Entrecasteaux le 27 juin 1868
Ma chère Gabrielle [Gabrielle de Lubac],ce sont donc toujours de nouveaux compliments qu’il faut te faire car cela en mérite bien un nouveau en apprenant que tu as été premier cordon. Je vois avec plaisir que ta première communion a produit son effet puisqu’elle t’a fait redoubler d’ardeur et de sagesse.pour mériter cette distinction extrêmement flatteuse. Tu concevras facilement tout le plaisir que nous en avons éprouvé, ta mère [Louise d’Agnel de Boubon], ton père [Eugène de Lubac] et moi [Jean-Baptiste d’Agnel de Bourbon]. Cela nous est une garantie que tu persévères toujours dans le bien et que tu te rendras digne des bontés de tes excellentes maîtresses. Ton père est revenu enchanté des relations qu’il a eu avec elles et ne pouvait se lasser de faire l’éloge de Mad de Serre et de Mad de La Rochette. Demande leur souvent des conseils et ne néglige pas de les suivre. Présente leur mes hommages respectueux.
Je connais combien tu as été peinée de ne pas voir ton frère [Fernand de Lubac] parmi les assistants à la mémorable cérémonie. Il en a eu bien du regret lui-même mais il faut convenir que la mesure adoptée par le supérieur de Mongré est trop sage et trop raisonnable pour ne pas l’approuver. Car il fallait éviter d’introduire la rougeole dans l’établissement. Enfin, voici le moment des vacances qui approche et alors nous nous retrouverons tous ensemble car nous entendons te garder un peu à Marseille.
Je compte partir lundi prochaine pour aller à Nice trouver ma fille Mad Sallony [Amélie d’Agnel de Boubon]. Nous en repartirons vers le 6 ou le 7 juillet pour retourner à Marseille. Comme tu me demandes l’adresse de ta tante Sallony, je vais te la donner : rue Jutler 3 à Nice. Seulement je t’observerai que si tu veux qu’elle y reçoive ta lettre, il faudrait lui écrire de suite. Si tu veux qu’elle reçoive ta lettre encore à Nice car elle en partira le 6 ou le 7 juillet.
Je fais travailler un peu ta sœur Pauline [Pauline de Lubac]. Elle a assez de facilité, il faudrait seulement parvenir à fixer un peu plus son attention. Richon [Marie de Lubac] est toujours gentille lorsqu’elle veut mais elle a bien quelques petits caprices.
Isabelle de Gaudemar est encore avec nous. Elle te fait ses compliments.ainsi que tes sœurs, ton père, ta mère et moi en t’exprimant mes meilleurs sentiments. Je t’embrasse en bon et tendre grand-père. Cte [Jean-Baptiste] d’Agnel de Bourbon1. Lettre de Jean-Baptiste d’Agnel de Bourbon à Gabrielle de Lubac du 30 avril 1868]