Lettre de Jean-Baptiste d’Agnel de Bourbon à Gabrielle de Lubac du 26 octobre 1872

Gemenos le 27 août 1872

S’il vous a été pénible de nous quitter, ma chère Gabrielle [de Lubac], sois bien assurée que nous avons éprouvé de notre côté un grand déplaisir de vous voir partir. On prend une si bonne habitude de vivre avec les personnes que l’on aime qu’on éprouve un véritable chagrin de s’en séparer. Mais comme la raison doit toujours venir à notre aide, nous nous consolons un peu en pensant que cette séparation est dans votre intérêt, qu’elle doit achever votre éducation et graver dans votre âme ces sentiments du devoir qui contribuent au bonheur de la vie. Pour toi surtout, ma chère Gabrielle, qui n’a plus qu’un an et même 9 mois à rester en pension, nous avons en perspective l’espérance de te posséder quelques temps avec nous.

Je te fais mes compliments sur tes succès à ton début. J’ai bien reconnu l’application de mon élève par ta place de 1ère en arithmétique et de 1ère en répétition. Les autres places sont également bonnes. Tu ne dis pas combien vous êtes d’élèves en première.

Votre voyage a été un peu contrarié à Avignon mais vous êtes arrivées sain et sauf à Lyon et vous avez revu bien volontiers vos excellentes maîtresses.

Ta mère [Louise d’Agnel de Bourbon] et Richon [Marie de Lubac] sont parties lundi dernier. Elles manquèrent le train du matin et ne nous quittèrent qu’à l’après midi, ce qui les fit arriver tard à Vidauban où elles ne trouvèrent pas la voiture. Ils la prirent à Lorgues et n’arrivèrent que dans la nuit à Entrecasteaux.

Depuis votre départ, nous avons des pluies continuelles, ce qui a dérangé nos parties de croquet. Depuis hier, il fait beau et je désire que cela dure car nous ne quitterons la campagne qu’en novembre. Pierre [Ménard] et Berthe [Sallony] sont encore avec nous. Berthe a pris un peu de courbatures en allant chasser le matin avec l’humide. Pierre a tué ce matin 3 grèves et 5 petits oiseaux. Il va de bonne heure au poste à la colline qu’on a fait arranger. Tous les deux ainsi que M. [Jules Sallony] et Mad Sallony [Amélie d’Agnel de Bourbon] te font leurs amitiés.

Tes cousines Louise et Suzanne Caune sont parties mercredi dernier pour Orléans avec leur père [Henri Caune] parce que leur mère [Marie d’Agnel de Bourbon] est toujours fatiguée. Le moment de la séparation a été celui d’un grand chagrin pour tous. A cause des pluies continuelles que nous avons eu, ils sont partis par Paris. Ils verront Joséphine de Campou dont le mariage avec M. [Victor] Lauzane a eu lieu le 14 de ce mois.

Je te quitte ma chère Pauline pour répondre à l’espiègle Pauline. Mais auparavant, je t’embrasse de tout mon cœur.

Ton bon grand-père

Cte [Jean-Baptiste] d’Agnel de Bourbon1

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