Jean-Joseph-Louis Chancel (1779-1837)

Jean Joseph Louis Chancel nait le 18 décembre 1779 à Briançon1.

Formation

Jean-Joseph-Louis Chancel

Formé à la pharmacie familiale, JJL Chancel est agrégé par les médecins et pharmaciens de Briançon à l’âge de quinze ans :

« Nous, Maire et Adjoints de la commune de Briançon, arrondissement du même nom, département des Hautes-Alpes, certifions et attestons à tous qu’il appartiendra que la citoyen Jean-Joseph-Louis Chancel, fils à Jean-Louis Maître pharmacien, a subi plusieurs examens tant sur la pharmacie que sur la chimie depuis le douze prairial an trois, jusques au premier vendémiaire an quatre, en présence des membres qui composaient pour lors la municipalité, en encore des citoyens François Ferrus et Jean Turin, Docteurs, médecins de l’hôpital militaires de cette place, examinés par les citoyens Jacques Sylvestre, Antoine Faure, Jean Turin et Ferrus, tous pharmaciens de cette commune, lequel ayant été trouvé capable par les susdits médecins et pharmaciens examinateurs l’agrégèrent, et la susdite municipalité l’autorisa de travailler de pharmacien chimiste, lequel a dû depuis remplir les devoirs de son état à la satisfaction du public, en foi de quoi nous lui avons délivré le présent pour lui servir et valoir à ce que de raison, que nous avons signé et fait contresigner par le Secrétaire de la Mairie, qui y a posé le sceau d’ycelle.
Fait à Briançon, le deux pluviose an dix de la République Française,
Signé Antoine Ovet, Adj, Charbonnel-Salle, Adj,
Vu pour la légalisation, Briançon, le 13 ventose an dix de la République Française,
Le sous-Préfet, Signé Chaix.
 »

Ensuite Jean Joseph Louis Chancel va poursuivre ses études à Paris et obtient six certificats :

  1. Cours de chimie générale professé au Muséum par le célèbre Fourcroy en l’an VI,
  2. Cours de chimie professé à l’école gratuite de pharmacie par Bouillon-Lagrange en l’an VI,
  3. Cours de zoologie des animaux à sang rouge professé par Lacépède en l’an VII,
  4. Cours de chimie et de pharmacie à l’école gratuite de pharmacie par Bouillon-Lagrange en l’an XI,
  5. Cour de botanique au Muséum par le Desfontaines en l’an XI,
  6. Cour de chimie générale au Muséum par Fourcroy en l’an XI.

JJL Chancel suit aussi les cours du célèbre chimiste Thénard :

« Je soussigné, Professeur du collège royal de France, membre de l’Institut, certifie que M. Chancel (Jean-Joseph-Louis) a suivi avec une grande assiduité les cours de chimie que j’ai faits au dit Collège depuis 1804 jusqu’en 1806, c’est à dire pendant trois ans ; que pendant tout cet espace de temps, il a travaillé dans mon laboratoire, et qu’il a acquis des connaissances étendues et assez précises pour pouvoir en faire de justes et utiles applications aux arts.
Paris, le 3 mai 1817
Thénard »

Invention des allumettes oxygénées

JJL Chancel assiste à une expérience de Thénard, qui n’est qu’une répétition des expériences de Fourcroy, Vauquelin et Robert. Thénard verse une goutte d’acide sulfurique sur un mélange de chlorate et de soude, d’où inflammation.

JJL Chancel a alors l’idée de tremper un bout de bois dans un mélange de souffre, chlorate et lycopode, puis il le frotte avec un petit pinceau d’amiante imbibé d’acide sulfurique concentré. Le bois s’enflamme, l’allumette est née.

Dans son numéro du 12 octobre 1805, le Journal de l’Empire annonce l’invention du briquet oxygéné, ou allumette oxygénée, par JJL Chancel. Il s’agit d’un bout de bois imbibé d’un mélange de souffre et de chlorate de potassium qu’il faut plonger dans une fiole pleine d’acide sulfurique pour que la réaction chimique enflamme l’allumette.

Fin 1805 et début 1806, les briquets oxygénés de JJL Chancel sont en vente au prix de 2 francs, 3 francs et 3 francs 50 centimes chez M. Boisseau, marchand-mercier-parfumeur, 40 rue Neuve des Petits Champs et M. Niodot, marchand-papetier, 25 rue de Thionville2.

Le 20 juin 1806, JJL Chancel vend l’exploitation des briquets oxygénés à M. Primavesi.

Préparation industrielle du borate de soude

En 1817, JJL Chancel propose de remplacer le borate de soude naturel importé à haut prix des Indes par du borate de soude artificiel obtenu en saturant par la soude de nos usines française l’acide borique qu’il avait découvert dans des lacs de Toscane en Italie.

Mais François de Larderel à qui il avait confié ses projets le devança, loua les lacs pour son propre compte, fit fortune et fut anobli !

Activités professionnelles

En complément de son activité de pharmacien à Briançon, JJL Chancel devint un chimiste distingué et publia des articles remarqués dans le monde scientifique, en particulier sur les eaux de Font-Chaude et de la Rotonde au Monétier3, sur un empoisonnement des bestiaux par le pain d’amandes du prunier des Alpes et sur son contre-poison 4, sur l’huile amygdaline du prunier des Alpes5

Famille

Le 26 septembre 1808, il épouse à Gènes Marie Catherine Brian, dite Marina Brian. A noter que sa mère refuse de donner son consentement à ce mariage6.

Ils ont douze enfants :

  1. Marie Clara Léoladie Chancel (1810-1824),
  2. Clodomire Chancel (1811-1871),
  3. Paul Chancel (1817-1881),
  4. Lucien Edouard Chancel (1819-1822),
  5. « Evariste » Alphonse Honoré Chancel (1820-1882),
  6. Félicie « Ernestine » Chancel (1821-1879),
  7. Théophile Augustin Chancel (1822-1824),
  8. Aline Agathe Chancel (1824-1824),
  9. Marius Chancel (1827-1880),
  10. Germaine Chancel (1831-1831),
  11. Léontine Chancel (1831-1832),
  12. Nathalie Chancel (1834-1887).

Jean-Joseph-Louis Chancel meurt à son domicile, probablement de la grippe, le 18 février 18377.

Notes et références

Bibliographie

Références