francs à chacun des quatre enfants de feu M. Laurent Caire mon beau-frère ; ce qui fait deux mille francs pour les quatre, ou aux sœurs en cas de prédécès moyennant quoi les enfants Caire renonceront à toute prétention quelconque qu’ils pourraient avoir sur ladite maison avant que je la fisse rebâtir.

Je lègue de plus à Louis Laurent Caire négociant à Livourne, l’un des dits enfants Caire, une montre en or et une croix à diamants dite Grand Esprit qui lui seront remises par mon héritier après mon décès.

Dès que la délivrance de la maison aura été faite par le tuteur de l’héritière qu’est la fille de M. Pierre Aguillon fils de Joseph MM. les frères Aguillon compteront 500F à chacun des enfants Caire.

Toulon le 13 février 1824.

Cogolin

Notes et références

Note sur la succession de Joseph Caire ensuivi de celle de son épouse

Mariage de Marie Cécile Pascalis et Louis Laurent Caire – 27 février 1832

Extrait d’une lettre du général Pascalis1 :

Général Pascalis (1755-1833)« La providence vient de me sourire en me présentant un parti très convenable pour ma fille ainée [Marie Cécile Pascalis2], et son mariage aura lieu dans une quinzaine de jours. Un bon ami que j’ai à Marseille a tout préparé sans en rien dire et quand la chose a été convenue entre lui et mon gendre futur, ils sont venus à Aix me demander en même temps à diner et ma fille ; les deux plus intéressés à cette affaire ne se connaissant pas, ont paru satisfaits et tout a été réglé dans la même soirée. Mr Caire est de Toulon ; son père [Laurent Caire3] était l’intime ami de M. Abeille chez qui j’ai logé 12 ans à Marseille4 ; mes enfants sont nés dans sa maison ou y sont arrivés à un et deux ans, et se sont élevés avec les siens : de sorte que toute la famille s’est mise en quatre pour faire réussir ce mariage. L’Epoux futur est né à Livourne pendant l’émigration, il est le cadet de sa famille et reste le seul garçon. A peine a-t-il connu son père. Une sœur qui a vingt ans de plus que lui, et qui fut mariée à Livourne l’a élevé et lui a tenu lieu de mère. Il a perdu la plus grande partie de sa fortune en France, mais il a réparé ce malheur par une assez jolie fortune qu’il a fait, soit à Livourne, soit à Trieste, soit enfin en Angleterre d’où il ne fait que revenir, après un séjour de douze ans. Il a quarante ans, il est d’une bonne tournure et a de l’éducation. »

Notes et références

  1. Cf. Le général Pascalis (1755-1833) d’après sa correspondance – George Gariel, pages 229 et 230
  2. Sur la famille Pascalis, voir le site de Gilles Dubois : http://gillesdubois.blogspot.fr/search/label/Pascalis
  3. Sur Laurent Caire, voir les écrits de Marius Autran : http://jcautran.free.fr/oeuvres/tome4/ils_sont_venus_a_la_seyne.html#4
  4. Dans son livre de raison, Henri Abeille écrit : « Mon grand-père aimait les lectures et les causeries littéraires : Il savait ses classiques par cœur. Un ami de la maison, le général Pascalis de la Sestrière, à la fois peintre et poète, occupait avec sa famille l’étage que j’habite aujourd’hui. Il lisait souvent, à la veillée, ses productions du jour : c’était, tantôt quelques-unes de ces bluettes légères qu’aimaient nos pères, tantôt de grands beaux vers classiques, où la hauteur des pensées s’alliait à l’harmonieuse pureté de la forme.  »

    Cf. Livre de raison – Tome 1 – Henri Abeille, page 203