Lettre de Jean-Baptiste d’Agnel de Bourbon à Gabrielle de Lubac du 26 juin 1869

Ste Marthe le 26 juin 1869

Mes chères petites filles, je vous remercie toutes les deux des bonnes lettres que vous m’avez écrites pour me souhaiter une bonne fête. Vous ne pouviez pas m’offrir des bouquets plus agréables que de m’annoncer, toi Valentine [de Gaudemar], que tu étais reçue de la congrégation des anges et toi Gabrielle [de Lubac] que tu avais obtenu la croix de sagesse et en même temps que vous aviez de bonnes places en composition. Cela ne m’a pas empêché d’être très sensible et de vous en remercier des pantoufles et du bonnet que vous m’annoncez. Je viens de recevoir les pantoufles par la poste, elles sont fort jolies. J’attends le bonnet aux vacances. J’espère aussi qu’à cette époque, vous me porterez aussi des prix, ce qui me causera une grande joie.

J’ai à vous annoncer une bien triste nouvelle. Le pauvre M. Caune, le père (c’est à dire le grand-père) est mort avant-hier. Il a été regretté universellement parce que c’était un brave homme qui faisait beaucoup de bien. Aussi doit-il jouir maintenant de la gloire éternelle. Vous ferez bien d’écrire conjointement une lettre de condoléances à votre tante Marie [d’Agnel de Boubon] dans laquelle vous lui exprimerez vos regrets et les ferez exprimer à votre oncle [Louis Henri Caune] qui est bien chagrin de la perte de son père.

Ta petite pensée, ma chère Gabrielle, est une idée fort heureuse que tu as eue. Elle m’a fait plaisir. Vos pensées mes chères petites filles me sont fort agréables. Je les mérite car je vous aime bien et pense souvent à vous autres.

Je présume que lors des vacances qui approchent, on vous conduira à Marseille. Il sera bon de vous en assurer auparavant et de nous en avertir.

Nous attendons ma fille Amélie [d’Agnel de Bourbon] et Berthe [Sallony] un de ces jours pour passer quelques jours ici.

Dis moi ma chère Valentine comment il se fait que ton encre est blanche et celle de Gabrielle noire ? Je t’engage aussi à mieux former te lettres parce que j’ai beaucoup de peine à te lire. Il faut ménager ma vue.

Je continue d’aller mieux et vous embrasserai bien volontiers pour les vacances.

Toutes vos cousines vous font leurs compliments. Elles m’ont offert leurs bouquets le jour de St Jean-Baptiste mais la mort de M. Caune a rendu cette fête bien triste.

Veuillez présenter mes hommages à votre respectable supérieure Mad de Serre et recevoir pour vous deux les tendres embrassements de votre bon grand-père.

Cte [Jean-Baptiste] d’Agnel de Bourbon1

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