Ma chère Gabrielle [de Lubac], je viens te féliciter sur tes succès à la distribution des prix qui a eu lieu aux Anglais, tu ne pouvais m’annoncer des nouvelles qui me fussent plus agréables. Tu dois être satisfaite de toi-même et t’engager à continuer l’année prochaine. Pour cela, ne néglige pas de travailler un peu pendant les vacances. Tu as aussi un autre rôle à remplir, c’est de mettre ta sœur Pauline [de Lubac] au courant des études des Anglais puisqu’elle doit t’y accompagner cette année. Tu sais que nous avons le projet d’aller vous voir en quittant Riez. Ce sera sans doute dans le courant de la semaine qui suivra celle où nous allons entrer. Nous voulons celle-ci jouir de la compagnie des Blowitz [Henri de Blowitz et Anne Amélie Arnaud]2 que nous attendons maintenant tous les jours. Je pense qu’ils nous indiquerons le jour de leur arrivée afin qu’on puisse aller les attendre à la ville. Par la lettre de Fernand, il semble qu’ils arriveront lundi 16 et alors aujourd’hui en allant à la ville on doit trouver une lettre d’eux.
Nous avons de forts beaux temps pour jouir de la campagne. Aussi avant hier tout le monde excepté moi sont allés l’après midi voir les Fonvert3. Comme la voiture ne peux pas y aller, je suis resté tout seul. Mercredi prochain, ils y vont tous dîner et moi je m’amuserai à faire du patin. Je serai content de voir s’amuser les autres.
Chacun te fait ses amitiés et a été enchanté des prix que tu as obtenus.
Je te quitte pour aller diner car l’appétit ne me manque pas mais auparavant je t’embrasse de tout mon cœur en me disant ton bon grand-père.
Mes chères petites filles, je vous remercie toutes les deux des bonnes lettres que vous m’avez écrites pour me souhaiter une bonne fête. Vous ne pouviez pas m’offrir des bouquets plus agréables que de m’annoncer, toi Valentine [de Gaudemar], que tu étais reçue de la congrégation des anges et toi Gabrielle [de Lubac] que tu avais obtenu la croix de sagesse et en même temps que vous aviez de bonnes places en composition. Cela ne m’a pas empêché d’être très sensible et de vous en remercier des pantoufles et du bonnet que vous m’annoncez. Je viens de recevoir les pantoufles par la poste, elles sont fort jolies. J’attends le bonnet aux vacances. J’espère aussi qu’à cette époque, vous me porterez aussi des prix, ce qui me causera une grande joie.
J’ai à vous annoncer une bien triste nouvelle. Le pauvre M. Caune, le père (c’est à dire le grand-père) est mort avant-hier. Il a été regretté universellement parce que c’était un brave homme qui faisait beaucoup de bien. Aussi doit-il jouir maintenant de la gloire éternelle. Vous ferez bien d’écrire conjointement une lettre de condoléances à votre tante Marie [d’Agnel de Boubon] dans laquelle vous lui exprimerez vos regrets et les ferez exprimer à votre oncle [Louis Henri Caune] qui est bien chagrin de la perte de son père.
Ta petite pensée, ma chère Gabrielle, est une idée fort heureuse que tu as eue. Elle m’a fait plaisir. Vos pensées mes chères petites filles me sont fort agréables. Je les mérite car je vous aime bien et pense souvent à vous autres.
Je présume que lors des vacances qui approchent, on vous conduira à Marseille. Il sera bon de vous en assurer auparavant et de nous en avertir.
Dis moi ma chère Valentine comment il se fait que ton encre est blanche et celle de Gabrielle noire ? Je t’engage aussi à mieux former te lettres parce que j’ai beaucoup de peine à te lire. Il faut ménager ma vue.
Je continue d’aller mieux et vous embrasserai bien volontiers pour les vacances.
Toutes vos cousines vous font leurs compliments. Elles m’ont offert leurs bouquets le jour de St Jean-Baptiste mais la mort de M. Caune a rendu cette fête bien triste.
Veuillez présenter mes hommages à votre respectable supérieure Mad de Serre et recevoir pour vous deux les tendres embrassements de votre bon grand-père.
Ma chère Gabrielle [Gabrielle de Lubac], si ta lettre par tante Marie n’a pas pu me donner le détail des plaisirs que tu as goûtés dans votre sortie parce qu’elle était faite d’avance, ta tante me les a donnés dans une lettre qu’elle m’a écrite depuis lors. Il parait que vous vous êtes bien amusées et qu’elle vous a gâtées. Voilà la récompense d’une bonne conduite. Il n’en a pas été de même de Fernand [Fernand de Lubac]. Tu n’as pas pu l’embrasser, c’est bien de sa faute. Cet imbécile là savait que sa tante devait le faire sortir, il aurait dû redoubler de sagesse afin de profiter de cette bonne occasion. Le supérieur a été inflexible. Si cela lui sert de leçon, ce sera fort heureux. On m’a dit que tu étais florissante de santé. Conserve la bien afin que nous en jouissions lorsque les vacances qui approchent viendront combler nos vœux mutuels. Je compte que tu nous apporteras quelques prix. J’ai été très content d’apprendre tes places en composition, 2ème en histoire et 1ère en répétition du mois. J’accepte l’heureuse augure que tu me donnes que ta prochaine lettre m’annoncera plusieurs premières. Continue à être bien sage et à bien satisfaire tes maîtresses et la bonne Mad de Serre dont je suis reconnaissant de toutes ses bontés. Elle m’a promis que ta sœur Pauline [de Lubac] entrerait après les vacances. Je ne sais si elle lui a donné un numéro.
Je sais ma chère Gabrielle que tu pries toujours pour que ma santé se rétablisse complètement. Il y a encore à faire pour que je sois tout à fait bien mais cependant, je vais mieux. Je pense qu’à la fin de mois nous irons à la campagne. Là, le bon air, la tranquillité me seront favorables.
Je t’engage en t’écrivant de corriger une lettre de l’alphabet qui devient indéchiffrable. C’est la lettre v. Tu l’écris ainsi v ce qui ressemble à une S. Tu feras donc bien de ne pas jeter ta plume aussi haut. Du reste, ton écriture est lisible, seulement pour moi, je la désirerais un peu plus grosse.
Je te ferai la même recommandation que j’ai faite à Valentine [de Gaudemar] c’est de profiter de ton séjour à Lyon pour gagner un bon accent, cela sied si bien à une demoiselle.
Tu as appris sans doute la mort de la pauvre Marie de Lumley. Après avoir beaucoup souffert elle a enfin rendu son âme à Dieu la semaine dernière. Il est cruel de mourir si jeune, elle avait 25 ans. Cela prouve qu’il faut toujours être prêt à paraître devant le souverain créateur.
Isabelle de Gaudemar a été bien heureuse de revoir à Aix Mad de La Rochette. Savez-vous si elle doit retourner bientôt aux Anglais ? Je sais que vous la désirez toutes beaucoup. Je n’ai pas le plaisir de la connaître. Veuille bien présenter mes très humbles hommages à Mad de Serre.
Ma chère Gabrielle [Gabrielle de Lubac], il est juste que tu sois une des premières auxquelles j’écris à mesure que mes forces reviennent car tu as prié Dieu avec tant de ferveur qu’il a exaucé tes prières et m’a rendu la santé. Je suis maintenant en convalescence et comme l’appétit est revenu, les forces augmentent chaque jour. Non seulement tes prières m’ont fait du bien mais encore les bonnes nouvelles sur tes études. J’ai appris avec bien du plaisir que tu avais été 1ère en ouvrage, 2ème en répétition et 3ème en lecture et que ta conduite est toujours très bonne. C’est parce que je t’aime bien que je prends une vie part à tes succès. Continue toujours à te bien appliquer, tu en retireras les premiers avantages.
Vous êtes bien heureuses d’avoir d’aussi bonnes maîtresses qui s’ingénient pour trouver de nouveaux moyens de vous distraire pendant les jours de congé. Vous devez leur en témoigner votre reconnaissance par votre docilité et votre application.
Ma chère Gabrielle [Gabrielle de Lubac], ce sont donc toujours de nouveaux compliments qu’il faut te faire car cela en mérite bien un nouveau en apprenant que tu as été premier cordon. Je vois avec plaisir que ta première communion a produit son effet puisqu’elle t’a fait redoubler d’ardeur et de sagesse.pour mériter cette distinction extrêmement flatteuse. Tu concevras facilement tout le plaisir que nous en avons éprouvé, ta mère [Louise d’Agnel de Boubon], ton père [Eugène de Lubac] et moi [Jean-Baptiste d’Agnel de Bourbon]. Cela nous est une garantie que tu persévères toujours dans le bien et que tu te rendras digne des bontés de tes excellentes maîtresses. Ton père est revenu enchanté des relations qu’il a eu avec elles et ne pouvait se lasser de faire l’éloge de Mad de Serre et de Mad de La Rochette. Demande leur souvent des conseils et ne néglige pas de les suivre. Présente leur mes hommages respectueux.
Je connais combien tu as été peinée de ne pas voir ton frère [Fernand de Lubac] parmi les assistants à la mémorable cérémonie. Il en a eu bien du regret lui-même mais il faut convenir que la mesure adoptée par le supérieur de Mongré est trop sage et trop raisonnable pour ne pas l’approuver. Car il fallait éviter d’introduire la rougeole dans l’établissement. Enfin, voici le moment des vacances qui approche et alors nous nous retrouverons tous ensemble car nous entendons te garder un peu à Marseille.
Je compte partir lundi prochaine pour aller à Nice trouver ma fille Mad Sallony [Amélie d’Agnel de Boubon]. Nous en repartirons vers le 6 ou le 7 juillet pour retourner à Marseille. Comme tu me demandes l’adresse de ta tante Sallony, je vais te la donner : rue Jutler 3 à Nice. Seulement je t’observerai que si tu veux qu’elle y reçoive ta lettre, il faudrait lui écrire de suite. Si tu veux qu’elle reçoive ta lettre encore à Nice car elle en partira le 6 ou le 7 juillet.
Je fais travailler un peu ta sœur Pauline [Pauline de Lubac]. Elle a assez de facilité, il faudrait seulement parvenir à fixer un peu plus son attention. Richon [Marie de Lubac] est toujours gentille lorsqu’elle veut mais elle a bien quelques petits caprices.
Isabelle de Gaudemar est encore avec nous. Elle te fait ses compliments.ainsi que tes sœurs, ton père, ta mère et moi en t’exprimant mes meilleurs sentiments. Je t’embrasse en bon et tendre grand-père. Cte[Jean-Baptiste] d’Agnel de Bourbon1
Ma chère Gabrielle [Gabrielle de Lubac], indépendamment de ta lettre, j’ai eu de tes nouvelles par mon neveu Louis de Campou qui vous a fait sortir un jour et vous a fait bien amuser. Il vous aurait fait sortir encore une fois s’il n’avait pas emmené à Grenoble Isabelle [de Campou] avec lui. Cette dernière a eu le plaisir d’embrasser sa sœur Marie [de Campou] au couvent où elle se trouve. Marie m’a écrit une charmante lettre. Elle parait se bien habituer aux habitude du couvent et désirer prendre l’habit de novice.
Les renseignements sur ton compte sont toujours très satisfaisants, ce qui me procure une vive joie. Tes très bien me rendent très content. Il est certain qu’en approchant de l’époque de ta première communion, tu dois te rendre toujours de plus en plus digne de cet acte si important dont tu ressentiras les effets toute ta vie si tu y apportes cet esprit de piété, de recueillement si agréable à Dieu. Est-ce que l’époque n’en est pas encore fixée, tu me la feras connaître quand tu la sauras. Ta mère [Louise d’Agnel de Bourbon] a le projet d’aller y assister, ce qui sera très agréable pour toi. Je me charge de te donner le livre de messe dans le même genre que celui que j’ai donné à Valentine [de Gaudemar]. Ta mère le portera en allant.
Tu sais que tes lettres me font bien plaisir. Je désire que tu les détailles bien et surtout que tu me parles de tes études, de tes places en composition. Mais comme il n’est pas juste que je fasse supporter ce plaisir à ta bourse, je t’envoie ci joint 10 timbres poste. Il y en a 5 pour toi et 5 que tu remettras à Valentine [de Gaudemar].
Nous allons tous bien. Berthe [Sallony] avait un été un peu indisposée à la suite d’un refroidissement mais elle est remise. Elle me charge, ainsi que tes tantes, de te faire leurs compliments.
Il parait qu’on vous a fait amuser pendant vos vacances de Pâques. Vos maîtresses sont si bonnes qu’elles s’ingénient pour trouver des moyens toujours nouveaux pour vous distraire. Il faut leur en témoigner votre reconnaissance en les bien contentant.
Ma chère Gabrielle [Gabrielle de Lubac], j’ai reçu ta lettre avec plaisir et les détails qu’elle renferme sur le grand congé que vous avez eu. Vos maîtresses s’efforcent de trouver les moyens de vous amuser, de vous être agréables. Il est juste que de votre côté vous cherchiez à leur être agréables à votre tour en étant bien obéissantes et bien appliquées. D’ailleurs en agissant ainsi vous travaillez plus pour vous autres que pour elles. J’ai lu ton bulletin qui est bon. J’y ai vu seulement avec étonnement son caractère a besoin d’être travaillé. Cela m’a étonné parce que je te croyais d’une douceur d’ange. Songe bien que la douceur doit être l’apanage des femmes. Tes succès dans les compositions m’ont fait grand plaisir. Je me glorifie un peu de ta place de première en arithmétique.
Lorsque tu m’écris, donne moi des nouvelles de Valentine [Valentine de Gaudemar]. Je la crois tout à fait rétablie et voilà le beau temps qui la consolidera dans le bien. Fais mes compliments à Isabelle de Campou et parle moi d’elle dans tes lettres. Quoique vous ne soyez pas dans la même classe vous devez vous voir souvent. Il parait que les visites de ton frère [Fernand de Lubac] sont devenues rares. Vous devez avoir été contentes de voir Raymond de Campou.
Il m’est bien agréable ma chère Gabrielle [Gabrielle de Lubac] en commençant une nouvelle année d’avoir à te féliciter sur es succès que tu obtiens au Sacré-Cœur. Ça m’est un sûr garant d’un avenir brillant pour tes études car cela me prouve que tu connais le prix d’une bonne éducation et que tu apprécie la bonté de l’établissement où on t’a placée. Continue ainsi ma chère petite et tu réaliseras les vœux que je forme pour ton bonheur qui partent d’un cœur qui t’aime bien. Te voilà avec le pied sur le premier degré des congrégations. J’espère que tu en monteras successivement l’échelle pour arriver avant la fin à être reçue enfant de Marie. J’ai eu le bonheur de voir mes quatre filles atteindre ce haut degré. J’espère bien que mes petites-filles me procureront cette douce jouissance.
Je regrette bien de ne pas pouvoir t’embrasser en te souhaitant le bonne année mais la distance est trop grande et la saison trop pénible pour pouvoir me procurer ce plaisir. Nous avons chargé Mad Massot1 qui doit aller voir son fils à Mongré de vous porter des bonbons. Peut-être le temps aura-t-il un peu contrarié son voyage. Vous nous direz s’ils vous sont parvenus. Quant à vos étrennes, nous les tenons à votre disposition. Vous nous marquerez ce que vous voulez en faire, soit que je vous les garde pour vous les remettre lorsque vous viendrez ici, soit que vous préfériez les toucher aux Anglais2 auquel cas j’autoriserai Mad l’économe de vous les remettre en les portant ensuite sur le compte. Tu as donc 20 f à toi dont 10 donnés par moi, 5 f par ta tante Sallony [Amélie d’Agnel de Bourbon] et 5 f par ta tante Caune [Honorine d’Agnel de Bourbon]. Je te remercie de ton exactitude à m’adresser ton compte de dépense de chaque mois. C’est le moyen de commencer de bonne heure à avoir de l’ordre. Or l’ordre est le principe des fortunes comme le désordre en est la ruine.
Tu as quelques fois le plaisir de voir ton frère [Fernand de Lubac], c’est bien agréable. Il parait qu’on est content de lui. Il a été 1er en version grecque sur 36 élèves, c’est bien joli.
Nous sommes au milieu de la neige. Ma chère Gabrielle, vous devez en avoir au moins autant aux Anglais. Garantis toi du froid, donne moi des nouvelles de ta santé et de celle de Valentine [Valentine de Gaudemar] et n’oublie pas tes places en composition.
Je t’embrasse de tout mon cœur en me disant ton bon grand-père Cte d’Agnel de Bourbon3
Ma chère Gabrielle [Gabrielle de Lubac], Je te remercie de l’intérêt que tu prends à ma fluxion. Elle a complètement disparue, mais elle m’a bien contrarié en m’empêchant de vous accompagner. J’aurais un peu consolé ta mère [Louise d’Agnel de Bourbon] au moment de se séparer de ses deux enfants. Heureusement, elle sent comme vous autres le prix d’une bonne éducation et elle sait faire le sacrifice de sa propre satisfaction dans votre intérêt. Je vois avec plaisir ma chère Gabrielle que toi aussi, après les premiers épanchements de tendresse, bien naturels pour une fille qui aime bien sa mère, tu vas te mettre au travail avec ardeur et profiter des bons conseils que tu recevras de tes excellentes maîtresses. Outre les avantages que tu en recueilleras, tu procureras de grandes satisfactions à tous tes parents. Tu sais que ton bon grand-père [Jean-Baptiste d’Agnel de Bourbon] n’est pas des derniers à s’intéresser à toi. Aussi ai-je été très content en connaissant les bonnes places que tu as eues dans les compositions, les très bien que tu as obtenus m’assurent que tu feras une bonne classe et que tu as envie d’arriver à la 1ère. dis moi combien vous êtes d’élèves dans votre classe.
Tu dois avoir vu ton frère [Fernand de Lubac], ce qui est très agréable pour tous les deux. Tu dois voir souvent ta cousine Valentine [Valentine de Gaudemar] qui étant plus ancienne doit te mettre au courant des habitudes de la maison. Isabelle de Campou doit aussi y contribuer. Fais lui mes compliments.
J’ai appris avec plaisir que ton pied allait être guéri, que l’ongle devait bientôt tomber mais qu’il ne te faisait plus mal. Tu ne tarderas pas alors à quitter l’infirmerie. Dans ta prochaine lettre, donne moi beaucoup de détails. Tu sais que je les aime, surtout lorsqu’ils concernent les personnes pour lesquelles je conserve un vive affection. C’est dans cette espérance que je te quitte, mais auparavant je t’envoie une bonne caresse de ton bon grand-père Cte [Jean-Baptiste] d’Agnel de Bourbon
Louis de Raphélis-Soissan1 naît le jeudi 4 mars 1852 au domicile familial rue de l’Évêché à Cavaillon (84). Il est fils posthume, son père Charles, étant décédé le 28 novembre 1851 à Hyères. Sa mère est Louise de Seytres-Caumont.
Il est le dernier de la fratrie, sur ses sept frères et sœurs, trois seulement arriveront à l’age adulte : Edgard, Casimir et Maurice.
1859 – Casimir, Louis, Louise (née de Seytres-Caumont), Maurice et Edgar de Raphélis-Soissan – Collection Michel de Raphélis-Soissan
Il a pour oncles et tantes, du côté Raphélis-Soissan : Maurice (1803-1876), père Jésuite à Lyon et à Aix, Antoinette (1806-1874) mariée à Jules Reinaud de Fonvert, Eugénie (1807-1867), mariée à Valère Martin, Léon (1809-1876), célibataire qui boutonnait sa veste de travers, Françoise (Fanny) (1809-1871) et Iphigénie (1815-1883), religieuse du Sacré-Cœur à Aix. Et du côté Seytres-Caumont : Pauline (1812-1870) mariée à Gustave de Laborde et Marianne (1820-1890) mariée à Gabriel de Laborde.
A douze ans, il perd sa mère. Son oncle Valère Martin est son tuteur.
A treize ans, il attrape une mauvaise bronchite. Son frère Edgard le soigne avec beaucoup de dévoiement. Il guérit mais Edgard est à son tour contaminé et décède le 12 décembre 1865.
Etudes
Il fait ses études au collège des Jésuites d’Avignon d’où il est renvoyé.
Il va ensuite à Mongré, à Villefranche-sur-Saône, où il ne semble pas rester longtemps mais noue des amitiés durables.
On le retrouve en 1869 au collège Saint Joseph de Poitiers où, d’après la lettre suivante, il est rapidement renvoyé :
Merci de votre complaisance, mon pauvre de Raffélis, et je suis bien aise d’avoir de vos nouvelles, car j’étais dans l’anxiété, je questionnais tous mes élèves pour savoir où vous pouviez être passé et personne n’en savait rien. En arrivant le matin de votre départ, Lemaitre me dit : « Ah! Mr Seghers, je pense bien que vous ne reverrez plus de Raffélis, il a eu des affaires avec le f…. de Briey et il est enfermé » mais personne ne connaissait la vraie cause. Le jour de votre départ, qui n’a été connu que le mercredi, les grands étaient en révolution et pendant les récréations j’ai vu qu’il y avait des sentinelles dans tous les coins, entr’autres de la couture (?). Vous voyez que j’avais raison de vous dire de prendre garde. Hier et aujourd’hui j’ai dit à mes élèves et à quelques autres que vous leur disiez bien des choses aimables, que vous étiez chez vous et que vous iriez à Lyon pour vous préparer au bachot. J’ai fait votre commission pour votre musique.
Un jeune zouave (pontifical), revenu de Rome, vient d’entrer en Rhétorique, II a 20 ans et se nomme je crois de Lescene ; rien de nouveau à Poitiers. J’ai reçu votre lettre dimanche matin et les graines le soir, merci, merci mille fois mon ami, et si je ne craignais pas d’abuser de votre complaisance je vous demanderais de m’envoyer, non pas des melons, mais seulement des graines de différentes espèces. Je voudrais aussi que vous m’indiquiez à quelle époque on doit semer et récolter les blancs d’Espagne. Je vous envoie mon portrait, puisse cette faible image vous rappeler combien l’original vous aime pour votre franchise, votre complaisance et surtout votre bon cœur. (Poitiers le 23 novembre 1869 signé Vital Seghers).
Une autre lettre datée du 3 décembre 1869 donne quelques indications complémentaires sur le motif du renvoi :
…Allons, mon cher Louis, vous n’oublierez pas Saint Joseph, quand même, n’est ce pas ? Il est de ces fautes qui forcent les supérieurs à prendre des mesures bien graves et qui, cependant, n’impriment aucune trace sur le front de celui qui en a été la malheureuse victime. Un coup de tête, une parole d’un diapason discordant, échappent bien vite à un enfant du Midi. La tête ne consulte pas toujours le cœur… (A. Augzy).
Le jeune Louis qui a 17 ans doit se mettre à la recherche d’un gîte et d’une « boite » (à bachot) et il reçoit notamment les renseignements suivants :
« Si tu veux travailler, je te conseille de te mettre chez M. le Commandant d’artillerie Favre. C’est un homme supérieur pour les sciences et il te trouvera un répétiteur pour les lettres. Tu seras chez ce monsieur en famille tout à fait. Tu seras libre : seulement tu ne pourras pas sortir la nuit. Il renvoya un jeune homme de chez lui parce qu’il ne faisait rien et avait découché. A mon avis tu serais mieux là que partout ailleurs, seulement il faudrait te conduire dignement. Tu lui demanderais franchement d’aller au théâtre que, je le crois, il ne te refuserait pas. […] Ce Monsieur habite rue Vaubecour 42 ou 41 [Lyon]. Le prix est de 200 francs par mois. D’ailleurs dans toutes les boites c’est le tarif. Je ne te parle pas de l’institution Chevalier où un jeune homme qui se respecte ne devrait pas mettre les pieds. On n’y fait rien, la nourriture est mauvaise, la jeunesse mal élevée et le prix est de 200 francs. […]
Pour moi voici ce que je te conseillerai. Prendre une chambre en ville, puis aller chez le commandant et prendre des répétitions de sciences, et chez M. Domeck des répétitions de lettres. M. Domeck, rue (tu sais où j’habitais) n°5…. Tu serais de cette façon chez toi. Pour 100 francs tu trouveras parfaitement à te caser, 25 francs la chambre, 85 à 90 francs pour la nourriture, il te resterait 100 francs pour tes répétitions ce qui serait très suffisant. De plus je vais te donner un bout d’écrit que tu montreras à Henry Orsel qui se mettra à ta disposition pour t’aider à trouver ce que tu désireras. » (Villefranche 20/11/1869 signé Louis).
Louis rejoint l’institution Maréchal à Lyon, qu’il quitte mi-février 1870 !
De nombreuses lettres de remontrance envoyées par son tuteur Valère Martin à Louis témoignent des difficultés que ce dernier a pour boucler ses fins de mois.
Cavaillon 2/02/1870 : Je t’envoie, mon cher Louis, suivant tes vœux finement exprimés, 250 frs, c’est à dire 50 frs de plus que les conventions. Il faut bien que tu puisses bourrer ta pipe ! Et toutefois je ne sais comment nous ferons pour arriver à la fin de l’année…
Cavaillon 17/02/1870 : J’ai reçu avant hier une lettre de Mr Maréchal m’annonçant ton congé accompagné d’un compte de 270,75 frs. Je n’ai pas de réflexions à faire sur cet état de chose malheureux. J’attends des explications promptes sur ce qui se passe. J’espère que tu n’as pas perdu un moment pour te caser ailleurs. Mais dois-je payer ?
Cavaillon 30/04/1870 : Tu as tort de supposer que je vais te sermonner en recevant ta demande de 300 frs. Je t’ai déjà dit la dessus ce que je devais te dire, à savoir que tes dépenses excédaient tes revenus et qu’il était urgent de mettre fin le plus rapidement possible à ce système…
Cavaillon 12/07/1870 : …Le conseil de famille ne m’autorise pas à payer les dettes que tu as faites, si ce n’est au moyen de tes revenus. Or la caisse de la tutelle est vide et elle le sera pendant quelque temps encore. Voilà ce que tu ignorais et que j’ai hâte de t’apprendre. Je t’engage à en informer tes créanciers immédiatement. lis se convaincront que tu étais de la meilleur foi du monde en leur promettant de les payer sous brefs délais…
Cavaillon 24/08/1870 : … Le succès m’aurait fait absoudre… Nous n’avons aucune nouvelle de Casimir… nous attendons toujours avec la plus grande inquiétude.
Il semble cependant que Louis ait une fortune « considérable » comme l’écrit un de ses amis dans une lettre, mais constituée essentiellement de biens fonciers souvent en indivision avec ses frères et ses cousins de Laborde-Caumont. Ces biens venaient principalement de Louise de Seytres-Caumont.
A 17 ou 18 ans il se plaint à plusieurs reprises de ne pas obtenir de son oncle et tuteur de comptes précis, mais ce dernier pour faire face aux échéances de ses neveux paie parfois pour l’un avec l’argent d’un autre, et il n’a pas le temps de rendre de comptes précis.
Ainsi, dès son adolescence, Louis doit-il se préoccuper de questions d’argent en ayant le sentiment, à tort ou à raison, d’être grugé. Par exemple, en 1872 au moment où il obtient ses comptes de tutelle, il découvre les La Borde n’ont jamais payé les intérêts qu’ils lui devaient : « S’il n’y a rien dans ma gestion touchant les intérêts des La Borde, c’est que je n’ai rien reçu. Ce qui a pu me faire un moment illusion, c’est probablement tout ce que j’ai fait pour aboutir. Mais aujourd’hui que je rappelle mes souvenirs sur ce sujet, je reconnais que mes démarches ont toujours été infructueuses. » (Lettre de Valère Martin du 18 juin 1872). A la demande de Louis, voici ce que répond Pauline de La Borde : « Malgré toutes nos recherches il nous a été impossible de vendre encore [notre foin], les courtiers avec qui nous traitons ordinairement n’ont pas de demande ce qui les force eux aussi d’attendre pour acheter. Nous sommes donc bien peinés de ne pouvoir envoyer les intérêts que tu nous demandes pour ce mois-ci » (Lettre de Pauline de La Borde du 13 juillet 1872). A des demandes d’explications, Valère Martin répond : « Si toutes tes objurgations étaient justes, ma conduite friserait presque l’indélicatesse.Fort heureusement pour moi, il n’en est point ainsi comme je te le prouverais ici par des chiffres et par l’examen de mes comptes si j’en avais le loisir. Or c’est ce qui me manque. » (Lettre de Valère Martin du 19 juillet 1872). Et cinq ans plus tard « J’aurais voulu pouvoir joindre à ce courrier les comptes que vous me demandez. Non seulement il me plait de régler, mais j’en suis même furieusement désireux, comme Louis le sait. Toutefois, la copie de tous ces comptes exigent peut-être plusieurs jours… » (Lettre de Valère Martin du 3 août 1877). Et, comme les affaires de famille sont souvent embrouillées en raison de l’existence de biens en indivision, de prêts entre oncles et neveux ou entre cousins…, il est amené en plusieurs occasions tout au long de sa vie à s’opposer assez vivement à d’autres membres de la famille, voire à aller en justice.
Il y avait d’abord la dette contractée par un cousin de Laborde à qui Louise de Seytres-Caumont, mère de Louis, avait prêté une somme peu avant son décès et qui écrivait du mas d’lcard le 02/07/1872 : Je comprends à merveille que vous désiriez ainsi que Maurice et les autres représentants de votre chère mère toucher le plus tôt possible les 5.000 frs qu’elle m’avait prêtés ainsi que les intérêts échus jusqu’à ce jour. Sans la solidarité qui vous lie et que vous m’avez signalée dans votre précédente lettre, il m’eut été plus facile de vous désintéresser successivement, les uns après les autres. Mais puisque, d’après vous, les termes de votre acte de partage s’y opposent, votre tante et moi ne négligerons rien à dater de ce jour pour nous conformer le plus tôt possible à vos désirs. Je vous remercie infiniment de tous les bons procédés, ainsi que des témoignages d’affection dont vous usez envers nous en cette circonstance. Mais je vous prierai de nous aider de votre coté à réaliser toutes nos ressources disponibles en envoyant sans retard au notaire de Caumont les procurations indispensables pour retirer les revenus accumulés entre les mains des accapareurs des îles de Caumont. J’ai fait en particulier de grands sacrifices pour devenir avec vous les propriétaires de ces îles et de leurs revenus et c’est bien le moins que nous nous entendions tous pour profiter après 12 ans de cette coûteuse victoire… J’ai eu de vos nouvelles il y a quelque temps, on m’a dit que vous étiez resplendissant de santé.
Et une nouvelle lettre était datée du 17/07/1872 : … Je réponds à ta lettre. Même avant de l’avoir reçue, nous avons cherché activement à vendre le foin afin de satisfaire ta demande fort juste, surtout dans les circonstances où vous vous trouvez. Malgré toutes nos recherches il nous a été impossible de vendre encore, les courtiers avec qui nous traitons ordinairement n’ont pas de demande, ce qui les force, eux aussi, à attendre pour acheter. Nous sommes bien peinés de ne pouvoir envoyer les intérêts que tu nous demande pour ce mois-ci. C’est je t’assure un grand regret pour nous de n’être pas en mesure de le faire malgré notre désir et nos efforts. Tu ne dois pas douter du plaisir que nous aurions à vous être agréable et nous ne pouvons, ton oncle et moi que vous remercier tous les trois des facilités que vous nous donnez… etc… etc.
Succession de Casimir
Le 28 juillet 1870, Casimir de Raphélis-Soissan rédige son testament et institue pour héritiers ses deux frères Maurice et Louis, et sa cousine et fiancée Louise de Fonvert. Le 7 août 1870, Casimir est tué à la bataille Froeschwiller (près de Reichshoffen).
Les droits de successions doivent être payés avant fin décembre 1872 à Cavaillon (3.232,56 francs) et à Orgon (3.988,45 francs). Il est convenu avec Maurice et oncle Jules de Fonvert que Louis paie la totalité des droits et sera remboursé ensuite. Pour cela, Louis emprunte 3.000 francs à son oncle Valère Martin et paie les droits. N’ayant pas été remboursé, Louis intente un procès à Louise de Fontvert, mariée entre temps à Alexis de Boudard. Les Boudard affirment avoir remboursé Maurice, chargé de la succession, et Louis est débouté et condamné aux dépens.
Mariages
Sans doute par l’intermédiaire de son frère Maurice et de sa cousine Léontine de Fonvert, épouse de Maurice, il fait la connaissance de Claire de Fonvert. Léontine fait des vœux « pour la réussite de ses affaires de cœur ».
Le 17 mars 1873, à 21 ans, il épouse Claire Reinaud de Fonvert. Le contrat de mariage est signé le 16 mars 1873, les époux adoptent le régime de la communauté, Louis apporte un domaine rural à Orgon d’une valeur de 100.000 francs et Claire apporte diverses terres sur Saint-Tropez et Gassin, dont Malleribes, et des créances pour une valeur totale de 51.521 francs.
Ils ont un fils, Charles de Raphélis-Soissan, né le 29 décembre 1873 et décédé le lundi 25 avril 1904 à Saint Tropez à l’âge de 29 ans.
Claire Reinaud de Fontvert et Louis de Raphélis-Soissan en 1873
Le 4 janvier 1874, huit jours après la naissance de Charles, Claire décède à Saint Tropez.
Le 29 août 1876, Louis épouse en secondes noces Gabrielle Gérard de Lubac, née le jeudi 15 mai 1856 à Apt (84), deuxième enfant de Eugène Gérard de Lubac et de Claire d’Agnel de Bourbon. Le contrat de mariage est signé le 27 août 1876, les époux adoptent le régime dotal et Gabrielle apporte une dot de 31.000 francs.
De ce second mariage naissent trois enfants :
Louis de Raphélis-Soissan, né le mercredi 7 août 1878 et décédé le samedi 11février 1950 à Marseille à l’âge de 71 ans.
Gabrielle de Raphélis-Soissan, née le dimanche 23 novembre 1879 et décédée en janvier 1978 à Aubagne à l’âge de 98 ans.
Jean de Raphélis-Soissan, né le vendredi 30 juin 1893 à Marseille (13) et décédé à Paris le 28 novembre 1984, à l’âge de 91 ans.
« Papa était le plus jeune de nous tous » diront ses enfants. En fait il a une bonne carrure à en juger par un de ses costumes retrouvé récemment.
Louis de Raphélis-Soissan (1852-1918)
C’est un bon vivant qui aimait plaisanter, « chahuter » quand il est adolescent (« de Soissan prenez la porte ! » lui dit un professeur et Louis d’enlever la porte de ses gonds), ce qui explique ses nombreux renvois de collèges.
Il aime la chasse, la bonne chair, le verre d’absinthe pour terminer l’après-midi… Sa nature généreuse le prédispose à l’emportement, défaut contre lequel son oncle Maurice, Jésuite, le met en garde à plusieurs reprises, en vain. « Tête chaude mais bon cœur » disent de lui ses éducateurs. Au cours de ses colères il lui arrive de casser son assiette lorsqu’il est à table ce qui provoque les pleurs de sa première épouse, la fragile Claire Reinaud de Fonvert. Il refait le coup avec sa seconde femme, Gabrielle de Lubac, qui cependant ne se laisse pas impressionner et casse elle-même le reste de la vaisselle à la stupéfaction de son mari qui lui en gardera une profonde admiration.
Société du Fendeck
Le ménage de Louis et de Gabrielle part assez vite en Algérie puisque le 3 août 1877 l’oncle Valère Martin adresse là-bas une lettre à sa nièce.
Une concession avait été accordée en 1857 à la Société du Fendeck pour la mise en état et l’exploitation d’une forêt de chênes liège de 20.840 hectares. Elle était située dans le Constantinois au nord de Jemmapes, nom d’une bourgade créée au moment de la colonisation à 31 km de Skidda qui s’appelait alors Philippeville. C’était un massif (djebel Filfilah) de moyenne montagne qui s’étendait jusqu’à la mer.
Jean-Baptiste d’Agnel de Bourbon, grand-père de Gabrielle, avait pris des parts dans cette société.
Pendant les dix premières années de celle concession il avait fallu débroussailler, créer des chemins, construire des maisons, des hangars et des postes de garde et démascler les chênes, opération qui consiste à enlever la première écorce qui ne vaut rien. Le 18 juillet 1861 le gouverneur général d’Algérie avait adressé un témoignage de satisfaction pour l’œuvre accomplie.
Mais en 1863, 1864, 1865 et 1871 de terribles incendies criminels anéantirent une partie de la concession et la Société du Fendeck demanda à être indemnisée et exonérée du paiement des redevances. Elle n’obtint satisfaction que très partiellement.
En 1872 cependant, la production de liège avait atteint presque 305 tonnes. C’était l’époque où la colonisation du Constantinois prenait forme, grâce en particulier à l’arrivée de nombreuses familles d’Alsace-Lorraine ainsi que le rapporte un journal d’alors : Il ne paraît pas que les Alsaciens s’habituent au joug prussien, puisque l’émigration continue sans interruption et persiste à se diriger même sur l’Algérie, où de longues misères attendent les nouveaux colons… Onze familles d’immigrants sont installées (près de Jemmapes) dans des gourbis en pierre et en maçonnerie de terre sèche, recouverts de tulles rouges… Une famille est très pauvre, mais elle travaille ferme. Elle se compose de quatorze personnes, le père, la mère, et douze enfants dont l’aîné a vingt-trois ans et le plus jeune est un nourrisson. L’Algérie était peu peuplée à cette époque et les colons ont mis en valeur des terres qui auparavant étaient peu ou mal exploitées.
C’est dans ce pays de pionniers que débarque Louis de Raphélis-Soissan pour prendre la gérance de la Société du Fendeck. Il s’y plaît beaucoup.
Bon fusil et bon cavalier, il est aimé et respecté de ses contremaîtres et ouvriers arabes.
Marseille
Il rentre en France aux alentours des années 1890, ses enfants, Louis et Gabrielle, supportant mal le climat.
Chalet Saint Georges à Saint Just, Marseille
Louis de Raphélis-Soissan (1852-1918) – Chalet Saint Just à Marseille
Pierre Ménard, Gabrielle de Raphélis-Soissan, Gabrielle de Lubac, Louis de Raphélis-Soissan, Amélie Ménard, Charles de Raphélis-Soissan, sur la terrasse du chalet Saint Georges à Saint Just, Marseille
Gabrielle de Raphélis-Soissan, Amélie Ménard, Louis de Raphélis-Soissan et Gabrielle de Lubac au chalet Saint Georges à Saint Just, Marseille
Il s’installe alors à Marseille, au chalet Saint Georges à Saint Just, Marseille, un bien de Gabrielle de Lubac. Il travaille comme agent d’assurance de compagnies anglaises. Très ponctuel, il arrive à son bureau en même temps que ses employés le matin et lorsqu’il aura son fils Jean comme stagiaire, il ne tolérera pas ses retards. En revanche il quitte son travail assez tôt l’après-midi et a l’habitude de retrouver au café des collègues avec qui il joue aux cartes en buvant de l’absinthe.
Il meurt à Marseille le 23 décembre 1918.
Notes et références
Charles de Raphélis-Soissan, Histoire et généalogie de la famille de Raphélis-Soissan et des familles alliées, inédit. ↩