1801 – Réquisition du Saint Antoine de Padoue affrété par Jean Abeille

Jean Joseph André Abeille
Jean Joseph André Abeille
Collection Christine Grosse Ladevie

Le 2 mars 1801, Jean Abeille affrète le brigantin Saint Antoine de Padoue pour aller à Carthagène charger des soudes et ouvrages de sparteries et revenir à Marseille.

A Carthagène, le consul de France réquisitionne le navire pour transporter des canons en Égypte où, après le départ de Bonaparte et l’assassinat de Kléber, le général Menou est en difficulté. Le Saint Antoine de Padoue deviendra la proie d’un corsaire anglais.

Madame Lion, correspondante de Jean Abeille à Carthagène, doit affréter le seul navire disponible, l’espagnol Le Vigilant (coût : 5,851 francs) et y transborder ses marchandises (coût : 857 francs 18 ct). Le Vigilant prend son temps pour aller à Marseille et arrive en juin 1801 – prairial an IX.

Inlassablement, Jean Abeille demandera à être indemnisé de ces pertes. Il demandera de plus à être indemnisé des variations de prix car il a payé un fret de guerre de 12 fr. par quintal de soude lorsque le prix de paix est de 10 à 15 sous, et alors qu’il aurait du vendre les soudes 50 fr. il n’a pu les vendre que 20 fr. en raison de la chute des prix que le retard de livraison lui a fait subir, chute des prix dues aux négociations de paix avec l’Angleterre et au traité d’Amiens  (coût : 26,400 francs)1.

Ce n’est qu’en 18182 que le gouvernement acceptera d’indemniser les deux premières demandes (6,708 francs 18 ct) mais en déduisant un impôt de 3% pour les invalides, en convertissant le capital en rente à un taux désavantageux et ne payant pas la rente pour les années 1801 à 1818.

Sources et références

Sources

Références

  1. En Égypte, le général Menou capitule le 31 août 1801 et le traité d’Amiens est signé le 28 mars 1802 : En juin 1801 il n’y a aucun signe de paix entre la France et l’Angleterre.
  2. Lors du siège de Toulon en 1793, Jean Abeille (et Laurent Caire) avait soutenu les royalistes et les troupes anglaises contre l’assaut des armées républicaines conduites par Bonaparte. Pour cette demande d’indemnités, cela n’a pas joué en sa faveur pendant la République et l’Empire mais à la Restauration, il saura le rappeler !

27 août 1794 : Saisie des biens de Jean Abeille

Jean Joseph André Abeille
Collection Christine Grosse Ladevie

ÉGALITÉ, LIBERTÉ.
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS.
Les représentants du peuple, députés de la Convention nationale dans les départements méridionaux,
Aux membres composant le Directoire du département des Bouches-du-Rhône.

Les nommées Abeille1, américain, J. Labat et J. Césan, qui se trouvent maintenant à bord de l’escadre anglaise, en qualité de députés des sections de Marseille, se sont chargés de l’infâme mission, auprès de l’amiral Hood, de livrer la ville de Marseille aux anglais. La Convention nationale va faire justice de ces monstres ; mais en attendant, il est des mesures urgentes qu’il importe de prendre. En conséquence nous vous ordonnons de faire arrêter sur le champ les familles desdits Abeille, J. Labat et J. Césan, d’apposer les scellés à leurs maisons et magasins ; en un mot de mettre provisoirement toutes leurs propriétés sous la main de la nation.

Fait à Marseille, le 27 août, l’an second de la république française.

Signé Salicetti, Escudier, Gasparin, Albitte. Le secrétaire de la commission, Signé Bouchet.

Sources et références

Sources

Références

  1. Les deux frères Abeille possédaient à Saint Domingue, en maisons, en terre, et en douze cent milliers de denrées coloniales, telles que sucre et café disponibles, une fortune au moins de trois millions de francs, lorsque la colonie a été foudroyée par le décret fameux de la Convention

Jean Bruno et le déménagement furtif du château de Toudon

Jean Bruno et Catherine Audoly

Jean Bruno nait vers 1561. Son père est Honoré Bruno. Il épouse Catherine Audoly, de Massouins et ils ont au moins quatre enfants dont notre aïeul Pierre Bruni.

Jean Bruno travaille d’abord pour Madame de Beuil, chargé du blé et du vin, puis pour son fils, Annibal Grimaldi, comte de Beuil. Jusqu’en 1614, Jean Bruno est majordome et dépensier pour le pain et le vin au château de Toudon.

Déménagement du château de Toudon

Plan du château de Toudon où Jean Bruno était majordome
Château de Toudon – Source : Nice historique, page 186 du n°4 de 1994 – Cliché Chomon Perino

En 1614, le duc de Savoie, excédé par l’insoumission de son vassal Annibal Grimaldi, comte de Beuil, exigea qu’il lui livre les châteaux-forts de Toudon et d’Ascros.

Avant de livrer son château de Toudon, le comte de Beuil en fit secrètement déménager les meubles et effets.

En 1621, poussé à bout par les intrigues du comte de Beuil, le duc de Savoie le fait condamner à mort. Toudon échoit au marquis de Dogliani qui trouve le château de Toudon dégarni et ouvre une enquête pour retrouver ses meubles.

Le 30 avril 1421, les enquêteurs se rendent chez le principal suspect, Jean Bruno. De l’interrogatoire de 20 personnes, il ressort qu’en 1614, Jean-Antoine Audoly, beau-frère de Jean Bruno et homme de confiance du comte de Beuil, est venu payer des habitants et des soldats du château pour déménager les meubles et les dissimuler chez eux avant qu’ils ne soient transférés à Villars.

Notes et références

Notes

En 1621, la langue utilisée à Toudon était l’italien. Le nom propre Bruno s’écrivait Bruno au singulier masculin, Bruni au pluriel ou Bruna au singulier féminin.

De l’interrogatoire de 1621, on peut tenter de compléter la généalogie établie par le docteur A. Barety en 19081 et complétée par le comte de Gérin Ricard en 19182 :

  • Jean Bruno est fils de Honoré
  • Jean-Antoine Audoly est le frère de Catherine Audoly, femme de Jean Bruno
  • Jean-Louis, noble de Revest, déclare que Jean Bruno est son beau-père : Jean Bruno a du avoir au moins une fille
  • Jacques Bruno dit être frère de Jean Bruno…

Références

Évariste Chancel candidat député aux élections du 20 février 1876

Voir Archives du chalet - Une famille briançonnaise - Les Chancel (1837-1907) - Françoise Guillemot, pages 125 à 128.

Maurice de Raphélis-Soissan (1849-1936)

Enfance

Maurice de Raphélis-Soissan (1849-1936), zouave pontifical

Maurice nait le 21 décembre 1848 au domicile de ses parents, rue de l’Évêché à Cavaillon. Il est le septième enfant de Charles de Raphélis-Soissan et Louise de Seytres-Caumont.

A la suite de ses frères Edgar et Casimir, Maurice comme zouave pontifical du 9 novembre 1867 au 9 novembre 18681.

Le 22 octobre 1870, il épouse sa cousine germaine Léontine Reinaud de Fontvert. Nota : Léontine est :

  • la sœur de Louise Reinaud de Fontvert qui avait été fiancée à Casimir de Raphélis-Soissan,
  • la cousine de Claire Reinaud de Fontvert qui épousera Louis de Raphélis-Soissan.

Maurice et Léontine ont de nombreux enfants mais ils ne peuvent doter leurs filles qui resteront célibataires, à l’exception d’une qui n’eut pas d’enfant.

Studio de photographie

Maurice se lance dans la photographie et achète le studio Waléry, 14 boulevard du Musée à Marseille, au comte Stanislas Julien Ostrorog. Pour cela il cède sa propriété du Château Vert à Cavaillon2.

Il semble qu’il ne pas gère d’assez près son affaire. On lui reproche par ailleurs son train de vie excessif.

Son épouse écrit : « Ce cher petit Maurice qui, soit dit entre nous, est le plus grand paresseux qui ait paru sous le soleil depuis que Dieu a tiré l’homme du néant… »

Et sa belle-mère et tante, Antoinette, s’inquiète : « Maurice est ici depuis hier. Il est arrivé avec la voiture neuve et deux chevaux. Folie à mon avis… de ses avances pour la photographie et l’enfant, et la nourrice et la femme de chambre qui va arriver, surcroît de dépenses, c’est leur affaire… » (lettre du 8 janvier 1872).

L’oncle Valère Martin vient pour un enterrement à Aix. Il comptait en repartir immédiatement et il explique : « Malgré mes remontrances, j’ai été jeté, pieds et poings liés, dans la voiture de Maurice et conduit par deux beaux chevaux à Marseille… avec le projet d’en revenir le soir. Ah! bien oui ! J’ai eu beau crier miséricorde, il m’a fallu poser, bon gré, mal gré, sans préparation ; aussi ma coquetterie boudant aurai-je l’air d’un vieux grognard et d’un vieux grognon. » (lettre du 6 février 1872).

Au cours de l’été 1872, Louis apprend que Maurice est plongé jusqu’au cou dans les affaires de photographie.

Maurice de Raphélis-Soissan voit son affaire péricliter. Non seulement il s’endette à titre personnel, mais il engage aussi les biens en indivision entre lui-même, son frère Louis et sa cousine Louise de Fontvert, épouse d’Alexis de Boudard. En fin 1875 Maurice est dans une situation des plus critiques. Il doit 15.000 franc au comte Stanislas Julien Ostrorog. Pour le rembourser il demande à Louis de lui avancer les fonds. Mais Louis ne les a pas et doit s’endetter personnellement pour aider son frère.

Son fils Casimir nait le 12 octobre 1878 à Arcachon où il est domicilié 253 boulevard de la Plage et se déclare rentier.

Sa fille Geneviève nait le 5 novembre 1879 à Arcachon où il est domicilié 6 boulevard de l’Océan et se déclare propriétaire.

Notes et références

Notes

Références

Jeunesse d’Henri Caire

Enfance d’Henri Caire au boulevard Périer

Adolphe et Berthe Caire habitaient un bel hôtel particulier au 14 bd Périer à Marseille, avec tennis et billard (qu’Henri a emporté à Freycinet). Mais après le décès de Berthe en 1895, il ne faisait pas vraiment bon y vivre. A la suite d’une hépatite aiguë, Adolphe Caire avait du quitter la marine après trois ans de service et passait le plus clair de son temps dans un fauteuil. Quand il entendait rire Marguerite, Henri et Amélie (future madame Émile Saint Rémy Pélissier) ses enfants, il s’écriait : « Votre mère et décédée, ne l’oubliez pas ! »

Famille Caire dans le jardin du boulevard Périer
Collection Bernard Caire

Henri Caire et Raymond Giraud pratiquent l’aviron

Après son bac, Henri Caire suivit des cours de droit et se lia d’amitié avec Raymond Giraud avec qui il partageait un cabanon sur la corniche, au vallon des Auffes, et pratiquait l’aviron.

Claire Giraud amoureuse d’Henri Caire

Claire Giraud, sœur de Raymond, en pinçait pour Henri Caire. Mais celui-ci ne l’appréciait pas beaucoup et elle épousa Pierre Massot (frère de Marie Massot, grand-mère de Charles de Raphélis-Soissan). Pierre Massot était connu de tout Marseille pour son charme, ses conquêtes galantes, sa fortune et sa présidence de la société hippique de Marseille. Henri Caire disait d’eux : « Ce coquin de Pierre et cette peste de Claire ! »

Claire avait la rancune tenace : Quand Charles de Raphélis-Soissan et Mireille Caire se sont mariés, ils ont invités Pierre et Claire Massot. Pierre est venu mais Claire s’est abstenue. Après le décès de Pierre, il y eut, parait-il, un souvenir pour chacun de ses neveux sauf pour Charles de Raphélis-Soissan !

Les Massot avaient un mas de plusieurs centaines d’hectares à Entressens en Camargue. Comme Pierre et Claire Massot n’ont pas eu d’enfant, à leur décès chacun de leurs neveux hérita d’une part d’indivision. En guise de revenus, Charles et Mireille de Raphélis-Soissan ont reçu une année une dinde et une autre année un carnet de timbres !

Notes et Références

Récit de Mireille Caire

Henri Caire achète sa première voiture et reçoit sa première contravention

Achat d’une De Dion-Bouton

En 1906, Henri Caire a 21 ans. Son père Adolphe est d’accord pour acheter une voiture. Henri sait déjà conduire et adore mettre son nez dans les moteurs et cela facilitera les voyages au Vernègues.

Le permis de conduire ne pose pas de problème : il est délivré par l’Automobile Club marseillais et Henri en connait les membres.

C’est Henri qui choisit la voiture et Adolphe, sans réfléchir davantage, achète la de Dion-Bouton à son nom.

Voilà Henri tout faraud qui se met à circuler en ville avec ses amis. Las, les règlement sont les règlements et la voiture à l’époque est considérée comme dangereuse en ville et la vitesse est limitée.

Première contravention

La semaine n’est pas terminée qu’Henri reçoit sa première contravention et parution au tribunal. Mais la voiture étant au nom d’Adolphe, c’est lui qui se voit condamné à un jour de prison !

Adolphe se précipite donc au tribunal : « Monsieur le juge, je suis juge au tribunal de commerce. Comment voulez-vous que j’aille en prison ? » Le juge est très compréhensif et Adolphe met immédiatement la voiture au nom de son fils Henri.

Henri Caire n’a jamais dit s’il avait eu d’autres contraventions !

Notes et références

Souvenirs de Mireille Caire

Casimir de Raphélis-Soissan (1848-1870)

Casimir de Raphélis-Soissan fait l’école Saint Cyr, en sort sous-lieutenant et est tué à 22 ans à Reischoffen.

Enfance

Casimir de Raphélis-Soissan nait le lundi 28 février 1848 au domicile de ses parents, rue de l’Évêché à Cavaillon. Casimir est le sixième enfant de Charles de Raphélis-Soissan et Louise de Seytres-Caumont.

Il est élève des jésuites aux collèges Saint-Joseph d’Avignon de 1857 à 1864, de Saint-Michel à Saint-Étienne de 1864 à 1866 et de Saint-Clément à Metz de 1866 à 1867. A le suite de son frère Edgar, il s’engage dans les zouaves pontificaux en novembre 1867, mais il arrive trop tard pour participer à la victoire de Mentana. Le 3 novembre 1867 en effet, les armées franco-pontificales y battent les troupes de Garibaldi. Il rentre peu après en France, appelé par des affaires de famille, comme il l’écrit à un ami.

Monte Retondo le 14/01/1868

Mon bon et cher Poisat, La mort de mon tuteur est venue me surprendre; elle me laisse pour dernier appui à mon plus jeune frère [Louis de Raphélis-Soissan] qui se trouve ainsi dans un cruel isolement. Les affaires qui vont être discutées demandent ma présence à Avignon. Si j’étais fils unique, je pourrais après un arrangement quelconque repartir pour Rome. Mais mon frère me retient, personne n’étant là pour remplacer le tuteur qu’il vient de perdre.

Je vais donc retourner à St Clément et tâcher de me faire recevoir à St Cyr. »

Il entre à Saint-Cyr en octobre 1867, en sort sous-lieutenant en juillet 1870.

Fiançailles

Dans une lettre non datée Louise de Fontvert, fille de Jules et d’Antoinette de Raphélis-soissan et sœur de Léontine, annonce à son cousin Louis ses fiançailles avec son frète Casimir, lettre non datée mais sans doute du printemps 1870 :

« Léontine m’a remis ta lettre, mon cher Louis, j’y réponds le plus tôt possible et je suis heureuse de t’annoncer la grande nouvelle; tu vois ce dont je veux parler.

Oui ! mon cher Louis je viens aujourd’hui te dite que dans peu de mois je devrai t’appeler mon frère… Casimir doit te parler de notre mariage… Ta cousine et sœur Louise. »

Le 15/07/1870 Casimir écrit à son frère Louis qu’il sort de Saint-Cyr après avoir été nommé officier et qu’il doit rejoindre immédiatement son régiment, le 99ème de ligne.

Mort à Reischoffen le 6 août 1870

La bataille de Reichshoffen, 6 août 1870, par Aimé Morot

Le 6 août 1870 Casimir est engagé avec son régiment dans la bataille de Froeschwiller-Reischoffen dans les circonstances suivantes :

Les 99ème et 47ème de ligne (4 bataillons au total) fait partie de la deuxième brigade (général Maire) de la 1ère division du VIIème Corps d’Armée qui depuis le début de la bataille engagée dès l’aube reste en réserve. Au début de l’après-midi elle mène une contre attaque, la dernière.

« Aussitôt que la masse des quatre bataillons apparaît sur la crête, elle est accueillie par une grêle de balles et d’obus. Maire fait battre la charge. Aussitôt ses hommes se précipitent à la baïonnette, mais le général tombe, mortellement blessé. L’ennemi est rejeté dans les vergers et les vignes aux abords de Woerth.

Même les prussiens qui occupent le calvaire refluent sur le bourg. Mais devant Woerth tout change. Les batteries ennemies ouvrent le feu, en même temps, des maisons, des jardins, des fossés et des haies, des milliers de fusils prussiens crachent la mort. Les français doivent battre en retraite, laissant le terrain couvert de tués et de blessés. Le 47ème perdit 32 officiers dont son chef le colonel de Gramont, qui eut un bras emporté, ainsi que le lieutenant-colonel et 3 commandants. Les débris des deux régiments remontent les pentes en désordre, poursuivis par le feu de l’ennemi (vers 74 heures 45). »1.

C’est au cours de ce repli que Casimir est grièvement blessé et porté disparu.

« Au moment où le régiment battait en retraite Monsieur votre frère a été atteint à la tête d’un éclat d’obus, sa blessure paraissait très grave. Le mouvement de retraite continuant, il a été impossible de transporter le blessé dans les ambulances françaises, en sorte que les amis, pas plus que les officiers de son bataillon, n’ont pu savoir ce qu’il était devenu. » (lettre non datée adressée à Louis par B. de Martinquy)

« Papa vient de me donner une lettre de Pons qui en a reçu une de son fils prisonnier à Coblence. Tu sais que le jour où les parents de ce jeune homme reçurent des nouvelles de leur fils, je fis un tout petit billet que je mis dans leur réponse. Voici ce que le prisonnier nous a fait répondre :

Monsieur, je viens de la part de mon fils vous donner des nouvelles de votre neveu. Voilà ce qu’il dit : vous direz à Monsieur de Fontvert que j’ai fait tout mon possible pour avoir des nouvelles de son neveu, que j’ai vu le sergent major de sa compagnie qui m’a dit avoir dîné ensemble la veille de la bataille, que le lendemain il avait été blessé à la cuisse, mais très légèrement et on l’a transporté à Reischoffen et il n’a plus entendu parler de lui. » (Lettre du 05/10/1870 de Louise de Fontvert à Aix).

Testament

Dans son testament du 28 juillet 18702, Casimir écrit : « J’institue pour mes héritiers universels mes deux frères Maurice et Louis de Raphélis-Soissan et ma cousine Louise de Fontvert [sa fiancée]. »

Lorsqu’il faut payer les droits de succession, l’oncle Valère Martin, qui gère les fonds de l’hoirie, s’aperçoit in extremis qu’il manque la quote-part due par Louise de Fontvert. Pour ne pas encourir de pénalités Louis paie à l’Enregistrement pour sa cousine 2.525,70 F. Pour ce faire, il emprunte au préalable 3.000 F. à son oncle Valère. A la mort de celui-ci, Maurice procède au partage et retient les droits de succession sur la part revenant à Louise envers qui il reste débiteur de 14.000 F. Il ne semble pas qu’il se soit jamais acquitté de cette dette, car il s’était ruiné dans des affaites malheureuses.

Cependant pour obtenir le remboursement des droits avancés ramenés à 1.525,70 après réception de 1.000 F. envoyés par l’oncle Jules de Fontvert, Louis intente un procès à sa cousine Louise qu’il perd.

Entre temps celle-ci épouse Alexis Martin de Boudard. Ce ménage n’a plus de descendants actuellement vivants.

Notes et références

Notes

Références

  1. Paul Stroh, directeur d’école à Buhl, La bataille de Froeschwiller 6 août 1870
  2. Testament de Casimir de Raphélis-Soissan

Louise d’Olivier de Pezet (1844-1920)

Louise d’Olivier de Pezet est connue sous le nom de « tante d’Unang », du nom de son château à Malemort du Comtat.

Naissance et enfance

Louise d’Olivier de Pezet née le 18 juin 1844 au 2 rue de l’Oratoire à Avignon. Son père est Albert Joseph Augustin d’Olivier du Pezet et sa mère Louise Anne Félicité Ernestine de Barrême de Montravail.

Elle tient à son rang et son caractère n’est pas très commode. Jeune fille on l’appelle déjà à Avignon « Mademoiselle j’ordonne ». Adulte, comme elle s’estime investie d’une certaine autorité vis à vis de son évêque, l’un de ses contemporains rédige pour son épitaphe les quatre vers suivants :

Ci-gît l’orgueilleuse marquise
Qui du sommet de son blason
Donnait des conseils à l’Eglise
Et jusqu’à l’Esprit Saint, dit-on.

Mariage

Edgarde et Louise de Raphélis-Soissan – Une famille en Provence chronique photographique 1894-1914, page 218

Le 27 octobre 1864, Louise épouse Edgar de Raphélis-Soissan. Un contrat de mariage est établi le 25 octobre 1864 devant maitres Almaric et Giéra, notaire à Avignon.

Edgar décède peu après, le 10 décembre 1865. Il est enterré à Cavaillon. Louise est enceinte et donnera naissance le 25 mars 1866 à une fille surnommée Edgarde.

En réalité, elle n’est pas marquise, mais seulement comtesse, car le tenant du titre est Maurice, l’oncle de son mari, qui décéda après son neveu Edgar, le titre de marquis étant ainsi transmis au jeune frère vivant d’Edgar, autre Maurice.

Louis de Raphélis-Soissan doit prendre un emploi d’agent d’assurances à Marseille pour faire vivre sa famille et Louise, venue lui rendre visite, trouve qu’en entrant dans les affaires il s’abaisse. Et elle le fait savoir à sa façon. Elle s’attire la réponse suivante :

« Nous vous avons reçu, Edgarde (fille d’Edgar et de Louise) et vous avec la plus grande affection lorsque vous êtes venues à Marseille, sans arrière-pensée, avec le désir d’avoir des relations cordiales. Nous n’y sommes pas parvenus. Au contraire, II nous est revenu aux oreilles que vous trouviez que nous sentions l’huile et le savon. Est-ce bien à vous qui portez un olivier dans vos armes de parler de la sorte ?… Vous ne nous accuserez pas d’avoir usé les parquets de vos salons, comme vous semblez le reprocher à Maurice (frère de Louis) et à sa famille. »

Château d’Unang
Extrait du livre de Marie-Thérèse Jouveau sur Joseph d’Arbaud

Louise entretient de bonnes relations avec son neveu Joseph d’Arbaud qui fait plusieurs séjours au château d’Unang à partir de décembre 19081.

Edgarde décède le 11 février 1916 à Unang, sans alliance ni postérité. On raconte que, pendant les quatre dernières années de sa vie, sa mère laissa son couvert mis à table.

Après le décès d’Edgarde, Louise fait transférer le corps d’Edgar au château d’Unang.

En 1916, à la demande pressante de Maurice, Louise procède au partage des tableaux de famille restés jusque là indivis2.

Louise décède le 31 mai 1920 à son château d’Unang.

Héritage

Au décès de Louise, son neveu Jean de Raphélis-Soissan hérite d’elle :

  • de la terre de Champfleury à Avignon qu’il vend et sur laquelle il y a aujourd’hui un supermarché Leclerc,
  • du portrait d’Esprit de Raphélis (le portrait de Françoise de Soissan est attribué aux d’Anselme du côté Olivier. Ce portrait est ovale, Françoise, habillée en grecque, tient un livre à la main).

Tombes du château d’Unang

Au château d’Unang, dans la chapelle, se trouvent cinq tombes avec les inscriptions suivantes :

  1. O.M. Joseph Pierre de SIMIANE O.S.B. 22 Janvier1905.
  2. Révérend Père François MAGNI, S.J. 12 Janvier 1907.
  3. Edgardus de RAFFELIS-SOISSAN die 10 decembri 1865, 23 annos natus Miles Pontificatis pugnavit Roma pro Papa.
  4. Ludovica Edgarda de RAFFELIS-SOISSAN serva servorum Christi die 11 Februari 1916, 49 annos nata
  5. Ludovica de OLIVIER, Marchionissa de RAFFELIS-SOISSAN, 31 die Maji 1920, 76 annos nata.

Notes et références

Notes

  • Charles de Raphélis-Soissan, Histoire et généalogie de la famille de Raphélis-Soissan et des familles alliées, inédit.

Références

  1. Marie-Thérèse Jouveau, Joseph d’Arbaud, pages 142-143, 151-153, 156, 178-179, 190, 195, 215, 218, 235
  2. Lettre du 27 août 1916 de Louise à son beau-frère Louis

Edgar de Raphélis-Soissan (1842-1865)

Edgar de Raphélis-Soissan est surtout connu comme zouave pontifical.

Enfance

Edgar de Raphélis-Soissan nait le 24 août 1842 à Cavaillon.

Son père, Charles de Raphélis-Soissan, meurt en 1851 et a un fils posthume, Louis, qu’Edgar entoure des soins les plus affectueux.

Zouave pontifical

Avant l’unification de l’Italie (1848-1870) existait un état pontifical qui s’étendait de la Méditerranée, avec Rome, à l’Adriatique et coupait la péninsule en deux.

Garibaldi bat, en 1860 à Castelfidardo, l’armée du Pape qui doit se replier sur la province entourant Rome. Celle défaite a un grand retentissement dans les milieux catholiques ultramontains, particulièrement en France et en Belgique. Un corps de volontaires est alors constitué pour défendre le pouvoir temporel du Pape, que l’on estime indispensable à son indépendance.

Dans le livre Les Soldats du Pape (Amyot Paris 1868) Oscar Poli raconte les marches et les contremarches que font alors les zouaves, sans rencontrer beaucoup de résistance de la part des Garibaldiens. Au gré des fluctuations du front, les villageois pavoisent aux couleurs du Piémont ou du Pape, avec parfois des méprises sur le parti auquel appartient le corps de troupe arrivant. Une fois les volontaires du Pape aiguisent ostensiblement leur baïonnette sur la place du village pour impressionner la population.

Trois frères, Edgar, Casimir et Maurice de Raphélis-Soissan s’engagent tour à tour dans les zouaves pontificaux. Edgar rejoint Rome le 4 février 1861.

Edgar est réputé parmi ses camarades pour sa gaieté et son humour. Le 10 avril 1861, il écrit de Rome la lettre suivante à son cousin Maurice :

Ah! ah! cher Maurice, je te vois déjà ouvrir de grands yeux en voyant ma lettre. Tu te passes déjà la langue sur les lèvres… Je t’avertis que ça sent la puce d’une lieu, à preuve que j’en ai une qui me pique le mollet. Ces vilaines bêtes sont comme les piémontais, elles se fourrent partout. … Et nous ne sommes encore qu’au printemps, ce n’est que l’avant-garde. Il paraît que l’été, nous aurons une véritable armée d’occupation.

Et maintenant, veux-tu que je te donne un spécimen de la vie d’un zouzou ? D’abord il ne faut pas être délicat. As-tu jamais couché par terre avec une simple couverture en guise de paillasse, de matelas et de draps? Quand on est de garde au milieu de la nuit il faut se tenir deux heures dans une guérite sous une pluie battante qui vient vous fouetter la figure. … et crier à tous les passants « qui vive ». S’ils ne répondaient pas, il faudrait le plus gentiment du monde leur passer la baïonnette au travers de l’abdomen. Ça ne m’est pas encore arrivé car ils ont grand soin de crier « amici » et de vite f… le camp. Puis vous allez mollement vous étendre sur une bonne planche avec votre sac dur pour oreiller. A peine avez-vous tapé de l’œil, comme on dit, que vous entendez le caporal de garde crier : numéro 7, 2, 3, 4, 5, 6, 7 et 8 debout pour la patrouille. La pluie tombe toujours, ce n’est pas gai, on met le capuchon sur la tête, le fusil sur l’épaule et en avant marche !

On va, par ce beau temps, faire un petit tour de promenade sentimentale à travers les rues de la ville, pendant une petite heure. On revient mouillé comme des tritons sortant du sein d’Amphitrite et on se dépêche de s’endormir en attendant la nouvelle garde. … Et quand on nous commande de corvée pour peler les pommes de terre ou éplucher les lentilles, une chose est bien certaine, si c’est moi qui les ai triées, je me garde bien d’en manger, car je serais certain de me casser au moins 5 ou 6 dents.

Avec ça, on fait l’exercice, on cire ses bottes, on blanchit ses guêtres, … on astique son sabre et son fusil. … Et on a tantôt les mains noires tantôt blanches tantôt jaunes. … Les puces toujours nous tourmentent, peut-être en serons-nous bientôt délivrés, les punaises, dit-on, les mangeront.

Adieu, mon cher cousin, un bon baiser à la zouzou et tout à toi.

Il demeure deux ans zouave pontifical, est nommé caporal au mois de novembre 1862 et quelques mois plus tard regagne Avignon où la santé de sa mère donne des signes d’inquiétude.

Mariage et décès

Edgar épouse le 27 octobre 1864 Louise d’Olivier de Pezet, que ses neveux surnommeront « la tante d’Unang » du nom de son château à Malemort du Comtat.

Sa mère meurt le 8 décembre 1864 et à 22 ans il devient chef de famille, en charge de ses trois jeunes frères. « Il faut que j’ai soin de mes frères. Il faut que je sois pour eux, bien jeunes encore, père et mère à la fois. »

Charles, son plus jeune frère étant gravement malade, Edgar passe des jours et des nuits à le soigner et contracte ainsi la tuberculose1 qui devait l’épuiser et l’emporter.

Il meurt le 10 décembre 1865 à Avignon. Il a une fille posthume, surnommée Edgarde, née le 20 mars 1866.

Notes et références

Notes

  • Charles de Raphélis-Soissan, Histoire et généalogie de la famille de Raphélis-Soissan et des familles alliées, inédit.
  • Oscar de Poli, Les soldats du pape (1860 – 1867), édition Amyot, quatrième édition, pages 257 à 267.

Références

  1. Marie-Thérèse Jouveau, Joseph d’Arbaud, page 235