Lettre de Jean-Baptiste d’Agnel de Bourbon à Gabrielle de Lubac du 25 octobre 1867

Gemenos le 25 8bre 1867

Ma chère Gabrielle [Gabrielle de Lubac], Je te remercie de l’intérêt que tu prends à ma fluxion. Elle a complètement disparue, mais elle m’a bien contrarié en m’empêchant de vous accompagner. J’aurais un peu consolé ta mère [Louise d’Agnel de Bourbon] au moment de se séparer de ses deux enfants. Heureusement, elle sent comme vous autres le prix d’une bonne éducation et elle sait faire le sacrifice de sa propre satisfaction dans votre intérêt. Je vois avec plaisir ma chère Gabrielle que toi aussi, après les premiers épanchements de tendresse, bien naturels pour une fille qui aime bien sa mère, tu vas te mettre au travail avec ardeur et profiter des bons conseils que tu recevras de tes excellentes maîtresses. Outre les avantages que tu en recueilleras, tu procureras de grandes satisfactions à tous tes parents. Tu sais que ton bon grand-père [Jean-Baptiste d’Agnel de Bourbon] n’est pas des derniers à s’intéresser à toi. Aussi ai-je été très content en connaissant les bonnes places que tu as eues dans les compositions, les très bien que tu as obtenus m’assurent que tu feras une bonne classe et que tu as envie d’arriver à la 1ère. dis moi combien vous êtes d’élèves dans votre classe.

Tu dois avoir vu ton frère [Fernand de Lubac], ce qui est très agréable pour tous les deux. Tu dois voir souvent ta cousine Valentine [Valentine de Gaudemar] qui étant plus ancienne doit te mettre au courant des habitudes de la maison. Isabelle de Campou doit aussi y contribuer. Fais lui mes compliments.

Ta tante Ferdinand me charge de te remercier de ta lettre qui lui a fait grand plaisir. Elle te répondra lorsqu’elle sera à Entrecasteaux. Berthe [Berthe Sallony], ta tante Sallony [Amélie d’Agnel de Bourbon] et ton oncle [Jules Sallony] te font leurs amitiés. Nous sommes encore à Gemenos jusque vers le 15 9bre. Depuis quelques jours nous avons des temps superbes. Ton père [Eugène de Lubac] est attendu demain. Nous désirons garder ta mère [Louise d’Agnel de Bourbon] le plus longtemps possible, son départ n’est pas encore fixée.

J’ai appris avec plaisir que ton pied allait être guéri, que l’ongle devait bientôt tomber mais qu’il ne te faisait plus mal. Tu ne tarderas pas alors à quitter l’infirmerie. Dans ta prochaine lettre, donne moi beaucoup de détails. Tu sais que je les aime, surtout lorsqu’ils concernent les personnes pour lesquelles je conserve un vive affection. C’est dans cette espérance que je te quitte, mais auparavant je t’envoie une bonne caresse de ton bon grand-père Cte [Jean-Baptiste] d’Agnel de Bourbon

Pauline [Pauline de Lubac] que je fais travailler et qui en a bien besoin t’embrasse tendrement ainsi que Richon [Marie de Lubac] qui nous amuse tous.1

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