Ventes de terrains par les Pascalis – Juin 1858

Étude de Me Barrême, avoué, rue du Collège, 12. Purge d’hypothèques légales.

Par actes des dix et vingt-trois juin mil huit cent cinquante-huit, notaire Millard, à Lançon, Mme Marie-Élisabeth-Gabrielle Maurin, veuve de M. Antoine-André-Claude Pascalis, vivant maréchal de camp en retraite, domicilié à Lançon ; M. Simon-Jude-Adolphe Pascalis, négociant, domicilié à Marseille ; M. Paul-Stanislas-Fortune Pascalis, ingénieur, domicilié à Gray (Haute-Saône) ; Mme Marie-Cécile Pascalis, veuve de M. Louis-Laurent Caire, domiciliée à Marseille ; Mme Eugénie-Félicie-Geneviève Pascalis, épouse de M. François-Honoré-Alexandre Serré, propriétaires, domiciliés à Aix, ont vendu : 1° au sieur Lazare-Adolphe Rougon, aubergiste, domicilié à Laçon, au prix de trois mille sept cents francs, une contenance fixe de cinquante ares, cinquante centiares, faisant partie d’un pré, sis au terroir de Lançon, quartier de Maguavaou ou Gardette ; 2° au sieur Jean-Victor Devoux, agriculteur, domicilié à Lançon, au prix de quatre mille huit cents francs, une contenance fixe d’un hectare quatre-vingt-onze ares et dix-sept centiares, terre labourable, sise au même terroir, quartier du Chemin-de-Saint-Chamas ou du Mazet, dite terre des Chèvres, et 3° à la dame Magdeleine-Joséphine Saint Martin, épouse du sieur Louis-Auguste Rœuf, charron, domiciliè à Lançon, au prix de cinq mille quatre cent francs, 1° une contenance fixe de un hectare six ares, terre labourable, sis au terroir de Lançon, quartier du Mazet, dite en partie la Pointe ; et 2° une autre contenance fixe de cent seize ares quatre-vingt centiares, en oliviers, mêmes terroir et quartier – Du trois septembre mil huit cent cinquante huit, dépôt au greffe du tribunal civil d’Aix. Du quatre dudit, signification à M. la procureur impérial, près ledit tribunal, avec la déclaration prescrite par l’avis du conseil d’État du neuf mai mil huit cent sept.

L. Barrême, avoué

Étude de Me Heirieis, avoué, rue des Épinaux, 9. Purge d’hypothèques légales.

Par acte du huit juin mil huit cent cinquante-huit, notaire Millard à Lançon, le sieur Jacques Lion, marchand de comestibles, domicilié à Lançon, a acquis au prix de douze cents francs, du sieur Simon-Jules- Adolphe Pascalis, négociant, domicilié et demeurant à Marseille, une propriété sise au terroir de Lançon, quartier du Moulin-de-Cornille ou Roquille, partie complantée d’oliviers et d’amandiers et partie inculte, contenant un hectare trente-neuf ares cinquante centiares. – Par acte du neuf juin mil huit cent, cinquante-huit, même notaire, le sieur Jean-Joseph Bousquet, propriétaire cultivateur, domicilié à Lançon, a acquis au prix total de quatre mille francs, savoir : dudit sieur Simon-Jude Pascalis, au prix de trois mille six cents francs, une propriété sise sur les terroirs de Lançon et de Salon, quartier des Tamarisses, eu terre labourable, de la contenance de un hectare quatre-vingt-six ares vingt-quatre centiares; et de la dame Marie-Elisabeth-Gabrielie Maurin, propriétaire, veuve de M. Antoine-André-Claude Pascalis, vivant maréchal de camp en retraite, domiciliée à Lançon, au prix dé quatre cents francs, une vieille bergerie avec bassecour, ses attenances et dépendances, sise au terroir de Lançon, quartier du Mazet, dite Bergerie des Chèvres. Par autre acte du même jour, même notaire, le sieur Jean-Joseph-Pilavène, propriétaire-cultivateur, domicilié a Lançon., a acquis au prix de deux mille cent quatre-vingt-deux francs quatre-vingt-trois centimes, 1° de ladite dame Maurin, veuve Pascalis ; 2° dudit sieur Adolphe Pascalis ; 3°du sieur Paul-Stanislas-Fortuné Pascalis, ingénieur, domicilié à Gray (Haute-Saône) , et 4° de la dame Marie-Cécile Pascalis, veuve de M. Louis Laurent Caire, propriétaire, domiciliée à Marseille, la contenance fixe de cinquante-six ares treize centiares, à prendre sur plus forte, sise au territoire de Lançon, quartier du Mazet, complantée d’oliviers et de quelques mûriers. Par autre acte du même jour, même notaire, le sieur Jean-Louis Monge, propriétaire cultivateur, domicilié à Lançon, a acquis des susnommés, au prix total de neuf cents francs, 1° une propriété, sise au terroir de Lançon, quartier des Ferrages ou Saravaou, en terre labourable, complantée de quelques mûriers, contenant douze ares trente-huit centiares ; 2° une autre propriété, sise au terroir de Lançon, quartier du Chemin de-Grans, en terre labourable, complantée d’amandiers, contenant environ cinquante-six ares. Enfin, par acte du douze dudit mois de juin, notaire Ollivier à Pélissanne, le sieur Jean-François Granier, propriétaire cultivateur, domicilié à Lançon, a acquis au prix de cinq mille francs, dudit sieur Adolphe Pascalis, une portion à prendre, du côté du couchant, sur une propriété de terre labourable complantée de quelques mûriers, de la contenance fixe de deux hectares soixante-deux ares; quatre-vingt-douze centiares, sise sur le territoire de Lançon, au quartier du Plan, dite Camp, se composant, ladite portion vendue, de toute la partie de ladite propriété située sur le territoire de Salon. et d’une partie de la surface sise sur le terroir de Lançon. Du trente-un août mil huit cent cinquante-huit, dépôt au greffe du tribunal civil d’Aix d’une copie collationnée de chacun des actes notaire Millard, d’une expédition de l’acte notaire Ollivier, et d’un extrait analytique de tous lesdits actes. Du quatre dudit mois d’août, signification dudit acte de dépôt à M. le procureur impérial près ledit. tribunal, avec la déclaration prescrite par l’avis du conseil d’État du 9 mai 1807.

G. Heirieis, avoué.

Notes et références

La mémorial d’Aix, journal politique, littéraire, administratif, commercial, agricole et feuille officielle d’annonces légales, Dimanche 5 septembre 1858

Le général Antoine Pascalis – Louise Colet, août 1849

Général Pascalis de la Sestrière (1755-1833) en 1804
Collection Madeleine Valéry

« Le général Antoine Pascalis était garde du corps quand la Révolution éclata.

Après le 10 août, il ne songea pas à émigrer… Car ce fut au sein de nos armées qu’il chercha un refuge contre la terreur.

Il devint chef de bataillon dans l’armée des Alpes, sous le commandement de Kellermann.

Bientôt après, nous le trouvons adjudant général dans l’armée d’Italie. Là, il se fit remarquer par son éloquence militaire et son aptitude administrative. Nommé sous-chef d’état-major, ce se fut lui qui rédigea la plupart de ces proclamations qui enflammaient nos soldats et que la France admirait dans les bulletins de nos victoires1

Il se distingua dans les deux campagnes d’Italie, durant lesquels plusieurs places importantes lui furent confiées il est ensuite divers commandant dans le midi de la France, où sa double carrière militaire et littéraire a laissé des souvenirs encore vivants.

Le général Pascalis était poète et, lorsque l’heure du repos sonné pour lui, après la chute de l’Empire, il écrivit les poèmes de Fontainebleau et du Mont Viso, deux œuvres remarquables dont quelques fragments ont été publiés. Il traduisit ensuite, en vert, les plus beaux passages de la Pharsale de Luncain et le poème des Tombeaux d’Hugo-Foscolo. Il acheva également, à cette époque, sa tragédie de Dion de Syracuse, qui fut lue et remarquée par Talma. Le grand tragédien aurait représenté, sur la scène du Théâtre Français, le héros de Syracuse, sans le danger politique que parut avoir cette pièce, sous la Restauration. Talma était frappé des verts suivants, qui l’aimait à répéter :

Je vois dans ce jeune homme un destin dont je tremble ;
La république et lui ne peuvent vivre ensemble.

Hardy, sensible et fier, pourra-t-il dédaigner
Cette faveur du peuple et l’orgueil de régner ?

Après cet ascendant qu’il nous a révélé,
Il faut qu’il soit le maître, ou qu’ils soient exilés.

Ne trouve-t-on pas dans les vers du poète guerrier ce fameux jeune homme (Bonaparte) qui fut le maître au lieu d’être exilé !

En France, le général Pascal et s’était lié avec Delille, Marie-Josèphe Chénier et Bernardin de Saint-Pierre ; ses relations durèrent jusqu’au jour où elles furent dénouées par la mort…

Il me semble voir encore, à Aix, où il s’était retiré, ce grand et beau vieillard au visage mâle et ombragé de ces blancs cheveux, debout dans son cabinet de travail, entouré de livres rares, de quelques tableaux de maîtres, récitant à sa famille quelques-uns de ses grands vers à la manière de Corneille. »

Louise Colet, août 1849, citée dans Allos depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours, Abbé Pellissier (Jean-Esprit)

  1. L’auteur auquel j’emprunte ces notes biographiques ajoute : « Nous avons sous les yeux de ces morceaux d’éloquence militaire écrits de la main du général Pascalis, auxquels la main de Napoléon n’a changé, ça et là, que quelques mots. »

Général Pascalis de la Sestrière (1755-1833)

Général Pascalis de la Sestrière (1755-1833) en 1804
Collection Madeleine Valéry

Le Général Pascalis de la Sestrière1, aïeul des familles Caire, Perraud, Saint Rémy Pélissier… a été, entre autres, garde du corps de Louis XVI, dans l’état-major du général Bonaparte pendant la campagne d’Italie…2

Notes et références

Mariage de Marie Cécile Pascalis et Louis Laurent Caire – 27 février 1832

Extrait d’une lettre du général Pascalis1 :

Général Pascalis (1755-1833)« La providence vient de me sourire en me présentant un parti très convenable pour ma fille ainée [Marie Cécile Pascalis2], et son mariage aura lieu dans une quinzaine de jours. Un bon ami que j’ai à Marseille a tout préparé sans en rien dire et quand la chose a été convenue entre lui et mon gendre futur, ils sont venus à Aix me demander en même temps à diner et ma fille ; les deux plus intéressés à cette affaire ne se connaissant pas, ont paru satisfaits et tout a été réglé dans la même soirée. Mr Caire est de Toulon ; son père [Laurent Caire3] était l’intime ami de M. Abeille chez qui j’ai logé 12 ans à Marseille4 ; mes enfants sont nés dans sa maison ou y sont arrivés à un et deux ans, et se sont élevés avec les siens : de sorte que toute la famille s’est mise en quatre pour faire réussir ce mariage. L’Epoux futur est né à Livourne pendant l’émigration, il est le cadet de sa famille et reste le seul garçon. A peine a-t-il connu son père. Une sœur qui a vingt ans de plus que lui, et qui fut mariée à Livourne l’a élevé et lui a tenu lieu de mère. Il a perdu la plus grande partie de sa fortune en France, mais il a réparé ce malheur par une assez jolie fortune qu’il a fait, soit à Livourne, soit, à Trieste, soit enfin en Angleterre d’où il ne fait que revenir, après un séjour de douze ans. Il a quarante ans, il est d’une bonne tournure et a de l’éducation. »

Notes et références

  1. Cf. Le général Pascalis (1755-1833) d’après sa correspondance – George Gariel, pages 229 et 230
  2. Sur la famille Pascalis, voir le site de Gilles Dubois : http://gillesdubois.blogspot.fr/search/label/Pascalis
  3. Sur Laurent Caire, voir les écrits de Marius Autran : http://jcautran.free.fr/oeuvres/tome4/ils_sont_venus_a_la_seyne.html#4
  4. Dans son livre de raison, Henri Abeille écrit : « Mon grand-père aimait les lectures et les causeries littéraires : Il savait ses classiques par cœur. Un ami de la maison, le général Pascalis de la Sestrière, à la fois peintre et poète, occupait avec sa famille l’étage que j’habite aujourd’hui. Il lisait souvent, à la veillée, ses productions du jour : c’était, tantôt quelques-unes de ces bluettes légères qu’aimaient nos pères, tantôt de grands beaux vers classiques, où la hauteur des pensées s’alliait à l’harmonieuse pureté de la forme.  »

    Cf. Livre de raison – Tome 1 – Henri Abeille, page 203