Marseille le 30 avril 1868
Ma chère Gabrielle [Gabrielle de Lubac], indépendamment de ta lettre, j’ai eu de tes nouvelles par mon neveu Louis de Campou qui vous a fait sortir un jour et vous a fait bien amuser. Il vous aurait fait sortir encore une fois s’il n’avait pas emmené à Grenoble Isabelle [de Campou] avec lui. Cette dernière a eu le plaisir d’embrasser sa sœur Marie [de Campou] au couvent où elle se trouve. Marie m’a écrit une charmante lettre. Elle parait se bien habituer aux habitude du couvent et désirer prendre l’habit de novice.
Les renseignements sur ton compte sont toujours très satisfaisants, ce qui me procure une vive joie. Tes très bien me rendent très content. Il est certain qu’en approchant de l’époque de ta première communion, tu dois te rendre toujours de plus en plus digne de cet acte si important dont tu ressentiras les effets toute ta vie si tu y apportes cet esprit de piété, de recueillement si agréable à Dieu. Est-ce que l’époque n’en est pas encore fixée, tu me la feras connaître quand tu la sauras. Ta mère [Louise d’Agnel de Bourbon] a le projet d’aller y assister, ce qui sera très agréable pour toi. Je me charge de te donner le livre de messe dans le même genre que celui que j’ai donné à Valentine [de Gaudemar]. Ta mère le portera en allant.
Tu sais que tes lettres me font bien plaisir. Je désire que tu les détailles bien et surtout que tu me parles de tes études, de tes places en composition. Mais comme il n’est pas juste que je fasse supporter ce plaisir à ta bourse, je t’envoie ci joint 10 timbres poste. Il y en a 5 pour toi et 5 que tu remettras à Valentine [de Gaudemar].
Nous allons tous bien. Berthe [Sallony] avait un été un peu indisposée à la suite d’un refroidissement mais elle est remise. Elle me charge, ainsi que tes tantes, de te faire leurs compliments.
Il parait qu’on vous a fait amuser pendant vos vacances de Pâques. Vos maîtresses sont si bonnes qu’elles s’ingénient pour trouver des moyens toujours nouveaux pour vous distraire. Il faut leur en témoigner votre reconnaissance en les bien contentant.
Je t’embrasse de tout mon cœur ma bonne Gabrielle et me dis ton bon grand-père. Cte d’Agnel de Bourbon1