Voir Archives du chalet - Une famille briançonnaise - Les Chancel (1837-1907) - Françoise Guillemot, pages 125 à 128.
Maurice de Raphélis-Soissan (1849-1936)
Enfance

Maurice nait le 21 décembre 1848 au domicile de ses parents, rue de l’Évêché à Cavaillon. Il est le septième enfant de Charles de Raphélis-Soissan et Louise de Seytres-Caumont.
A la suite de ses frères Edgar et Casimir, Maurice s’engage comme zouave pontifical du 9 novembre 1867 au 9 novembre 18681.
Le 22 octobre 1870, il épouse sa cousine germaine, la jolie blonde2 Léontine Reinaud de Fonvert. Nota : Léontine est :
- la fille de Jules Reinaud de Fonvert qui a épousé Antoinette de Raphélis-Soissan,
- la sœur de Louise Reinaud de Fonvert qui avait été fiancée à Casimir de Raphélis-Soissan,
- la cousine de Claire Reinaud de Fonvert qui épousera Louis de Raphélis-Soissan.
Le jeune couple s’installe à Marseille, au premier étage du 26 boulevard du Musée et « rêve de vie pastorale si le sort donne Chateauvert à Maurice3. »
Maurice et Léontine ont de nombreux enfants mais ils ne peuvent doter leurs filles qui resteront célibataires, à l’exception d’une qui n’eut pas d’enfant.
Studio de photographie

Maurice se lance dans la photographie et en 1871, à 22 ans, achète le studio Waléry, 14 boulevard du Musée (actuel boulevard Garibaldi) à Marseille, au comte Stanislas Julien Ostrorog. Pour cela il hypothèque sa propriété du Château Vert à Cavaillon4.
Il semble qu’il ne pas gère d’assez près son affaire. On lui reproche par ailleurs son train de vie excessif. Il habite à Marseille Clot-Bey, l’ancienne maison d’Antoine Clot, dit Clot-Bey.
Son épouse écrit : « Ce cher petit Maurice qui, soit dit entre nous, est le plus grand paresseux qui ait paru sous le soleil depuis que Dieu a tiré l’homme du néant… »
Et sa belle-mère et tante, Antoinette, s’inquiète : « Maurice est ici depuis hier. Il est arrivé avec sa voiture neuve et deux chevaux. Folie à mon avis jusqu’à ce qu’il soit sorti de ses avances pour la photographie et l’enfant, et la nourrice et la femme de chambre qui va arriver, surcroît de dépenses, c’est leur affaire… » (lettre du 8 janvier 1872).
L’oncle Valère Martin vient pour un enterrement à Aix. Il comptait en repartir immédiatement et il explique : « Malgré mes remontrances, j’ai été jeté, pieds et poings liés, dans la voiture de Maurice et conduit par deux beaux chevaux à Marseille… avec le projet d’en revenir le soir. Ah! bien oui ! J’ai eu beau crier miséricorde, il m’a fallu poser, bon gré, mal gré, sans préparation ; aussi ma coquetterie boudant aurai-je l’air d’un vieux grognard et d’un vieux grognon. » (lettre du 6 février 1872).
Au cours de l’été 1872, Louis apprend que Maurice est plongé jusqu’au cou dans les affaires de photographie.
Maurice de Raphélis-Soissan voit son affaire péricliter. Non seulement il s’endette à titre personnel, mais il engage aussi les biens en indivision entre lui-même, son frère Louis et sa cousine Louise de Fonvert, épouse d’Alexis de Boudard. Fin 1875 Maurice est dans une situation des plus critiques. Il doit 15.000 francs au comte Stanislas Julien Ostrorog. Pour le rembourser il demande à Louis de lui avancer les fonds. Mais Louis ne les a pas et pour aider son frère, emprunte 15.000 francs sur le Mas de la Combe à Orgon. Maurice fera de nombreux autres emprunts à son frère Louis. Maurice est déclaré en état de faillite le 6 décembre 18765.
Le 18 janvier 1886, il répond à son frère Louis qui chiffre ses pertes à 92.445 francs6 et lui demande de le rembourser, qu’il n’a que deux rentes, la rente de Caumont pour 38,05 francs et la rente de la Malespine7 pour 558 francs. Plus, en capital, un billet Laborde de 2.000 francs et un capital Caumont pour 781 francs. « Si je venais à manquer ou à tomber malade, cette modique somme procurerait au moins du pain. Puis-je donc les abandonner et peux-tu me le demander ? »
Famille
Ils ont sept enfants :
- Alix nait le 24 octobre 1871 à Marseille, 26 boulevard du Musée.
- Blanche nait le 10 janvier 1873 à Aix en Provence.
- Casimir nait le 5 mars 1874 à Aix en Provence.
- Marguerite nait le 24 juillet 1875 à Marseille.
- Gabrielle nait le 10 octobre 1876 à Marseille.
- Casimir nait le 12 octobre 1878 à Arcachon où il est domicilié 253 boulevard de la Plage et se déclare rentier.
- Geneviève nait le 5 novembre 1879 à Arcachon où il est domicilié 6 boulevard de l’Océan et se déclare propriétaire.
A Arcachon, il semble que Maurice soit en lien avec l’ostréiculture. D’après une mettre de Jules de Fonvert du 18 février 1884 : Maurice est « dans la plus grande gène, obligé de se servir presque pour tout, et que les temps affreux que le bassin d’Arcachon en ces temps passés a éprouvé ont entièrement détruit pendant trois années leur récolte annuelle d’huitres. »
Notes et références
Notes
- Charles de Raphélis-Soissan, Histoire et généalogie de la famille de Raphélis-Soissan et des familles alliées, inédit.
- Arbre généalogique : http://gw.geneanet.org/raphelis_w?lang=fr&n=de+raphelis+soissan&oc=0&nz=de+raphelis+soissan&ocz=0&p=marie+joseph+maurice&pz=joseph+marie+denis&type=tree
Références
- Régiment des zouaves pontificaux – Liste des zouaves ayant fait partie du régiment du 1er janvier 1861 au 20 septembre 1870 – Tome 2 – page 62 ↩
- Lettre d’Alix de La Borde du 30 juillet 1871 ↩
- Lettre de Léontine de Fonvert à Louis de Raphélis-Soissan du 28 avril 1870 ↩
- Minutes et répertoires du notaire Pierre Henri CABARET, 20 février 1861- 18 avril 1883 (étude CXV) pages 23 et 36 ↩
- Bureau des hypothèques de Tarascon – État des inscriptions au 15 mars 1878 ↩
- Comptes du 9 septembre 1889 avec Maurice ↩
- Maurice a hérité de la Malespine de sa tante Fanny de Raphélis-Soissan ↩
Jeunesse d’Henri Caire
Enfance d’Henri Caire au boulevard Périer
Adolphe et Berthe Caire habitaient un bel hôtel particulier au 14 bd Périer à Marseille, avec tennis et billard (qu’Henri a emporté à Freycinet). Mais après le décès de Berthe en 1895, il ne faisait pas vraiment bon y vivre. A la suite d’une hépatite aiguë, Adolphe Caire avait du quitter la marine après trois ans de service et passait le plus clair de son temps dans un fauteuil. Quand il entendait rire Marguerite, Henri et Amélie (future madame Émile Saint Rémy Pélissier) ses enfants, il s’écriait : « Votre mère et décédée, ne l’oubliez pas ! »

Collection Bernard Caire
Henri Caire et Raymond Giraud pratiquent l’aviron
Après son bac, Henri Caire suivit des cours de droit et se lia d’amitié avec Raymond Giraud avec qui il partageait un cabanon sur la corniche, au vallon des Auffes, et pratiquait l’aviron.
Claire Giraud amoureuse d’Henri Caire
Claire Giraud, sœur de Raymond, en pinçait pour Henri Caire. Mais celui-ci ne l’appréciait pas beaucoup et elle épousa Pierre Massot (frère de Marie Massot, grand-mère de Charles de Raphélis-Soissan). Pierre Massot était connu de tout Marseille pour son charme, ses conquêtes galantes, sa fortune et sa présidence de la société hippique de Marseille. Henri Caire disait d’eux : « Ce coquin de Pierre et cette peste de Claire ! »
Claire avait la rancune tenace : Quand Charles de Raphélis-Soissan et Mireille Caire se sont mariés, ils ont invités Pierre et Claire Massot. Pierre est venu mais Claire s’est abstenue. Après le décès de Pierre, il y eut, parait-il, un souvenir pour chacun de ses neveux sauf pour Charles de Raphélis-Soissan !
Les Massot avaient un mas de plusieurs centaines d’hectares à Entressens en Camargue. Comme Pierre et Claire Massot n’ont pas eu d’enfant, à leur décès chacun de leurs neveux hérita d’une part d’indivision. En guise de revenus, Charles et Mireille de Raphélis-Soissan ont reçu une année une dinde et une autre année un carnet de timbres !
Notes et Références
Récit de Mireille Caire
Henri Caire achète sa première voiture et reçoit sa première contravention
Achat d’une De Dion-Bouton
En 1906, Henri Caire a 21 ans. Son père Adolphe est d’accord pour acheter une voiture. Henri sait déjà conduire et adore mettre son nez dans les moteurs et cela facilitera les voyages au Vernègues.
Le permis de conduire ne pose pas de problème : il est délivré par l’Automobile Club marseillais et Henri en connait les membres.
C’est Henri qui choisit la voiture et Adolphe, sans réfléchir davantage, achète la de Dion-Bouton à son nom.
Voilà Henri tout faraud qui se met à circuler en ville avec ses amis. Las, les règlement sont les règlements et la voiture à l’époque est considérée comme dangereuse en ville et la vitesse est limitée.
Première contravention
La semaine n’est pas terminée qu’Henri reçoit sa première contravention et parution au tribunal. Mais la voiture étant au nom d’Adolphe, c’est lui qui se voit condamné à un jour de prison !
Adolphe se précipite donc au tribunal : « Monsieur le juge, je suis juge au tribunal de commerce. Comment voulez-vous que j’aille en prison ? » Le juge est très compréhensif et Adolphe met immédiatement la voiture au nom de son fils Henri.
Henri Caire n’a jamais dit s’il avait eu d’autres contraventions !
Notes et références
Souvenirs de Mireille Caire
Casimir de Raphélis-Soissan (1848-1870)
Ancien zouave pontifical, puis élève de Saint-Cyr, Casimir de Raphélis-Soissan devient sous-lieutenant au 99e régiment de ligne en juillet 1870. Trois semaines plus tard, il disparaît à la bataille de Frœschwiller, le 6 août, à l’âge de vingt-deux ans. Ses lettres, son testament et les recherches de ses proches permettent de suivre les derniers mois d’une vie interrompue alors qu’il préparait aussi son mariage.
Une enfance en Provence
Léon Maurice Casimir de Raphélis-Soissan naît le 28 février 1848, à neuf heures du matin, au domicile de ses parents, rue de l’Évêché à Cavaillon. Son père, Charles de Raphélis-Soissan, propriétaire âgé de trente-quatre ans, déclare sa naissance le lendemain. Sa mère est Louise de Seytres-Caumont.1
Un tableau familial daté de 1859 le représente, à gauche, auprès de sa mère et de ses frères Louis, Maurice et Edgard. Casimir a alors environ onze ans.

Il reçoit son éducation dans plusieurs établissements jésuites : Saint-Joseph à Avignon de 1857 à 1864, Saint-Michel à Saint-Étienne de 1864 à 1866, puis Saint-Clément à Metz en 1866-1867.2
Chez les zouaves pontificaux
À la suite de son frère aîné Edgard, Casimir choisit de servir dans les zouaves pontificaux, le corps de volontaires chargé de défendre les États du pape. Il s’engage le 9 novembre 1867 sous le matricule 4771. Il y est nommé caporal le 21 décembre suivant. Son frère Maurice s’engage le même jour, sous le numéro immédiatement suivant.3
Cette date d’engagement le place après la bataille de Mentana, livrée le 3 novembre 1867. Contrairement à ce qu’affirmera une notice du Figaro après sa mort, sa participation à ce combat ne doit donc pas être retenue.
Son séjour en Italie est bref. Dans une lettre adressée de Monterotondo à son ami Poisat, le 14 janvier 1868, il explique que les affaires familiales l’appellent à Avignon et qu’il se sent responsable de son plus jeune frère, Louis :
« Mais mon frère me retient, personne n’étant là pour remplacer le tuteur qu’il vient de perdre. Je vais donc retourner à St Clément et tâcher de me faire recevoir à St Cyr. »
Il envisage ainsi de reprendre ses études à Metz et de préparer le concours d’entrée à l’école militaire.4
Saint-Cyr, promotion de Suez
Casimir est reçu au concours de Saint-Cyr de 1868, au 21e rang dans l’ordre de mérite. Il appartient à la promotion de Suez, scolarisée de 1868 à 1870.5
Ses lettres à Louis font connaître un élève pris par ses examens, mais attentif à ses proches. Le 13 avril 1870, il discute longuement des horaires de train : il voudrait s’arrêter à Lyon pour voir son frère avant de rejoindre la Provence, mais le trajet, ses obligations à Cavaillon et à Avignon, et le peu d’argent dont il dispose compliquent ce projet. Il espère pouvoir s’arrêter au retour et confie avoir « fièrement besoin de me reposer ».6
Le 13 juillet, il souhaite à Louis de réussir ses examens et se réjouit à l’idée de le retrouver à Lyon. Il doit lui-même affronter ses examens définitifs et l’inspection générale. Rien, dans cette lettre, ne laisse encore prévoir l’interruption immédiate de sa scolarité.7
Un mariage en projet
Au printemps de 1870, Casimir est fiancé à sa cousine germaine Louise de Fonvert, fille de Jules Reinaud de Fonvert et d’Antoinette de Raphélis-Soissan. Louise est la sœur de Léontine, qui épousera Maurice, le frère de Casimir.
Dans une lettre non datée, elle annonce le projet à Louis : « dans peu de mois je devrai t’appeler mon frère ». La guerre empêchera ce mariage.8
Juillet 1870 : nommé officier et envoyé au régiment
Deux jours après sa précédente lettre, le ton change. Le 15 juillet, Casimir écrit à Louis :
« Nous venons (les anciens) d’être nommés officiers pour nous rendre immédiatement à nos régiments. »
Les élèves de deuxième année de la promotion de Suez sont en effet nommés sous-lieutenants le 15 juillet 1870, au lieu du 1er octobre, et dirigés vers leurs unités. Casimir doit s’équiper en quelques jours, passer par Paris et rejoindre le 99e régiment de ligne. Il cherche encore à ménager une rencontre avec Louis, à la gare de Lyon ou à son adresse, rue de Bourbon. Mais les transports militaires bouleversent les horaires et il ignore s’il pourra revoir la famille avant de partir.9
L’affectation au 99e est confirmée par l’inventaire des dossiers d’officiers du Service historique de la Défense, où il figure sous ses prénoms complets, Léon Maurice Casimir. Son dossier porte la cote GR 5 YE 19610.10
Le testament du 28 juillet 1870
Le 28 juillet, à Avignon, Casimir rédige son testament. Il désigne comme héritiers universels ses deux frères Maurice et Louis, ainsi que sa cousine et fiancée Louise de Fonvert, et révoque ses dispositions antérieures :
« J’institue pour mes héritiers universels mes deux frères Maurice et Louis de Raphélis-Soissan, et ma cousine Louise de Fonvert. »
Il signe en qualité de sous-lieutenant au 99e de ligne. Avec ce testament, Casimir oublie sa nièce Louise, fille de son défunt frère Edgard11.
Disparu à Frœschwiller, le 6 août 1870
Le 6 août 1870, le 99e de ligne combat à Frœschwiller, dans la bataille également connue en France sous le nom de Reichshoffen. Il appartient, avec le 47e de ligne, à la brigade du général Maire, dans la division Conseil-Dumesnil du 7e corps. Engagée dans une contre-attaque vers Wœrth, la brigade subit de lourdes pertes, puis doit se replier. C’est au cours de cette retraite que Casimir est signalé blessé et disparaît.12

Les nouvelles qui parviennent ensuite à ses proches sont contradictoires. Dans une lettre non datée à Louis, B. de Martinquy explique avoir interrogé des officiers du régiment, puis le capitaine de la compagnie de Casimir. Selon les renseignements recueillis, celui-ci aurait été atteint à la tête par un éclat d’obus ; sa blessure paraissait très grave. La retraite aurait empêché de le transporter vers les ambulances françaises, et ses camarades ignoraient ce qu’il était devenu. L’auteur transmet donc une enquête auprès d’autres militaires, non le récit d’une scène dont il aurait été lui-même témoin.13
L’attente de Louise et de la famille
La famille ne renonce pas pour autant à le retrouver. Le 5 octobre 1870, depuis Aix, Louise transmet à Louis des renseignements arrivés par un autre chemin : Pons a reçu une lettre de son fils, prisonnier à Coblence, qui s’est renseigné auprès du sergent-major de la compagnie de Casimir. Ce dernier aurait dîné avec lui la veille de la bataille. D’après ce témoignage, Casimir aurait reçu une blessure légère à la cuisse et aurait été transporté à Reichshoffen, où sa trace se perd.14
Louise ajoute qu’un autre homme, passé auprès de la famille, croit l’avoir vu marcher longtemps en boitant. Aucun de ces indices ne constitue une preuve de survie, mais ils entretiennent son espérance. Sa lettre exprime le désir de revoir celui qu’elle aime et la solidarité qui l’unit à Louis dans l’épreuve. Dans un post-scriptum, elle préfère encore ménager leur tante d’Unang (Louise d’Olivier de Pezet, femme d’Edgard) : elle redoute que ces nouvelles ne soient prises pour l’annonce certaine de sa mort.
La famille et Louise de Fonvert espèrent que Casimir est prisonnier. Ce n’est qu’en juin 1871, quand les prisonniers sont libérés et rentrent chez eux qu’ils se résignent à la mort de Casimir et ils font célébrer une messe pour le repos de son âme le samedi 24 juin 1871 à Marseille.15
Les mentions ajoutées à la copie du testament apportent un repère documentaire plus précis : elles donnent Casimir comme décédé à Frœschwiller le 6 août 1870 et signalent qu’un acte de décès dressé par l’autorité militaire a été annexé à un acte de notoriété du 13 mai 1872. La date du 6 août concorde avec celle de l’inventaire du SHD. La nature exacte de sa blessure et les circonstances de ses dernières heures restent, en revanche, incertaines.16
La succession
La disparition de Casimir laisse aussi des affaires patrimoniales à régler. Louis emprunte 3 000 francs à son oncle Valère Martin pour avancer les droits dus par Louise de Fonvert, soit 2 525,70 francs. L’oncle Jules verse ensuite 1 000 francs, ramenant la somme réclamée à 1 525,70 francs. Louis poursuit sa cousine pour obtenir le solde, mais perd son procès.17
Louise de Fonvert épousera par la suite Alexis Martin de Boudard.
Sources et références
Cette biographie croise les actes et les lettres des archives familiales avec la presse ancienne, une liste d’anciens zouaves pontificaux, l’historique de la promotion de Suez et l’inventaire des dossiers d’officiers du Service historique de la Défense.
- Archives départementales de Vaucluse, état civil de Cavaillon, naissances de 1848, acte n° 39 du 29 février 1848, naissance du 28 février ; photographie de l’acte conservée dans les archives familiales. Ancien lien vers le registre numérisé. ↩
- Charles de Raphélis-Soissan, Histoire et généalogie de la famille de Raphélis-Soissan et des familles alliées, inédit, p. 178, soit p. 198 du PDF ; archives familiales, « Casimir de Raphélis-Soissan – Note sur les collèges », une page. Les années 1865-1866 à Saint-Étienne et 1867 à Saint-Clément de Metz sont mentionnées dans cette note. ↩
- Gaston de Villèle et Charles de La Noue, Les Français zouaves pontificaux, 5 mai 1860 – 20 septembre 1870, Saint-Brieuc, René Prud’homme, 1903, liste alphabétique, notices 4771 et 4772. Texte numérisé sur Wikisource. La notice comporte deux erreurs sur sa carrière française : l’entrée à Saint-Cyr en 1869 et l’affectation au 90e de ligne. La presse de 1868, les lettres et l’inventaire du SHD établissent respectivement 1868 et le 99e de ligne. ↩
- Lettre de Casimir à Poisat, Monterotondo, 14 janvier 1868, retranscrite par Charles de Raphélis-Soissan, ouvrage cité, p. 178. L’original de cette lettre ne figure pas parmi les pièces consultées ; l’identité du tuteur dont elle annonce la mort n’est pas établie par ce seul extrait. ↩
- Le Petit Journal, 7 octobre 1868, « École militaire de Saint-Cyr », liste par ordre de mérite, n° 21, coupure conservée dans les archives familiales ; général Jean Boÿ, Historique de la 53e promotion de l’École impériale spéciale militaire de Saint-Cyr, 1868-1870, promotion de Suez, 25 juin 2011, p. 1 et 5. ↩
- Archives familiales, lettre de Casimir à Louis de Raphélis-Soissan, Saint-Cyr, 13 avril 1870, deux pages. ↩
- Archives familiales, lettre de Casimir à Louis, Saint-Cyr, 13 juillet 1870, une page. ↩
- Lettre non datée de Louise de Fonvert à Louis, citée dans Charles de Raphélis-Soissan, ouvrage cité, p. 179, soit p. 199 du PDF. La datation au printemps 1870 est une proposition du récit familial, non une date portée sur la lettre. ↩
- Archives familiales, lettre de Casimir à Louis, Saint-Cyr, 15 juillet 1870, trois pages ; Jean Boÿ, historique de la promotion de Suez, ouvrage cité, p. 5. Seuls les passages de lecture suffisamment assurée du manuscrit sont cités ici. ↩
- Service historique de la Défense, inventaire de la sous-série GR 5 YE, dossiers d’officiers, noms N à Z, entrée « RAPHELIS SOISSAN de, Léon Maurice Casimir », sous-lieutenant, 99e régiment de ligne, date indiquée : 6 août 1870, cote GR 5 YE 19610. L’inventaire a été repéré en ligne ; le dossier individuel lui-même n’a pas été consulté. ↩
- Archives familiales, testament de Casimir de Raphélis-Soissan, Avignon, 28 juillet 1870, copie accompagnée de mentions judiciaires et notariales de 1872, deux pages. La citation abrégée conserve la désignation des trois héritiers ; les clauses de révocation suivent dans le document. ↩
- Charles de Raphélis-Soissan, ouvrage cité, p. 179, d’après Paul Stroh, La bataille de Froeschwiller, 6 août 1870 ; Résumé de l’historique du 99e régiment d’infanterie, exemplaire numérisé conservé à La contemporaine, passage « Guerre de 1870-1871 », p. 16. Ce dernier cite un sous-lieutenant sous la graphie déformée « Roffelio-Soissau » parmi les officiers tués à Frœschwiller. ↩
- Archives familiales, lettre non datée de B. de Martinquy à Louis, trois pages. Le signataire précise avoir vu des officiers du régiment et écrit au capitaine de la compagnie. ↩
- Archives familiales, lettre de Louise de Fonvert à Louis, Aix, 5 octobre 1870, quatre pages. Le renseignement passe du sergent-major au prisonnier de Coblence, puis à son père Pons, avant de parvenir à la famille. Il ne permet pas de trancher la contradiction avec la blessure à la tête rapportée par Martinquy. ↩
- Souvenir familial rapporté par Marc de Raphélis-Soissan dans la première version de cette biographie, publiée le 29 avril 2017. La date de la messe est conservée comme une information de ce récit ; aucun faire-part ni registre de célébration ne figure dans les pièces consultées. ↩
- Copie du testament, p. 2 : mention du décès à Frœschwiller le 6 août 1870 et de l’acte de décès militaire annexé à un acte de notoriété reçu par le même notaire à Cavaillon le 13 mai 1872. Le 13 mai est la date de l’acte de notoriété ; le document ne permet pas d’en faire la date de rédaction de l’acte militaire. ↩
- Charles de Raphélis-Soissan, ouvrage cité, p. 180, soit p. 200 du PDF. Ce récit mentionne expressément le versement de 1 000 francs par Jules de Fonvert. Les comptes originaux et le jugement n’ayant pas été examinés ici, le détail du différend est présenté comme le récit de l’auteur. ↩
Louise d’Olivier de Pezet (1844-1920)
Louise d’Olivier de Pezet est connue sous le nom de « tante d’Unang », du nom de son château à Malemort du Comtat.
Naissance et enfance
Louise d’Olivier de Pezet née le 18 juin 1844 au 2 rue de l’Oratoire à Avignon. Son père est Albert Joseph Augustin d’Olivier du Pezet et sa mère Louise Anne Félicité Ernestine de Barrême de Montravail.
Elle tient à son rang et son caractère n’est pas très commode. Jeune fille on l’appelle déjà à Avignon « Mademoiselle j’ordonne ». Adulte, comme elle s’estime investie d’une certaine autorité vis à vis de son évêque, l’un de ses contemporains rédige pour son épitaphe les quatre vers suivants :
Ci-gît l’orgueilleuse marquise
Qui du sommet de son blason
Donnait des conseils à l’Eglise
Et jusqu’à l’Esprit Saint, dit-on.
Mariage

Le 27 octobre 1864, Louise épouse Edgar de Raphélis-Soissan. Un contrat de mariage est établi le 25 octobre 1864 devant maitres Almaric et Giéra, notaire à Avignon.
Edgar décède peu après, le 10 décembre 1865. Il est enterré à Cavaillon. Louise est enceinte et donnera naissance le 25 mars 1866 à une fille surnommée Edgarde.
En réalité, elle n’est pas marquise, mais seulement comtesse, car le tenant du titre est Maurice, l’oncle de son mari, qui décéda après son neveu Edgar, le titre de marquis étant ainsi transmis au jeune frère vivant d’Edgar, autre Maurice.
Louis de Raphélis-Soissan doit prendre un emploi d’agent d’assurances à Marseille pour faire vivre sa famille et Louise, venue lui rendre visite, trouve qu’en entrant dans les affaires il s’abaisse. Et elle le fait savoir à sa façon. Elle s’attire la réponse suivante :
« Nous vous avons reçu, Edgarde (fille d’Edgar et de Louise) et vous avec la plus grande affection lorsque vous êtes venues à Marseille, sans arrière-pensée, avec le désir d’avoir des relations cordiales. Nous n’y sommes pas parvenus. Au contraire, II nous est revenu aux oreilles que vous trouviez que nous sentions l’huile et le savon. Est-ce bien à vous qui portez un olivier dans vos armes de parler de la sorte ?… Vous ne nous accuserez pas d’avoir usé les parquets de vos salons, comme vous semblez le reprocher à Maurice (frère de Louis) et à sa famille. »

Extrait du livre de Marie-Thérèse Jouveau sur Joseph d’Arbaud
Louise entretient de bonnes relations avec son neveu Joseph d’Arbaud qui fait plusieurs séjours au château d’Unang à partir de décembre 19081.
Edgarde décède le 11 février 1916 à Unang, sans alliance ni postérité. On raconte que, pendant les quatre dernières années de sa vie, sa mère laissa son couvert mis à table.
Après le décès d’Edgarde, Louise fait transférer le corps d’Edgar au château d’Unang.
En 1916, à la demande pressante de Maurice, Louise procède au partage des tableaux de famille restés jusque là indivis2.
En 1916, peu après le décès de sa fille, Louise souhaite léguer ses biens d’Unang, y compris le château et l’église, à la Congrégation de Bétharram à condition de célébrer chaque jour la messe à l’église du château. Entre avril et mai 1916, le supérieur général, le père Hippolyte Paillas, se rend à Unang, rencontre Louise et fait rapport à son conseil. Le 8 juin, l’offre de Louise est acceptée par la Congrégation. Cependant, Louise impose par la suite de nouvelles conditions. « Elle demande, de plus, que l’Institut commence, d’ores et déjà une œuvre d’apostolat, v. g. un orphelinat agricole, et qu’il se charge, dès ce moment, de la gestion de la principale de ses fermes, dont la moitié des revenus annuels lui devront être remis…». Ces nouvelles conditions ne sont plus acceptées, et le 29 août 1916, la Congrégation renonce au château d’Unang3.
Louise décède le 31 mai 1920 à son château d’Unang.
Héritage
Au décès de Louise, son neveu Jean de Raphélis-Soissan hérite d’elle :
- de la terre de Champfleury à Avignon qu’il vend et sur laquelle il y a aujourd’hui un supermarché Leclerc,
- du portrait d’Esprit de Raphélis (le portrait de Françoise de Soissan est attribué aux d’Anselme du côté Olivier. Ce portrait est ovale, Françoise, habillée en grecque, tient un livre à la main).
Tombes du château d’Unang
Au château d’Unang, dans la chapelle, se trouvent cinq tombes avec les inscriptions suivantes :
- O.M. Joseph Pierre de SIMIANE O.S.B. 22 Janvier1905.
- Révérend Père François MAGNI, S.J. 12 Janvier 1907.
- Edgardus de RAFFELIS-SOISSAN die 10 decembri 1865, 23 annos natus Miles Pontificatis pugnavit Roma pro Papa.
- Ludovica Edgarda de RAFFELIS-SOISSAN serva servorum Christi die 11 Februari 1916, 49 annos nata
- Ludovica de OLIVIER, Marchionissa de RAFFELIS-SOISSAN, 31 die Maji 1920, 76 annos nata.
Notes et références
Notes
- Charles de Raphélis-Soissan, Histoire et généalogie de la famille de Raphélis-Soissan et des familles alliées, inédit.
Références
- Marie-Thérèse Jouveau, Joseph d’Arbaud, pages 142-143, 151-153, 156, 178-179, 190, 195, 215, 218, 235 ↩
- Lettre du 27 août 1916 de Louise à son beau-frère Louis ↩
- Message du 16 avril 2026 de Roberto Cornara, archiviste de la Congrégation du Sacré-Cœur de Jésus de Bétharram ↩
Maleribes en 1885 – Familles de Raphélis-Soissan et de Lubac

En haut fenêtre de gauche : Pulchérie de Lubac, sœur de la précédente.
En bas sur la chaise à gauche : Louis Charles Comte de Raphélis-Soissan.
Sur le banc, de droite à gauche, 1) Louise de Lubac née d’Agnel de Bourbon, mère de la Comtesse de Raphélis-Soissan ; 2) Maurice Charles de Raphélis-Soissan, fils du Cte de Raphélis-Soissan ; 3) Louis de Raphélis-Soissan, fils du Cte et de la Ctesse de R.S. ; 4) Gabrielle de Raphélis-Soissan sœur du précédent ; 5) Pauline de Lubac sœur de la Ctesse de Raphélis-Soissan.
Cliché de Alexandre Coadon, ami de la famille.
Reproduit, agrandi et colorié en mars 1940 par les soins de Louis, Marquis de Raphélis-Soissan, ci-dessus n° 3).
Collection Charles de Raphélis-Soissan
Inauguration du refuge Évariste Chancel le 26 août 1896

Collection Charles de Raphélis-Soissan
Le 25 août 1896, veille de l’inauguration, Gustave Chancel a tiré un magnifique feu d’artifice depuis la terrasse du refuge.
Le 26 août, 150 personnes sont montées au nouveau refuge Évariste Chancel pour son inauguration. Pour la famille, il y avait Edmond Chancel, Alphonse Chancel, Gustave Chancel, Félix Chancel, Prat, Jeanne Chancel, Mmes et Mlles Chancel.
Il y a eu une messe célébrée par le père Guiguet, la bénédiction du refuge par les pères Guiguet et Faure, un banquet dont voici le menu :
- Thon mariné, Beurre de Puy-Vacher,
- Saucisson de pays, Olives, Melons,
- Volaille gros sel,
- Pâté de veau à la gelée,
- Haricots verts au beurre,
- Dinde de Voiron,
- Glace de la Meije à la vanille,
- Desserts et miel en rayons de la Grave.

Collection Charles de Raphélis-Soissan
Source : Inauguration du refuge-hôtel Évariste Chancel – Paul Guillemin
Nouvelles photos de la famille d’Henri Abeille et Alix Chieusses de Combaud
Amélie Baude (1843-1905)
Une énigme : Isabelle D. a un portrait représentant la marraine de sa grand-mère, Germaine Abeille. Qui est-ce ?
L’enquête :
- En pages 82 et 83 du tome 2 du Livre de raison d’Henri Abeille, nous apprenons que la marraine de Germaine Abeille était Amélie Girard, une tante de sa mère Émilie Vincent.
- Dans un rouleau généalogique extraordinaire de la famille Gérard, nous apprenons qu’Amélie Gérard était Amélie Baude. Amélie Baude est née le 4 mars 1843, a épousé Félix Marie Auguste Gérard le 15 septembre 1853 et est décédée le 3 novembre 1905. Voir la généalogie simplifiée d’Amélie Gérard.